12 mars 2007

Blood Diamond - Edward Zwick

medium_9.5.jpeg1999 en Sierra Leone : Solomon Vandy (Djimoun Hounsou), un humble pêcheur dont l’unique but dans la vie est d’offrir une vie meilleure à sa famille est enlevé par des rebelles et envoyé en travail forcé dans une mine diamantaire. Avant que la mine ne soit fermée par le gouvernement légitime de Sierra Leone, Solomon a trouvé et caché une pierre exceptionnelle. Alors qu’il purge une peine de prison pour ses trafics, Danny Archer (Leonardo Di Caprio), un contrebandier sans scrupules qui transporte des diamants au Libéria pour le compte d’un gros conglomérat diamantaire, a vent de l’histoire de Solomon. Tous deux, aidés par une journaliste d’investigation (Jennifer Connelly) qui prépare un papier sur les diamants de conflits, s’associent pour retrouver la pierre hors du commun : ce voyage périlleux en territoire rebelle pourrait permettre à Solomon de sortir sa famille de la misère et à Archer de s’offrir une seconde chance.

Blood diamond met en parallèle, au sein d’un pays ravagé par une terrible guerre civile, les périlleuses aventures d'un héros, un modeste paysan au coeur pur et d'un anti-héros, un trafiquant amoral en quête de rédemption. Ce duo improbable medium_10.4.jpegest motivé par des obsessions opposées. L’un est guidé par l’amour pour sa famille, l’autre par l’appât du gain. Aux côtés du solide Djimoun Hounsou, Di Caprio impressionne dans le rôle de l’aventurier bourru, après une prestation habitée remarquable dans The departed, par la puissance et l’intensité de son jeu : tout en violence contenue et fêlures intérieures, il est un homme en sursis, rattrapé par ses activités clandestines et un passé mystérieux au sein de l’armée US. Ce personnage cynique évolue au fil du récit : de prime d’abord égoïste et amoral il s’humanise au contact des personnages de Solomon et de la journaliste qui l’accompagne dans ce voyage au bout de l’enfer haletant et édifiant. L'opportuniste détaché de ces conflits tribaux est emmené à s'impliquer physiquement et émotionnellement dans ces évènements dramatiques d'une extrême brutalité qu'une caméra nerveuse retranscrit brut, avec force et sincérité. Le parcours intérieur d'Archer, aventurier antipathique et froid puis fugitif psychologiquement disloqué révélant un sens du sacrifice honorable (thème cher à Zwick) est une grande réussite de ce film qui a le mérite de rappeler le terrible carnage perpétré en Sierra Leone à la fin des années 90. A travers cette effrénée poursuite du diamant à travers un pays ravagé par la violence et la corruption le film dénonce habilement l’exploitation et le trafic honteux de ces blood diamonds sans tomber dans le cours de géo-politique assommant. Principales ressources du pays ces diamants destinés aux bijouteries du monde entier financent les armes et le terrorisme. Zwick a le bon goût d’enrober la dénonciation polémique et le commentaire social dans le film d’aventures haletant. Sa mise en scène ample et lyrique éclate dans de grandes scènes d’action, tendues et scotchantes, telle cette fuite éperdue des deux protagonistes dans les rues de Free Town en ébullition. Porté par un immense Di Caprio, Blood Diamond constitue une éclatante réussite pour Zwick après l’indigeste Last Samouraï.

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