12 mars 2007

Domino - Tony Scott

medium_domino.jpgDe la vie très rockn’roll de Domino Harvey - une jeune fille de Beverly Hills devenue chasseur de primes- Tony Scott livre un film sous acide où le montage épileptique rend fatigante la vision de cette succession de scènes dialoguées avec des personnages hauts en couleur , de fusillades dantesques. En effet le frère de Tony, connu pour la stylisation extrême de ces films (filtres, ralentis, accélérés, jump-cut, flash-back), tend à faire, par un goût assumé pour l’urgence et les afféteries visuelles porté ici à un haut niveau d’incandescence, de cette biopic survoltée, une longue bande-annonce. Si Spy Game (2002), exploration palpitante des arcanes de la CIA sur 30 ans de conflits américain, séduisait par son rythme soutenu qui laissait exister les personnages de Pitt et Redford et sa vision acide de la politique étrangère du gouvernement US, Domino passe à côté d’un sujet fort en se concentrant sur l’expérimentation stylistique. Tony Scott confond dans les scènes d’action vitesse et précipitation et ferait bien de s’inspirer du travail de Michael Mann ou de John Woo dont les virtuoses scènes de fusillades sont toujours lisibles. Le montage au hachoir des scènes d’action et dialoguées constitue un style tape-à-l’œil et outrancier qui ne masque pas une vacuité scénaristique et l’absence de point de vue sur l'histoire incroyable de Domino Harvey. Keira Knightley est charmante, certaines scènes sont franchement hilarantes. Mais Tony Scott est passé à côte de son sujet plus préoccupé par la forme que par le contenu. De cette bouillie visuelle et sonore se dégage le sentiment désagréable de ne pas avoir vu une scène entière.

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