6 sept. 2010

La colline a des yeux / Alexandre Aja

Pour fêter leur anniversaire de mariage, Big Bob Carter, un ancien policier de Cleveland, et sa femme Ethel ont demandé à leur famille de partir avec eux en Californie. Big Bob est sûr que faire la route tous ensemble les aidera à resserrer des liens familiaux un peu distendus.
Même si tout le monde vient, personne n'est vraiment ravi d'être là. Lynn, la fille aînée, s'inquiète du confort de son bébé. Son mari, Doug, redoute de passer trop de temps près de son beau-père. La jeune Brenda regrette de ne pas être allée faire la fête à Cancun avec ses amis. Et Bobby ne s'intéresse qu'aux deux chiens de la famille.
Une route désertique va conduire les Carter vers le pire des cauchemars...

Parti à Hollywood, après avoir débuté en France avec Haute tension, tourner un remake de La colline a des yeux (1977) de Wes Craven, le frenchie Alexandre Aja réalise avec ce premier film américain, produit par le maître lui-même, un survival radical d’une incroyable sauvagerie.

Le jeune réalisateur a trouvé au Maroc le décor idéal, un relief rocheux aride et sauvage, pour ce combat d’une famille isolée contre des êtres dégénérés, cannibales victimes d’essais nucléaires perpétrés par le gouvernement américain. Reclus dans une ville fantôme ces derniers attaquent les pauvres voyageurs égarés dans ce no man’s land grâce à la complicité d’un pompiste sénile et cupide. Alexandre Aja, inspiré par Délivrance ou bien La dernière maison sur la gauche, n’épargne, dans des scènes de haute tension, aucune violence à ces personnages : viol, torture pyromane, passage à tabac prolongé. Corps torturés, mutilés, morale chancelante basculant vers une sauvagerie primitive au nom de la vengeance, un maelstrom de violence physique et psychologique emporte survivants et spectateurs avec un sentiment d'inconfort permanent.

Au-delà du pur film de terreur, effrayant, brutal, sanglant, se profile une diatribe contre l’impérialisme américain : cette famille modèle américaine (drapeau national jugé sur l’automobile rutilante) est victime d’êtres eux-mêmes victimes de la grande puissance US (des mineurs chassés de leurs terres au nom de l’intérêt général).

Fort bien réalisé, avec toutefois une réserve quant à l’utilisation d’une musique pompière retentissant lors du triomphe du héros sur ses horribles assaillants, porteur d’un propos politique comme au temps des films cultes d’horreur des 70's, ce voyage au bout de l’horreur est une réussite d’un genre à nouveau florissant car très lucratif depuis le succès de Scream (1996), d’un certain Wes Craven.

La colline a des yeux d'Alexandra Aja est disponible en blu-ray en version unrated chez FPE

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