12 mars 2007

Pirates des Caraïbes, le secret du coffre maudit - Gore Verbinski

medium_pirates.jpgDans ce nouvel opus de l'aventure Pirates des Caraïbes, le toujours aussi excentrique pirate Jack Sparrow est confronté subitement à son passé. Treize ans auparavant, Jack signait un pacte avec Davey Jones, le maître des sept mers, dont l'esprit maléfique n'a d'égal que son apparence tentaculaire. En échange de son âme, ce dernier lui promettait le commandement du mythique Black Pearl... Aujourd'hui, Jones vient donc récupérer sa dette. Mais donner son âme à Jones est sans issue, il n'y a pas de rédemption possible, c'est devenir comme tous les membres de son équipage maudit, un fantôme au physique aussi repoussant que terrifiant. Pour éviter ce sort funeste auquel Jack ne tient pas vraiment, il n'a qu'une solution retrouver le coffre maudit de Jones où sont cachés les âmes emprisonnées.

Sorti en 2003, Pirates des Caraïbes, la malédiction du black Pearl, adapté d’une attraction foraine, constituait un très agréable divertissement et un conséquent succès financier pour Disney et son producteur Jerry Bruckeimer (653 millions de dollars de recettes, cinq nominations aux oscars dont celle du meilleur acteur pour Johnny Depp). Deux ans après cette réussite d’un genre au point mort depuis l’échec retentissant de L’île aux pirates (1996) les producteurs ont décidé de tourner deux suites aux aventures de Jack Sparrow et de sa joyeuse bande (le troisième volet sortira en été 2007).

Dans ce nouveau chapitre dominé par la prestation jubilatoire de Johnny Depp qui atteint des sommets de cabotinage avec son look de rock-star tsigane, ses gestes maniérés, et son attitude ambiguë, le cocktail humour, aventure, horreur fonctionne toujours à merveille. Jouant avec la capacité d’émerveillement du spectateur le film ballade ses personnages dans des décors exotiques de rêve (jungle luxuriante, immense plage de sable fin, vastes étendues maritimes) les confrontant à un monstre mythologique, le Krakken, à des pirates maudits mi-homme mi-coquillage animés par des effets spéciaux plus convaincants que pour l’équipage de morts-vivants du 1er épisode dans des batailles époustouflantes. On retiendra particulièrement un duel ébouriffant réunissant les personnages de Depp, Orlando Bloom, très Errol Flynn, et le commodore déchu Norrington au sommet d’une roue géante dévalant les hauteurs de la jungle pour terminer sa course folle sur la plage où la confrontation reprend de plus belle commentée par la charmante Keira Knightley. Ce second volet alignent les scènes d’action incroyables rehaussées par des effets spéciaux impressionnants et met nettement l’accent sur un burlesque débridé (gesticulations, chutes, traits d’humour comme vecteurs d’un comique cartoonesque) assuré par un Johnny Depp très en forme dans ce rôle culte. En effet un grand vent de déconne souffle sur ces aventures où Depp bouffe toute les scènes. En multipliant les pistes narratives (de multiples personnages nouveaux, des têtes d’affiches séparées une grande partie du film) le film, d'une durée de 150 mn , accuse cependant quelques baisses de rythme et donc dilue la tension dramatique, certains personnages n’ont pas le temps d’acquérir une véritable substance dans ce grand manège qui carbure à une énergie folle. Mais dès que les facéties de Jack Sparrow envahissent l’écran un plaisir jubilatoire étreint l’aventurier des salles obscures qui voguera au bout des océans en 2007 avec ses flibustiers préférés.

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