17 sept. 2007

The Bourne Ultimatum - Paul Greengrass

Avec le trépidant La vengeance dans la peau se clôt l'excellente trilogie des aventures cinématographiques de Jason Bourne, l'espion amnésique ex-tueur de la CIA crée par Robert Ludlum.
Sorti en 2002 La mémoire dans la peau réalisé par Doug Liman a remporté un succès assez inattendu (un film d'espionnage à l'ancienne, réaliste, grisâtre avec un personnage torturé joué par un acteur pas encore bankable) confirmé par La mort dans la peau deux ans plus tard.
Réalisé par l'anglais Paul Greengrass (Sunday Bloody Sunday, Vol 93) déjà réalisateur du second volet La vengeance dans la peau répond, après un voyage express autour du monde ponctué par trois scènes d'actions démentes, à beaucoup de questions sur l'identité de Bourne tout en laissant en suspens quelques interrogations (la porte ouverte vers un quatrième volet, écrit en partie par Robert Ludlum avant sa mort et achevé par Eric Van Lustbader, que Damon et Grengrass serait prêt à envisager dans 5 ans).
La réussite de cette trilogie tient tout d'abord à l'écriture de ce personnage d'espion, à des années lumière d'un autre J.B sévèrement amidonné avant que Casino Royale ne corrige le tir, attachant car torturé et duel : jadis un tueur froid et méthodique, désormais un être honnête et compatissant en quête de rédemption et de vérité. Avant de faire, à New-York où tout a commencé, la pleine lumière sur son passé et ses débuts de tueur pour la CIA , Bourne, en animal traqué dans un monde sans frontière et ultra-surveillé, cavale de Moscou à New-York en passant par Londers et Tanger à la recherche de ses origines.
Greengrass comme dans ses précédents films multiplie les points de vue sur les forces en présence : la quête mouvementé de Bourne chassé / chasseur aux quatres coins du globe et le jeu perfide de pouvoir et de manipulation dans les bureaux de la CIA. De cette course-poursuite mondiale effrénée se dégage un sentiment anxiogène très bien relayé par la réalisation hyper-réaliste de Greengrass : où qu'il se trouve sur la planète Bourne sera traqué par ses anciens employeurs rongés par la paranoia qui, aidés par un arsenal technologique de surveillance imparable, ont, ou bien plutôt pensent avoir, la réalité sous contrôle (le 11 septembre a démontré la faillabilité du système).
Pour traduire ce sentiment d'urgence et d'insécurité propre au trajet de Bourne Greengrass a repris son procédé de mise en scène fétiche, la caméra à l'épaule. En documentariste Greengrass place sa caméra au coeur de l'action pour un effet de réel saisissant et la crédibilité de l'action. La recherche de réalisme se traduit par une action brute et sèche dans les combats rapprochés, des cascades exécutées en live (les plans de crash automobile où la caméra est dans la voiture font très mal). Trois séquences de poursuite monstrueuses avec pour dénominateur commun une action viscérale relayée par un montage nerveux encadrent le film : Londres, gare de Waterloo, sur les toits de Tanger et épisode final à New-York.
La réalisation percutante toujours plus affinée de Greengrass, le jeu rugueux et subtil de Matt Damon ainsi que le scénario ingénieux de Tony Gilroy (la trame de ce troisième opus vient en fait s'insérer, pour l'essentiel, entre l'avant-dernière scène et la dernère scène de La mort dans la peau !) font de ce troisième volet le sommet d'une trilogie passionnante qui a renouvelé, par son parti-pris réaliste et son héros tourmenté loin des actions movies déconnants et invraisemblables pondus à la chaîne par Hollywood, le cinéma d'action et d'espionnage.

6 commentaires:

e... a dit…

C'est un plaisir de lire tes critiques!
Ce qu'il faut de subjectivité pour éveiller notre curiosité, mais pas trop pour respecter les goûts et les couleurs de chacun.
Quelques détails du films, ni trop ni trop peu, juste assez pour nous donner envie de vite aller s'assoir dans la pénombre, dans la rougeur d'un fauteuil moelleux, une odeur de pop-corn qui rode dans la salle et nous laisser divertir, émouvoir, ou surprendre par tout ce qui fait le film..le sujet, le scénario, la réalisation, le jeu des acteurs, la personne avec qui on le partage..
De plus, les infos sur le tournage, le réalisateur, les acteurs sont les bienvenues pour le desert culturel que je suis ;.)
Enfin, les recoupements fait avec d'autres films du même genre ou avec les oeuvres précédentes du réalisateur qui replacent le film dans son contexte cinématographique, ajoutés à la crédibilité du commentaire, forme un ensemble pertinent.
Le tout contenu dans un blog agréablement agencé! J'adhère! Continus tu fais ça bien! :.*

sister !!! a dit…

Ca c'est un gentil commentaire, fais connaitre le blog si tu peux et veux.... C'est vrai que mon cinéphile de frère a du talent... Je ne lui dit pas assez souvent.... :o)

sister bis a dit…

Avec tout ça j'oublie de te dire que donc j'aurais du venir avec toi finalement voir le mongolien parcque je sais pas si et quand je le verrai maintenant...

e... a dit…

je n'hesiterai pa a le faire connaitre..et a faire un pti coucou de temps en temps!Avec tout ca on en a oublier de faire un com sur THE BOURNE ULTIMATUM..lol
malheureusement je ne suis pa aussi assidue...po vu...je vais plutot me faire le documentaire UN JOUR SUR TERRE j'aime les belles images et j'espere etre comblée..

sister ter... a dit…

merci E... et oui c'est très beau UN JOUR SUR TERRE yu verras.... cf article & comm + haut :o)

Sandra.M a dit…

Je me joins aux commentaires ci-dessus pour encourager l'écriture de ce blog que je trouve de plus en plus passionnant à lire, un Boulevard du cinéma que j'arpente de plus en plus souvent avec plaisir ...même si je souhaitais initialement laisser un message sur "La veangeance dans la peau":-), véritable sommet du genre pendant toute la projection duquel j'étais littéralement accrochée à mon fauteuil tellement la caméra de Greengrass nous immerge dans la fébrilité ambiante, une projection d'ailleurs inoubliable ponctuée d'applaudissements enthousiastes. De loin le meilleur des 3 Jason Bourne...et évidemment la fin laisse en effet toute la place pour un 4ème attendu avec impatience!