1 nov. 2007

7h58, ce samedi là - Sidney Lumet

Ce samedi matin-là, dans la banlieue de New York, tout semble normal dans la vie des Hanson. Alors que Charles, le père, passe un test de conduite, sa femme Nanette ouvre la bijouterie familiale. Leur fils aîné, Andy, s'inquiète pour le contrôle fiscal qui débute lundi. Et comme d'habitude, Hank, son frère cadet, se noie dans ses problèmes d'argent. Mais à 7h58, ce samedi-là, tout va basculer dans la vie des Hanson.

Histoire de famille, huis-clos étouffant ce 7h58, en convoquant des thèmes cher à sa filmo de Family Business à Un après-midi de chien, rappelle quel grand réalisateur Sidney Lumet demeure à 80 ans passés.
Le titre original Before the devil knows you're dead fait référence au toast irlandais: "May you be in heaven half an hour... before the devil knows you're dead" (Puisses-tu atteindre le paradis une demi-heure avant que le diable n'apprenne ta mort).
L' atout principal de ce film magistral est un scénario déstructuré qui multiplie les allers-retour narratif, temporalité bousculée par d'incessants changements de points de vue, matérialisés par les variations d'angle des caméras à partir d'une même scène. La réalisation d'une remarquable précision met en valeur les acteurs de ce drame familial aux résonnances bibliques (rivalité d'Abel et Caïn). La tragédie en marche enferme ses protagonistes dont les âmes étouffent sous le poids de la fatalité dans une spirale de violence et de monstruosité implacables. Crime et châtiment sur un ton pessimiste et cynique qui constate, sans juger ses personnages qui rêvent tous d'une vie meilleure, l'individualisme et l'appât du gain au mépris des rapports familiaux et amoureux, 7h58 est d'une noirceur totale et d'une force incroyable, une tragédie grecque puissante où se débat un Philip Seymour Hoffman grandiose dans l'expression de la panique et du désarroi d'un homme incapable d'arrêter la machine infernale qu'il a lui même enclenché sans en mesurer les conséquences funestes.

2 commentaires:

E... a dit…

Trés touchée par l'atmosphere pesante et a la fois si prenante du film.Il nous rend temoin d'une veritable folie douce, un engrenage psycologique terrifiant pour chacun des personnages.
Un drame familial sur fond d'avidité de pouvoir, de passion destructrice, de vanité et de perdition.
Temoignage de la detresse morale que peut infligée notre société actuelle,trés admirablement exposé dans ce film par la subjectivité des cadrages, le coté destructuré du scenario et par le jeux admirable des acteurs.
Un vrai moment de plaisir...(un peu stressant quand meme!!!lol)

dasola a dit…

Très bon Lumet que j'ai enfin vu récemment. J'ai aimé l'achronologie du film. PS Hoffman est très bien. Finney bien que grimaçant est excellent. Rien n'est expliqué sur la raison : "pourquoi avoir choisir la bijouterie familiale". La tragédie est d'autant plus terrible.