18 mars 2007

La cité interdite - Zhang Yimou

Chine. X siècle. Dynastie Tang. De retour après une longue absence, l'empereur découvre qu'un complot se trame au coeur de son palais. La reine elle même orchestre la rebellion contre cet époux tyrannique.

Après les décevants Hero (2003) et Secret des poignards volants (2004), réussites esthétiques mais pauvres en profondeur psychologique, Zhang Yimou retrouve, 12 ans après leur 7ème collaboration sur Shangaï Triad, son actrice fétiche Gong Li pour une tragédie grecque d'une puissance visuelle et dramatique impressionnantes.
Doté du plus gros budget du cinéma chinois, cette Cité interdite est une splendeur visuelle de chaque plan. A l'image la démesure s'étale dans les luxueux décors, les rituels royaux, les costumes brodés d'or, les mouvements de foule dans la bataille finale. Luxe et opulence à l'extérieur, noirceur des sentiments et déchainement des passions à l'intérieur de cette famille s'entretuant avec majesté. Trahisons, machinations, lourds secrets, parricide sont à l'oeuvre dans les appartements surchargés de ce palais impérial. Une famille royale se déchire pour le pouvoir, la vengeance faite à l'honneur. Les face à face entre époux, père et fils, mère et beau-fils sont implacables, d'une intensité dramatique qui vaut bien des duels à l'épée que Zimou remise judicieusement à la fin de cette tragédie antique. Le récit privilégie les intrigues de palais aux ballets virtuoses d'arts martiaux dont Zimou avait fait étalage dans ces précédents films. Face au tyrannique empereur incarné avec prestance par Chow Yun-Fat, Gong Li, impériale en reine empoisonnée tout en rage contenue, est une Phèdre troublante et bouleversante qui tente de prendre son destin en main. Le final apocalyptique, une bataille rangée entre deux armées rehaussée par des effets spéciaux dignes des prouesses du Seigneur des anneaux, évoque par sa beauté picturale et la parfaite orchestration des plans Kurosawa (Ran), Eisenstein (Ivan le terrible) : quand le pouvoir absolu corrompt et détruit tout, famille, sujets balayés comme cette chrysanthème portée par les rebelles pour éloigner le mal.

1 commentaire:

k-ro a dit…
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