17 juin 2007

Téhilim - Raphaël Nadjari

Compétition officielle - 60ème festival de Cannes

A Jérusalem, aujourd'hui, une petite famille juive mène une existence ordinaire. Mais à la suite d'un accident de voiture, le père disparaît mystérieusement. Chacun tente de faire face comme il peut à cette absence, aux difficultés du quotidien. Alors que les adultes se réfugient dans le silence ou la foi, les deux enfants, Menachem et David, essaient, à leur manière, de retrouver leur père...

Dans une compétition marquée par le motif de la mort et de l'interrogation métaphysique et religieuse, Téhilim de Raphaël Nadjari (Appartement #5c, Avanim), sous bannière israélienne, est un drame intime autour de la disparition du père. Nadjari s'intéresse à la gestion de l'absence par chacun des membres de cette famille modeste de Jérusalem brusquement amputée d'un de leur membre référent. Le récit enchaine au début des situations à priori banales de la vie quotidienne (prières, repas) pour révéler le rapport de chacun à la religion qui est un thème prédominant du film. Quand la mère, laïque, est en plein désarroi face aux problèmes quotidiens, les fils, dans le sillage de leur père et grand-père, cherchent dans la religion une réponse, de l'espoir. Toujours en mouvement les jeunes s'acharnent à résoudre le mystère de cette disparition. L'étude des Téhilim (psaumes) constitue pour eux un refuge contre le doute et la tristesse. L'opposition des fils et de la mère sur la question du religieux se traduit spatialement par une séparation dans le cadre des protagonistes. Comment cohabiter avec cette absence intolérable et déchirante, briser le silence qui enferme chacun dans sa douleur et essayer de comprendre les réactions, les choix de l'autre, pour se réunir et partager sa peine? Filmé à Jérusalem dans un contexte religieux fort, le récit, par le fin traitement de son thème central, la gestion de la disparition d'un proche, a une portée universelle. Il relate à la fois la difficile reconstruction d'une famille après la perte du père et le passage à l'âge adulte. Caméra proche des acteurs (mention spéciale à Michael Moshonov-Menachem), direction artistique cultivant le non-dit et le recours à l'improvisation pour une authenticité maximale des attitudes et des réactions, Nadjari scrute avec pudeur, un sens de l'épure et un vérisme digne de Cassavetes, l'interrogation religieuse et identitaire de ces personnages très attachants.


1 commentaire:

prof a dit…

hello
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shalom