26 févr. 2010

Le 49 ème parallèle / Michael Powell

Le cinéaste britannique Michael Powell, auteur entre autres chefs d'oeuvre de Le voyeur et Les chaussons rouges, est régulièrement cité par Martin Scorsese comme l'une de ses sources d'inspiration.
1940. Un sous-marin allemand qui vient de torpiller un navire marchand anglais arrive dans les eaux territoriales canadiennes. Six de ses hommes, commandés par l'officier nazi Hirt, réussissent à mettre pied sur la côte, quand la Canadian Royal Air Force repère le submersible et le coule...

Saluons pour commencer l'excellent travail éditorial de la Collection Institut Lumière dirigée par le cinéphile Bertrand Tavernier : image restaurée en haute définition, présentation par Martin Scorsese, éclairage de Bertrand Tarvernier ainsi que deux documentaires passionnants sur Michael Powell dont "Souvenirs de Michael" par sa veuve Thelma Schoonmaker, monteuse attitrée de Martin Scorsese qui est à l'origine du travail de restauration de la filmographie de Powell (Colonel Blimp, Les chaussons rouges souvent cité par Scorsese comme un de ses films préférés), livret de 50 pages...un bonheur.

Début des années 40 : Churchill donne d'importants moyens logistiques, matériels et financiers au milieu du cinéma pour doper la fréquentation des salles. Le 49ème parallèle est le parfait exemple de ce que la mobilisation du monde du 7 ème art à l'effort de guerre peut produire de meilleur. Michael Powell et son collaborateur Emeric Pressburger ont en effet tourné ce film pour provoquer l'entrée en guerre des USA.
L'idée de ce 49ème parallèle qui géographiquement séparent USA et Canada s'impose pour Powell à la lecture d'un journal canadien exposant la difficulté du Canada à affronter Hitler. Ainsi Powell explique dans les bonus vouloir "faire un film au Canada pour flanquer la frousse aux ricains et les faire rentrer en guerre le plus vite".
Ce film à vocation propagandiste adopte une construction narrative et un point de vue audacieux : on suit des nazis, les personnages principaux, dans leur traversée du Canada. Powell parvient à éviter caricature et manichéisme en nuancant le portrait des ennemis, non stigmatisés en bloc. Sont opposées au danger de l'idéologie nazie la fraternité et la générosité des habitants du Canada tels les personnages haut en couleur de Laurence Olivier en réjouissant trappeur français à l'accent impayable et de Leslie Howard en ethnologue amateur d'art indifférent aux bruissements du monde.

Après une entrée directe au coeur de l'action le récit à épisode avance au rythme de ce groupe singulier,
au fil de rencontres inattendues et savoureuses dans des paysages sublimes, entre suspense et pause contemplative, avec lyrisme et inspiration visuelle .

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