6 août 2007

Hot Fuzz - Edgard Wright

En 2005 le duo Edgard Wright (réalisateur-scénariste) / Simon Pegg (acteur-scénariste) rendait hommage au film de zombie avec Shaun of the dead, une comédie sentimentale horrifique mettant en scène les pérégrinations rocambolesques d'un anglais pour reconquérir sa belle en dépit d'une invasion de zombies dans la capitale. Alliance incongrue de Romero (La nuit des morts vivants, Land of the dead) et de Richard Curtis (4 marriages et un enterrement, Coup de foudre à Notting Hill), Shaun of the dead est une parodie désopilante à l'humour potache toujours respectueuse des genres tournés en dérision.
Hot Fuzz transpose cette fois les codes du film d'action et du buddy-movie dans un environnement rural : le superflic londonien Nicholas Angel au taux d'arrestation record propre à ridiculiser ses collègues est muté dans le petit village tranquille de Sandford où un Comité de Surveillance veille à la préparation du concours du village le plus fleuri du royaume. Aux côtés du policier local Danny Butterman qui rêve de devenir un superflic à la hollywoodienne, Nicholas règle quelques contraventions sans grand intérêt. Une série de crimes étranges va le remettre dans l'action...

Tous les ingrédients du film d'action et particulièrement du buddy-movie, un sous genre qui voit un duo aux tempéraments opposés résoudre une enquête policière, sont passés à la moulinette du duo Wright/Penn dans un hommage jubilatoire et sincère à ces pop-corn movies à haute teneur en testérone et explosions : L'arme fatale, Le dernier samaritain, Point Break ou bien encore Bad Boys 2 ont ainsi servi de références aux réalisateurs fous de joie dans l'idée de mettre un maximum de flingues dans les mains de bobbys et de transformer un petit village en champ de bataille. Ultra référencé (allusion à Shaun, Shinning ou bien encore Léon, citation de Point Break et Bad Boys 2) Hot Fuzz témoigne d'une bonne connaissance du genre, de la structure narrative et des situations dramatiques du genre parodié.
On retrouve avec plaisir dans ce nouveau film l'humour irrévérencieux et potache mâtiné de non-sense de
Shaun. Les gags se révélent in fine moins nombreux que précédemment par le souci prédominant du duo raconter une histoire policière menée tambour battant. Le montage très rythmé, parfois épuisant dans les scènes de fusillades en écho aux pulsations épileptiques au coeur du cinéma de Tony Scott et de Michael Bay, propulsent un casting parfait composé de natures comiques montantes (Simon Pegg et son acolyte Nick Frost déjà présent dans Shaun) et de comédiens bitanniques de premier plan (Timothy Dalton, Jim Broadbent, Bill Nighy) dans des situations hilarantes et effrayantes toujours jubilatoires bâties autour d' un amour respectueux du cinéma de genre et une belle inventivité dans l'association d'éléments hétéroclites.
Le duo Wright / Pegg, muni d'un budget conséquent et d'idées à la pelle, aligne avec succès rire et action à l'image dans une nouvelle parodie irrésistible qui fait souffler un vent frais sur le cinéma de genre britannique.

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