12 mars 2007

Walk the line - James Mangold

medium_walk_the_line.2.jpgUn an après la sortie de Ray pour lequel Jamie Foxx a remporté l’oscar du meilleur acteur sortait Walk The Line, un biopic consacré à Johnny Cash, autre idole américaine de la chanson. Porté par l’interprétation sidérante de Foxx le film de Taylor Hackford est handicapé par une réalisation pompière, tournant trop autour du trauma de l'artiste lié à la mort accidentelle de son jeune frère et ne parvenant pas à faire décoller un récit à la forme classique (enfance, ascension, chute, rédemption) où l’émotion ne parvient pas à affleurer. Cependant les numéraux musicaux sont réussis et le cheminement du processus créatif est bien emmené.

Walk The Line séduit par la magnifique histoire d’amour entre Cash et June Carter qui court tout le film. S’il reprend le schéma narratif de Ray, le film de James Mangold a comme atout ce pivot émotionnel pour mettre en lumière le parcours musical de l’homme en noir. L’attrait du film à la mise en scène discrète et élégante repose en grande partie sur cette relation tumultueuse : mariés chacun de leur côté, parents, dans une époque où le divorce est mal vu, Cash & Carter se marieront 10 ans après leur première rencontre scénique, assez originale. La complicité amoureuse palpable au début de la collaboration musicale de Cash & Carter se mue au fil des années en un amour fusionnel qui va nourrir l’inspiration du chanteur et donner des classiques comme Walk the line ou bien Ring of fire, écrit par June. Séparé par les aléas de la vie de celle qui fait brûler son cœur, Cash se détourne de cette ligne droite; la foi, la morale, les bienséances, le bonheur conjugal volent en éclats. Mangold montre, après le succès qui le voit cotôyer des idoles comme Elvis Presley ou Jerry Lee Lewis, l’addiction à la drogue et à l’alcool, la déchéance de l’homme en noir dès lors que sa relation avec sa muse se complique. Un être vous manque et tout est dépeuplé. Le chemin qui mène à la rédemption débutera aux côtés de June, dans cette maison perdue dans la forêt où Cash, en cure de désintoxication pilotée par la famille de sa partenaire, va retrouver dignité et confiance, un apaisement moral, qui lui permettront par la suite de se transcender lors de l’enregistrement en 1968 du mythique At Folsom Prison. Joaquin Phénix,intense et fiévreux, incarne à merveille cette fêlure intérieure. Son travail de réinterprétation (allure, voix) est remarquable. A ses côtés la lumineuse Reese Witherspoon, lauréate d’un oscar pour ce rôle, interprète également elle-même les chansons de son modèle. Leur alchimie apporte au film une belle touche romantique, irrésistible dans les duos musicaux dont le dernier où Cash interrompt sa chanson pour demander en mariage June Carter, son ange protecteur.

Après 35 ans de vie commune et d’une collaboration artistique unique dans l’histoire de la musique, June Carter décède en mai 2003. 4 mois plus tard Johnny Cash la suit.

Aucun commentaire: