12 mars 2007

Hors de prix - Pierre Salvadori

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Dans un palace de la côte d’Azur, Irène, une jeune aventurière intéressée, prend, Jean serveur timide de l’hôtel, pour un milliardaire. Quand elle découvre sa véritable identité Irène fuit mais Jean, fou amoureux, s’accroche à ses risques et périls.

Sur un scénario proche de Quatre Etoiles, grisante comédie romantique de Christian Vincent autour d’un irrésistible jeu de séduction entre un escroc et une demoiselle qui vient claquer son héritage dans les palaces cannois, Hors de prix oppose, sur le ton de la comédie parfois matinée de cruauté, le pouvoir de l’argent à celui des sentiments.

Lorgnant vers les comédies américaines des 50’s (Lubitch, Wilder) ce nouveau film de Pierre Salvadori mise sur un ton maison, humour raffiné soupoudré de cruauté mais révélant toujours une vraie tendresse pour ces personnages décalés, associé à une réalisation élégante accordant une attention particulière aux objets du quotidien (éventails de cocktail, pièce d’un euro) et accessoires glamour (robes griffées, montre). Ces objets voulus par Salvadori comme" porteurs d'une partie de l'histoire" sont autant de ressorts dramatiques et comiques au service d’un couple de cinéma tendance et sexy : Elmaleh-Tautou.

Si le personnage keatonien de Gad Elmaleh, une résonance de La doublure, amuse au début puis à tendance à lasser par son apathie, l’aventurière vénale et gouailleuse campée par une Audrey Tautou très en beauté apporte au film un charme et une énergie envoûtants.

De bons dialogues (« J’aime pas le caviar mais je me force »), des situations comiques inspirées (la leçon de séduction) et une mise en scène soignée n’empêche cependant pas le film de souffrir d’un certain piétinement scénaristique et du manque d’abattage de son couple, en deçà de celui formé par Garcia-Carré, brillant duo dont les incessantes joutes oratoires et autres vacheries faisaient tout le sel de Quatre Etoiles.

Ce jeu d’attraction-répulsion entre le serveur timide et la vamp matérialiste constitue un agréable divertissement certes pas assez enlevé pour séduire totalement mais souvent malin dans ses trouvailles narratives : un banal objet comme une pièce d’1euro peut devenir, en usant d'imagination et de pragmatisme, le carburant du bonheur.

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