12 mars 2007

La môme - Olivier Dahan

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Film événement sur Edith Piaf , icône de la chanson française, La môme d’Olivier Dahan est un biopic décevant plein de pathos dont la mise en scène ne lésine pas sur les effets grandiloquents pour toucher le spectateur. La narration disloquée trace le portrait d’une artiste d’exception en appuyant fortement sur le côté misérabiliste de sa vie (enfance malheureuse entre abandon du père, cécité temporaire, mendicité puis addiction à la drogue et à l’alcool) via un score surlignant chaque émotion et une caméra agitée se complaignant dans la captation de la douleur et du tourment (humiliations, cris, vociférations). L’apparition de Marion Cotillard, totalement habitée par ce rôle en or, après une première partie trop étirée sur l’enfance, ne sort malheureusement pas le film du mélo, compilation de vignettes expressionnistes larmoyantes enchaînées à un rythme survolté lire épuisant. Les nombreux sauts temporels entre les différents âges de l'artiste ont pour effet d'atténuer le travail d'incarnation de Cotillard en résumant son travail à un jeu de masques ( successivement vieille puis jeune puis adulte puis vieillle...) Malgré l'abnégation de Marion Cotillard et la prouesse technique (lumières, décors, costumes, maquillages) de l’entreprise le film joue trop souvent la carte de l’émotion forcée pour convaincre ; la voix magnifique de Piaf et les souvenirs et sentiments personnels qu’elle réveille étant le plus efficace vecteur de bouleversement intérieur. Reste une belle scène de séduction dans un restaurant new-yorkais entre Piaf et Marcel Cerdan, sans musique, avec une économie de plans rendant justice au talent des comédiens : dans le dernier tiers du film une scène s’installe enfin, magie d’une rencontre amoureuse et naissance d’une passion éternelle qui irradie ce récit baigné par le noir.

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