24 avr. 2007

Sunshine - Danny Boyle

En cette année 2057, le soleil se meurt, entraînant dans son déclin l'extinction de l'espèce humaine. Le vaisseau spatial ICARUS II avec à son bord un équipage de 7 hommes et femmes est le dernier espoir de l'humanité. Leur mission : faire exploser un engin nucléaire à la surface du soleil pour relancer l'activité solaire.Mais à l'approche du soleil, privés de tout contact radio avec la Terre, les astronautes perçoivent un signal de détresse en provenance d'ICARUS I, disparu sept ans auparavant.Un terrible accident les contraint à modifier leur trajectoire. Ils doivent désormais lutter pour rester en vie, ne pas sombrer dans la folie, mais avant tout pour mener à bien leur mission essentielle pour l'avenir de l'humanité.


Cinéaste éclectique passant d'un genre cinématographique à l'autre avec plus ou mois de réussite (Petits meurtres entre amis, 28 jours plus tard en haut du panier) le britannique Danny Boyle s'essaie à la science-fiction avec Sunshine, un lot de références en stock et son savoir-faire visuel en bandouillère. Grand admirateur de 2001, Alien et Solaris il distille habilement ses influences dans un film techniquement impressionnant (SFX brillantes) et dramatiquement toujours exaltant. Boyle multiple à l'envie les audaces visuelles (ralentis, accélérés, images stroboscopiques et surexposées), les trouvailles de mise en scène (une caméra placée dans le casque des cosmonautes pour traduire des sensations d'exiguité et de panique) et installe une tension constante notamment avec cette idée brillante d'un bouclier géant comme garant de la survie de l'équipage. De plus Sunshine respecte à la lettre la dramaturgie de tout bon film S-F, une mission de sauvetage parsemé d'avaries diverses et de sacrifices héroïques (pas de pathos à la Michael Bay ici) tout en proposant des pistes de réflexion métaphysiques stimulantes. Pendant les 2/3 du film une équipe d'astronautes d'horizons et de sensibilités différentes s'unissent pour mener leur mission à terme, de pannes techniques en révélations mystiques et interrogations métaphysiques (face au Créateur chacun s'interroge sur le sens de son existence et de sa place dans l'univers). Référence avouée, Tarkovski et son hypnotique et puissant Solaris où a été développé avec un talent inégalé l'expression d'un questionnement existentiel face à l'Infini. Puis le récit bascule étrangement dans l'horreur et prend la forme d'un survival haletant où les survivants doivent faire face à un Autre bien décidé à faire échouer la mission. Dans ce dernier tiers Boyle oppose la Raison incarnée par le scientifique Cappa, le magnétique Cilian Murphy, à la foi intégriste de son adversaire. Ce spectacle original et gonflé s'achève dans un océan de lumière incandescente balayant l'univers et l'homme, une poussière qui retourne à la poussière.

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