30 juin 2007

We own the night - James Gray

60 ème festival de Cannes - Compétition officielle

En attendant mon avis très positif sur ce film noir présenté au dernier festival de Cannes, la bande-annonce de
We own the night, en salles le 21 novembre 2007, se trouve ici.

26 juin 2007

Ocean 's 13 - Steven Soderbergh

60 ème festival de Cannes - Hors compétition

Le perfide propriétaire de casino Willy Bank a eu le malheur de s'attaquer à l'ami et mentor de Danny, Reuben Tishkoff. Très mauvais calcul car Danny Ocean rameute ses fidèles complices pour infliger à Bank un châtiment exemplaire le soir de l'inauguration de son nouveau casino, The Bank.

Tout
e la fine équipe de gentlemen cambrioleurs emmenée par le sémillant Geoge Clooney est de retour pour un nouveau casse impossible. Exit Julia Roberts et Catherine Zeta-Jones, welcome sous les néons aveuglants de Las Végas à Ellen Barkin en arriviste cliché et Al Pacino curieusement éteint dans le rôle de l'infâme Willy Bank, nouvelle cible du gang Ocean bien décidé à venger l'un des leurs en faisant sauter la banque. Cette dernière aventure reprend paresseusement les ingrédients qui ont fait le succès de la saga : coolitude ravageuse, humour bon enfant, casse high-tech savamment élaboré, mise en scène grand luxe. Force est de constater que la machine ronronne sérieusement : à l'image d'un Ocean 12, relativement plaisant par son aspect potache et distancié, le scénario part dans tous les sens (entre la présentation particulièrement alambiquée des multiples préparatifs de ce nouveau casse on suit les pérégrinations d'un personnage du gang lors d'une grève dans une usine mexicaine où il est infiltré!), les acteurs semblent moins s'amuser qu'auparavant (un troisième volet moins divertissant et sexy que les deux premiers) bref la jubilation et le glamour peinent à se répéter. Malgré des atouts indéniables, un budget très confortable, un grand réalisateur oscarisé, Steven Soderbergh (Traffic, Solaris) et un casting quatre étoiles (Clooney, Pitt, Damon, Garcia, Pacino) le film ne s'ouvre pas vers de nouvelles perspectives de jeu mais commet une partie stéréotypée : élégamment executée (la mise en scène soyeuse et inventive sauve de l'ennui), sans surprise et d'un intérêt très relatif en fin de compte en regard du potentiel de l'équipe aux commandes.

22 juin 2007

Indiana Jones 4

Prise par Spielberg lui même sur le tournage de cette suite très attendue voici la première photo du célèbre aventurier.

Pour ce nouvel opus intitulé the City of the Gods (la cité des Dieux), Harrison Ford sera entouré de Shia LaBeouf (Transformers) et Cate Blanchett (Le seigneur des anneaux, Aviator, The Good German), cette dernière probablement dans un rôle de méchante. Hélas, Sean Connery, après avoir longuement réfléchi - un suspense de plusieurs mois - a décidé de décliner l'offre faite par George Lucas et Steven Spielberg de reprendre son rôle de père d'Indy. Le scénario de David Koepp prendrait en compte l'intrigue de l'opus précédent (la recherche et la découverte du saint Graal). La sortie française est fixée au 21 mai 2008.

19 juin 2007

Roman de gare - Claude Lelouch

60 ème festival de Cannes - Hors compétition
Jeudi 24 mai 2007 19h45 Salle du 60ème

Claude Lelouch présente en avant-première son nouveau film, tourné sous une fausse identité, Roman de gare pour lequel il demande aux spectateurs, comme Clouzot en son temps pour les Diaboliques, de ne pas dévoiler la solution aux différentes intrigues.
Le pitch lelouchien : "C'est l'histoire d'une auteur de best-seller en quête de personnages et d'un tueur en série qui vient de s'évader de la Santé. Leur rencontre avec Huguette, la coiffeuse midinette, va changer leur destin, fatalement".

Tourné en douce pour éviter la pression et les jugements préalables dont il estime être trop souvent la cible, ce Roman de gare de Claude Lelouch (palme d'or en 66 pr Un homme et une femme) convoque dans un curieux précipité cinématographique les ingrédients de genres aussi divers que le film noir, le thriller, la comédie romantique, le vaudeville. La première scène, dans un sompteux N&B, l' interrogatoire aux Quais des Orfèvres d'un personnage féminin mystérieux (Fanny Ardant) laisse augurer du mieux, un brillant thriller psychologique comme Garde à vue. Puis avec l'arrivée de nouveaux personnages comme celui d'Hugette, la coiffeuse agitée et naïve (Audrey Dana reste la révélation du film), le film s'enlise dans la comédie de moeurs, ses hasards et coïncidences. Mis à part le personnage de Dominique Pinon qui demeure le plus subtil et nuancé en terme d'écriture, le récit aligne les personnages archétypaux (Ardant en femme fatale très inspirée de l'écrivain mante religieuse Catherine Tramell de Basic Instinct), les erreurs de casting (le couple formé par Michèle Bernier et Zinedine Soualem, d'une grande indigence fictionnelle, ralentit le rythme déjà malmené par les scènes rurales romanticomiques du duo Pinon/Dana), les twists artificiels. Manquent une atmosphère oppressante, un suspense diabolique autour de personnages solides comme ceux de Clouzot ou d'Hitchcock vers lesquels lorgne manifestement Lelouch. Dommage que le réalisateur ait cédé aux sirènes de la comédie romantique (quiproquos, retrouvailles...), un genre chéri par l'auteur qui fait difficilement le liant avec le thriller psychologique annoncé. La sauce ne prend pas; il est difficile de se laisser emporter par cette histoire de manipulation, de dissimulation et de destins croisés malgré toute la bonne volonté de Lelouch de renouveler son cinéma.

Sortie française le 27 juin 2007


Retrouvez prochainement la suite de mon compte-rendu sur les films de la sélection officielle du 60ème Festival de Cannes : Boulevard de la mort de Quentin Tarantino, La fôret de Mogari de Naomi Kawase, Paranoid Park de Gus Van Sant, We own the night de James Gray, Promets-moi d'Emir Kusturica, Lumière silencieuse de Carlos Reygadas, Import export d'Ulrich Seidl sans oublier la leçon de cinéma de Martin Scorsese.

Suivez également le 60ème festival de Cannes sur le blog d'une jeune scénariste, l'incontournable In the mood for Cannes

18 juin 2007

Chacun son cinéma

60 ème festival de Cannes

Gilles Jacob ( Coprésident du festival de Cannes ) : "Quand, il y a plus d’un an, nous nous sommes demandé comment fêter le 60ème festival de Cannes, nous étions sûrs d’une chose : pas de retour sur le passé, de commémoration mortifère, d’autocélébration béate. En un mot, fêter soixante ans de création par une création. Un film donc, mais quel film ? En l’occurrence, cette fois-ci, il s'est agi de rassembler un groupe de créateurs, tous universellement reconnus, représentant à la fois leur pays et une conception orgueilleuse du cinéma, pour une promenade autour d'un thème unique, tremplin de leur inspiration. Venus des 5 continents, et de 25 pays, ces 33 réalisateurs livreront, en chacun 3 minutes, leur actuel état d’esprit inspiré par La salle de cinéma - seconde contrainte, mais aussi, bien sûr, promesse de Paradis ! Ils ont accepté de les découvrir en même temps que les festivaliers, le 20 mai, ainsi que le public, une diffusion étant programmée le même soir à la télévision (Canal+). C'est en pensant à cette variété de cultures, d’origines et de talents que nous avons donné à ce long métrage le titre de Chacun son cinéma. Espérons que cette aventure, peut-être pas sans lendemain, donnera envie de voyager en compagnie de cinéastes qui n'ont pas fini d'étonner ni de renouveler la création."

Dimanche 20 mai : célébration de ce 60ème festival de Cannes avec la projection, en la présence des auteurs, de 33 courts-métrages sur le thème de la salle de cinéma de 35 (2 Dardenne, 2 Coen) des plus grands réalisateurs de la planète cinéma.
Dans cette compilation forcément inégale on retiendra le burlesque savoureux de Manoel de Oliveira, l'ironie sûre des frères Coen, l'humour irrévérencieux flirtant avec le gore de Lars Von Trier, la beauté éthérée du Gus Van Sant, le quiproquo amusant du Polanski, la belle mélancolie de Hou Hsiao-Hsien, l'énergique numéro musical du Walter Salles, la malice et la perfection esthétique du Kitano et dans le registre de l'émotion le formidable travail des Dardenne et d'Innaritu sur la cécité.
Afin de revivre cette soirée magique Studio Canal a édité un dvd indispensable regroupant ces 33 courts augmenté de versions longues de "Anna" de Alejandro González Iñárritu (4'36"), "No Translation Needed" de Michael Cimino (3'44")
et de "Irtebak" de Elia Suleiman (6') ainsi qu'un 2ème montage de "The Electric Princess Picture House" de Hou Hsiao-hsien (3'22").



17 juin 2007

Téhilim - Raphaël Nadjari

Compétition officielle - 60ème festival de Cannes

A Jérusalem, aujourd'hui, une petite famille juive mène une existence ordinaire. Mais à la suite d'un accident de voiture, le père disparaît mystérieusement. Chacun tente de faire face comme il peut à cette absence, aux difficultés du quotidien. Alors que les adultes se réfugient dans le silence ou la foi, les deux enfants, Menachem et David, essaient, à leur manière, de retrouver leur père...

Dans une compétition marquée par le motif de la mort et de l'interrogation métaphysique et religieuse, Téhilim de Raphaël Nadjari (Appartement #5c, Avanim), sous bannière israélienne, est un drame intime autour de la disparition du père. Nadjari s'intéresse à la gestion de l'absence par chacun des membres de cette famille modeste de Jérusalem brusquement amputée d'un de leur membre référent. Le récit enchaine au début des situations à priori banales de la vie quotidienne (prières, repas) pour révéler le rapport de chacun à la religion qui est un thème prédominant du film. Quand la mère, laïque, est en plein désarroi face aux problèmes quotidiens, les fils, dans le sillage de leur père et grand-père, cherchent dans la religion une réponse, de l'espoir. Toujours en mouvement les jeunes s'acharnent à résoudre le mystère de cette disparition. L'étude des Téhilim (psaumes) constitue pour eux un refuge contre le doute et la tristesse. L'opposition des fils et de la mère sur la question du religieux se traduit spatialement par une séparation dans le cadre des protagonistes. Comment cohabiter avec cette absence intolérable et déchirante, briser le silence qui enferme chacun dans sa douleur et essayer de comprendre les réactions, les choix de l'autre, pour se réunir et partager sa peine? Filmé à Jérusalem dans un contexte religieux fort, le récit, par le fin traitement de son thème central, la gestion de la disparition d'un proche, a une portée universelle. Il relate à la fois la difficile reconstruction d'une famille après la perte du père et le passage à l'âge adulte. Caméra proche des acteurs (mention spéciale à Michael Moshonov-Menachem), direction artistique cultivant le non-dit et le recours à l'improvisation pour une authenticité maximale des attitudes et des réactions, Nadjari scrute avec pudeur, un sens de l'épure et un vérisme digne de Cassavetes, l'interrogation religieuse et identitaire de ces personnages très attachants.


11 juin 2007

Le scaphandre et le papillon - Julian Schnabel

Compétition officielle - 60 ème festival de Cannes

Peintre néo-expressionniste reconnu dès la fin des années 70, Julian Schnabel poursuit son travail, avec Le scaphandre et le papillon, sur la mise en scène du processus créatif amorcé avec
Basquiat et poursuivi avec Avant la nuit, 2 biopics consacrés respectivement au peintre américain Jean-Michel Basquiat et à l'écrivain cubain Reinaldo Arenas.
Prix de la mise en scène, Le scaphandre et le papillon est une adaptation du livre-témoignage éponyme de Jean-Dominique Bauby, ancien rédacteur en chef du magazine Elle, victime d'un locked-in syndrom. Suite à un accident vasculaire cérébral son corps est totalement paralysé : le tronc cérébral qui fait le lien entre le cerveau et la moelle épinière est atteint. Privé de l'usage de la parole il apprend à communiquer de l'oeil gauche et fait ainsi retranscrire le récit de son combat pour la vie. Il meurt 10 jours après la publication du livre.
Ce film est l'histoire poignante d'un homme prisonnier de son corps luttant pour la vie. La mémoire et l'imagination sont les seuls moyens de s'évader de ce scaphandre oppressant. Pour traduire cet enfermement Schnabel, en plasticien émérite, multiplie expériences narratives (caméra subjective, flash-backs) et visuelles (décadrages, flous, images d'archives). Dans le premier tiers est convoquée une narration subjective pour rendre compte de la torture quotidienne de Bauby. Avec des décadrages, des plans flous, le spectateur épouse le point de de vue de Bauby : une vision parcellaire, imprécise, inconfortable des êtres et les choses. Une voie intérieure accompagne ce calvaire. L'utilisation de la caméra subjective provoque un sentiment de claustration, d'étouffement à tel point que le retour à une narration objective avec des plans classiques est vécu comme un soulagement surtout après la couture d'une paumière nécrosée vécue de l'intérieur. Dès lors par petites touches sensualistes Schnabel peint le combat intérieur pour la vie, par la mémoire et l'imagination, de cet homme qui ne s'apitoie jamais sur son sort. Le film, à l'image du personnage, est dépourvu de pathos et traversé par des souvenirs, des fantasmes, de l'humour parfois. Comme dans Mar Adentro d'Ajelandro Aménabar sur un sujet similaire, des fenêtres s'ouvrent vers un quotidien meilleur, idéalisé, fait de souvenirs émouvants (échange père-fils), sensuels (une escapade amoureuse), de rêves (un ballet dans les couloirs de l'hôpital) et de fantasmes (un dîner rabelaisien). La beauté du monde, des femmes est magnifiée par la photographie éthérée du chef op de Spielberg Janusz Kaminsky et la composition plastique des plans : une forêt de cheveux s'agitant au vent, un paysage maritime comme un au-delà idéal. La vie s'engouffre, fait résistance à la morosité : la famille, les amis, les médecins apportent réconfort, apaisement, espoir. Comme le dit un personnage du film à Bauby "il faut se rattacher à l'humain pour survivre" : le rire des enfants, la majesté de la nature, la sensualité d'une femme sont autant de balises de vie rappelant le bonheur d'une existence passée à laquelles se raccrocher au fond de ce scaphandre filant vers les abysses. Au fil de nombreuses scènes de rééducation qui consituent le versant documentaire d'un film mobilisant par ailleurs de nombreuses ressources cinématographiques pour éviter la pesanteur, l'espoir renaît peu à peu mais une pneumonie terrasse Bauby 10 jours après la publication de son livre-témoignage. Un magnifique trio d'actrices Seigner-Croze-Consigny accompagne la prestation touchante d'Almaric. La palme de l'émotion, non forcée, revient à Max Von Sydow : le père âgé de Bauby, prisonnier de son appartement comme son fils l'est de son corps, dit par téléphone à ce fils qui ne peut lui répondre toute sa peine de ne pouvoir lui rendre visite et l'accompagner dans son calvaire.
Le scaphandre et le papillon constitue une bonne surprise de ce 60ème festival de Cannes : un poignant témoignage sur une maladie rare, jamais pesant grâce à une réalisation inspirée et une interprétation contenue, doublé d' une célébration de la vie.

4 juin 2007

Les chansons d'amour - Christophe Honoré

Compétition officielle - 60 ème festival de Cannes

Présent l'an dernier à la Quinzaine des réalisateurs avec Dans Paris, Christophe Honoré plonge pour la première fois dans le bain de la compétition avec Les chansons d'amour, comédie musicale avec Louis Garrel et Ludivine Sagnier.
Hommage à Jacques Demy et à Paris, ces Chansons offrent au spectateur une ballade enchantée sur la carte du Tendre. Au début un marivaudage insouciant autour d'un triangle amoureux puis un deuil brutal et la reconstruction qui s'accompagne d'un désarroi existentiel et sentimental. Découpé en trois actes (le départ, l'absence, le retour) en référence aux Parapluies de Cherbourg, ce projet très personnel qui reprend les thèmes de prédilection de l'oeuvre d'Honoré (deuil, amours contrariés) est ponctué de chansons pop légères et graves sur des thèmes aussi divers que l'amour, la sexualité, la famille ou l'absence. S'intégrant parfaitement à la narration, les chansons sont interprétées avec talent et charme par Ludivine Sagnier, Chiara Mastroianni, Louis Garrel. Elles ne commentent pas l'action mais font avancer le récit en dévoilant beaucoup de la psychologie de ses interprètes. Echanges amoureux pimentés, complainte déchirante résonnent dans un Paris populaire très documentaire bien différent du Paris référencé Nouvelle Vague de Dans Paris.
Sans pathos, très vivant, ce film tour à tour enjôleur et mélancolique, romantique et amer prônant l'amour décomplexé fait souffler sur le territoire trop codifié de la comédie musicale un vent frais exquis, sensible et espiègle.


3 juin 2007

60 ème Festival de Cannes

Le Festival de Cannes c'est d'abord une compétition ouverte aux films du monde entier dont le jury présidé par Stephen Frears a récompensé pour cette soixantième édition un cinéma d'auteur exigeant mais c'est également le Marché du film où vendeurs, distributeurs, producteurs venus de 91 pays se pressent pour vendre leurs productions, monter des co-productions, chercher des financements.
Vus cette année à Cannes pour faire la promo de leurs prochains films : Louis Garrel pour Les chansons d'amour de Christophe Honoré (en compétition et sortie en salles le 23/05); Daniel Craig & Eva Green pour le film fantastique A la croisée des mondes de Chris Weitz, premier volet de l'adaptation de la trilogie d'heroïc fantasy signée Philip Pullman; Jean Dujardin pour 99 francs de Jan Kounen d'après le roman de Frédéric Beigbeder et l'impayable Franck Dusboc très Disco.