12 mars 2007

Nobody knows - Kore, Eda Hirokazu

medium_nobody_knows.jpgQuatre enfants vivent avec leur mère dans un petit appartement à Tokyo. Ils sont tous de pères différents et ne sont jamais allés à l’école. Un jour leur mère disparaît…Ainsi commence une nouvelle vie pour ces enfants livrés à eux-mêmes, une vie que « nobody knows ».

S’inspirant d’un fait divers Hirokazu filme comme un documentaire cette lente descente aux enfers de ces enfants livrés à eux-mêmes suite au départ d’une mère infantile et insouciante. Le cinéaste enregistre en de courtes scènes, répétitives, le moindre instant du quotidien de ces quatre enfants ; le film aurait gagné à être plus resserré mais sans doute la profonde empathie avec les personnages est à ce prix : chaque jour est un combat pour survivre. Le passage du temps est marqué par la détérioration progressive des habits, chaussures, des conditions de vie et d’hygiène dans cet appartement qui d’un terrain de jeu au départ (bonheur de la transgression suite au départ de l’autorité parentale : sortie dans les rues de Tokyo, jeux vidéo en nocturne…) devient un sanctuaire. Sur quatre saisons le film raconte le combat desespéré de ces petits fantômes oubliés dans un purgatoire par la négligence, l’égoïsme des adultes (mère et pères, voisins) pour exister. Fuyant tout sentimentalisme ou mièvrerie, ce conte cruel sur l’enfance brisée bouleverse par ses silences, des regards mélancoliques qui disent l’infinie tristesse d’être abandonné et privé d’amour et de joie.Un film qui s’accroche à la mémoire.

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