23 oct. 2007

En cloque mode d'emploi - Judd Appatow

Une jeune femme bosseuse et bcbg découvre qu'elle est enceinte d'un type gentil mais plutôt glandeur et débraillé avec lequel elle a passé une nuit. Elle le somme de grandir et vite...

Autour de l'union de ce couple improbable, l'exécutive woman qui a la blondeur irradiante de Katerine Heighl décidément très à l'aise dans la comédie après la série Grey's anatomy et le glandeur enrobé joué par le comique US du moment Seth Rogen, Judd Appatow bâtit une comédie mi-trash mi-romantique où souffle à la fois un esprit irrévérencieux (humour potache, vulgaire pleinement assumé) et un discours conservateur (à aucun moment l'avortement n'est évoqué). Le comique nait des dialogues très pimentés, l'émotion de personnages transgressifs, grossiers et autoritaires (les hommes infantiles, irresponsables, les femmes agaçantes) attachants car largués face au passage à l'âge adulte et des responsabilités qui en découlent.
Un peu trop long en raison de nombreuses disgressions (la team de geeks gravitant autour du personnage principal) ce nouveau film de Judd Appatow allie coeur et cul selon une méthode éprouvée faite d'improvisation, de personnages immatures, d'humour irrévérencieux et de culture nerd pour un résultat assez réussi à qui les américains ont fait un triomphe (150 M de dollars pour un budget de 30) après l'énorme succès de
40 year old virgin en 2005 avec l'hilarant Steve Carrell et celui de sa nouvelle production Supergrave, les déboires sexuels d'adolescents au départ pour l'université.

8 oct. 2007

L'ennemi intime - Florient Emilio Siri

Algérie, 1959. Les opérations militaires s`intensifient. Dans les hautes montagnes kabyles, Terrien, un lieutenant idéaliste, prend le commandement d`une section de l`armée française. Il y rencontre le sergent Dougnac, un militaire désabusé. Leurs différences et la dure réalité du terrain vont vite mettre à l`épreuve les deux hommes. Perdus dans une guerre qui ne dit pas son nom, ils vont découvrir qu`ils n`ont comme pire ennemi qu`eux-mêmes.

Situé en Kabylie, de juilllet 1959 à décembre 1959, l'action de l'Ennemi intime s'inscrit dans le cadre des opérations du Plan Challe. Ce plan militaire, inauguré par la bataille d'Alger (janvier à octobre 1957) et poursuivi par l'édification en juillet 1957 d'un barrage frontalier qui coupe le Foront de Libération Nationale (FLN) de ses bases à l'étranger, a pour but d'écraser les maquis indépendantistes et de reconquérir les territoires contrôlés par l'Armée de Libération Nationale (ALN). De juillet 1959 à mars 1960, attaques massives appuyés par l'aviation, groupes d'intervention à la poursuites des rebelles sont mobilisés d'Ouest en Est dans des opérations "de maintien de la paix" qui resteront parmi les plus meurtrières de la guerre d'Algérie (utilisation du napalm, tortures, éxécutions sommaires). Face à la guérilla menée par le FLN (attaque surprises menées par des petits groupes mobiles connaissant très bien le terrain et la population) l'armée française mène une guerre moderne mêlant renseignement /attaques pour localiser et détruire les unités de l'ALN et action psychologique pour gagner le soutien de la population par la persuasion ...ou la terreur. Ces opérations sanglantes se concluent par la victoire militaire de l'armée française sur le FLN au moment même où le gouvernement du Général de Gaulle se résigne à proclamer le droit des Algériens à l'autodétermination le 16 septembre 1959.

Aidé par le documentariste-scénariste Patrick Rotman, auteur d'un documentaire éponyme sur cette sale guerre, le réalisateur français Florient Emilio Siri (Nid de guêpes, Otage) s'attaque courageusement avec L'ennemi intime, inspiré par La 317ème section et Platoon, à la guerre d'Algérie. Alors même que les américains ont plongé très tôt (3 ans après la fin du conflit) dans l'enfer de la guerre du Vietnam via des oeuvres cinématographiques fortes comme Voyage au bout de l'enfer (1978), Apocalypse now (1979), n'hésitant pas à aborder les parties les plus sombres de leur histoire de la guerre de Sécession (Glory, Cold Moutain) à l'Irak (Three kings, Jarhead), en passant par la 2nde guerre mondiale (Saving private Ryan, La ligne rouge) pour ce qui concerne uniquement le film de guerre, le cinéma français s'est montré assez timide dans son approche, plus détournée et suggestive que directe, d'un conflit aussi meurtrier que la guerre d'Algérie. Même si La bataille d'Alger (1966) censuré en France jusqu'en 2004, Avoir les 20 ans dans les Aurès (1972) également censuré et R.A.S (1976) ne manquent pas de qualités cette guerre n'a pas vraiment été représentée de manière viscérale et dénonciatrice au cinéma.
30 ans après le film d'Yves Boisset Siri s'appuie sur un scénario solide de Rotman, aboutissement de nombreuses années de recherche et de réflexion sur le conflit, un acteur charismatique Magimel et un sens visuel indéniable pour livrer un grand spectacle épique proche du Platoon d'Oliver Stone. Si le début du film laisse présager un certain manichéisme dans le rapport des deux personnages principaux, l'idéaliste (Magimel) vs le briscard désabusé (Dupontel), à la manière d'ailleurs de l'affrontement Dafoe/Berenger au coeur de Platoon, le scénario nuance, au fil de l'expérience de l'horreur, les caractères de Terrien et de Dougnac. Parti en Algérie avec ses idéaux et sa bonté Terrien va abandonner ses illusions et se retrouver face à son pire ennemi : lui même. Le sergent Dougnac, joué au bord de l'implosion par le psychotique Dupontel, révèlera une humanité enfoui sous l'uniforme du cynisme. L'écriture des personnages secondaires comme celle de la représentation de l'horreur (les exactions sont de chaque côté) procède d'une volonté de nuance et d'ambivalence : le capitaine Berthaut est un ancien résistant torturé par la Gestapo devenu bourreau en Algérie, le soldat Saïd qui a combattu avec les Français contre les Allemands et avec les Français contre les fellaghas remet en cause son attachement à l'armée française. La virtuosité de la mise en scène multiplie les morceaux de bravoure et des moments de cinéma forts (le nettoyage au napalm, l'exécution d'un traître joué par Fellag). Cependant, impératifs de spectacle oblige, Siri néglige, les bobines défilant, la psychologie de ces personnages : pour illustrer la progression du délabrement intérieur de Terrien la mise en scène multiple les effets appuyés, l' influence du western dont L'ennemi intime multiplie les attributs (chapeau, poussière, paysage aride et rocailleux) s'y faisant alors sentir avec notamment la multiplication de plans baroques sur le regard minéral d'un Magimel de plus en plus halluciné. On peut en effet reprocher à Siri de surligner les émotions à renforts de musique et d'effets visuels clippesques, d'être trop démonstratif dans sa représentation des tourments intérieurs de ces personnages (la tentative de suicide de Dougnac est assez grotesque) quand la sobriété et la suggestion aurait pu paradoxalement donné plus de densité psychologique à ces personnages. Réalisateur visuel, Siri est plus à son aise dans les superbes scènes d'action épiques aux couleurs désaturées que dans celles plus intimes finalement décevantes.
Reste la volonté louable et l'efficacité d'un réalisateur français et de toute son équipe pour divertir et sensibiliser en rappelant via une fiction de facture hollywoodienne bien documentée, après le militant Indigènes sur les soldats oubliés de l'armée française pendant la 2nd guerre
, toute l'horreur de ces" opérations de maintien de l'ordre" menées en Algérie de 1954 à 1962 requalifié en "guerre d'Algérie" en octobre 1999.

5 oct. 2007

Sweeney Todd - Tim Burton

Mélange de conte horrifique et de comédie musicale, Sweeney Todd le nouveau film de Tim Burton avec son alter ego Johhny Depp ainsi que les habitués Helena Bonham Carter et Christopher Lee dévoile ses premières images sur le web (sortie France en 2008).

Sweeney Todd, un barbier injustement envoyé en prison dont la vie de famille a été détruite, jure de se venger à sa sortie. De retour en ville pour rouvrir sa boutique, il devient le "Demon Barber of Fleet Street" qui "rase la gorge des gentilshommes dont on n'en entend plus parler après".


La bande-annonce de ce film qui rappelle l'ambiance
macabre et horrifique de Sleepy Hollow se trouve ici