27 janv. 2008

James Bond 22

Le titre officiel du 22 ème James Bond réalisé par le suisse Marc Foster (Neverland, A l’ombre de la haine, Stay) vient d’être dévoilé par Sony Pictures : Quantum of Solace. Quantum of Solace est le titre d'une histoire courte du créateur de Bond Ian Fleming publiée dans For your eyes only en 1960.

Ce nouveau film axé sur la vengeance de 007 (Daniel Craig) le conduira en Australie, en Italie et en Amérique du Sud.

Camille (Olga Kurylenko), elle aussi en quête de vengeance, conduira l'agent secret jusqu'à Dominic Greene (Mathieu Amalric), membre d'une mystérieuse organisation et homme d'affaires sans scrupules désirant contrôler une énorme ressource naturelle tout en aidant le général sud-américain Medrano (Joaquin Cosio) à revenir au pouvoir.


L’histoire s’inscrit dans la continuité de Casino Royale : alors que Bond essaie de découvrir les raisons de la trahison de sa bien-aimée Vesper Lynd (Eva Green) tout indique qu’elle a agit de la sorte à cause d’un chantage.


Lors de la conférence de presse a été dévoilée aux journalistes une minute de scènes déjà tournées de ce nouveau film dont l'une montrant 007 suspendu à une corde après l'explosion d'une galerie d'arts à Sienne en Italie ainsi qu’une autre scène montre une entrevue avec M (Judi Dench) dans un paysage enneigé.

Quantum of Solace sera sur les écrans le 07 novembre 2008.

22 janv. 2008

Sweeney Todd / Tim Burton

Après avoir croupi pendant quinze ans en prison, Benjamin Barker s'évade et regagne Londres avec une seule idée en tête : se venger de l'infâme Juge Turpin qui le condamna pour lui ravir sa femme et son bébé. Adoptant le nom de Sweeney Todd, il reprend possession de son échoppe de barbier, située au-dessus de la boulangerie de Mme Lovett…

Pour sa 6ème collaboration avec Johnny Depp Tim Burton adapte la comédie musicale écrite par Stephen Sondheim en 1979 consacré au serial killer de légende Sweeney Todd.
Le résultat : un savoureux musical sanglant à l’image proche du noir et blanc porté par un Depp au sommet de son art.
Dans un Londres époque victorienne aux rues sales et essentiellement peuplé de miséreux, formidablement recréé par Dante Ferretti (le chef déco de Fellini, Coppola, Scorsese), un homme médite sa vengeance. Ses tourments sont exprimés dans de nombreuses chansons qui ne sont pas des apartés musicaux saugrenus mais bien de puissants atouts narratifs pour faire avancer une intrigue résolument pessimiste. Saluons tout d’abord l’énorme investissement des comédiens, Depp et Helena Bonham Carter en tête, absolument crédibles dans les morceaux chantés. De plus Burton a réduit les dialogues pour mettre en avant le jeu expressif de son alter ego exploité à
merveille dans Edward aux mains d’argent ou bien Sleepy Hollow: le regard, les postures, les expressions faciales disent beaucoup mieux que les mots toute la souffrance et la folie de ce personnage monomaniaque, un homme revenu d’entre les morts (la prison où il a été jeté éhontément par le juge Turpin ivre de jalousie pour sa jolie femme) pour exercer sa vengeance. Depp en totale symbiose avec Burton compose admirablement un personnage décalé, marginal, torturé comme ils les affectionnent. La souffrance n’est pas à chercher du côté de l’enfance (Sleepy Hollow, Charlie et la chocolaterie) mais a à voir avec un passé plus proche lié à l’enlèvement d’êtres chers (sa femme et sa fille) par un puissant ivre de concupiscence joué avec délectation par Alan Rickman. L’étrangeté du personnage burtonien transparait dans son look, son apparence (une mèche blanche révélatrice d’un grand chagrin et d’un spleen insondable) et ses attributs monstrueux (bras armés, les rasoirs ont remplacés les ciseaux d’Edward). Personnage de freak pour un film d’horreur britannique d’inspiration Hammer dont l’escalade dans le gore atteint des sommets quand l’étrange commerce du duo infernal Depp/Carter prospère : Monsieur le barbier égorge ses riches victimes que Madame la cuisinière prépare en tourtes. Un montage alterné très dynamique révèle les secrets de ce commerce prospère : sur une musique rythmée, Mr Todd au hachoir, Mme Lovett au fourneau et au service. L’hémoglobine gicle alors abondamment comme dans tout bon film d’horreur qui se respecte : les geysers de sang de Sleepy Hollow contrastant avec la pâleur cadavérique de Depp sont convoqués pour étancher la soif d’une vengeance qui échappe peu à peu à son auteur. L'obsession vire à la folie meurtrière. Les images d’horreur, l’ambiance funèbre sont contrebalancés par des mélodies toniques lors d’échappées romantiques de l’ordre du rêve ou bien par un humour macabre cher au réalisateur de Sleepy Hollow et de Les noces funèbres.
Dans une industrie hollywoodienne dominée par les franchises de super-héros et d’héroic fantasy, Burton impose avec brio (déjà 50M de dollars au box-office US en 1 mois d’exploitation) un musical baroque et sanglant autour d’un tueur en série dans le Londres du XIX ème siècle. Sweeney Todd c’est à la fois dramatique, sanglant, cruel, enivrant et jubilatoire, c’est du grand Burton, le Burton gothique et morbide (Sleepy, Les noces) plein d’affection pour les personnages monstrueux (Edward, Batman) que nous aimons pour sa singularité et son excentricité : l’horreur mâtinée d’humour macabre, l’union originale de la mort et de la fête.

14 janv. 2008

Bug - William Friedkin

Agnès vit seule dans un motel désert. Elle est hantée par le souvenir de son enfant, kidnappé plusieurs années auparavant, et redoute la visite de son ex-mari, Jerry, un homme violent récemment sorti de prison. Dans cet univers coupé du monde, Agnès s'attache peu à peu à un vagabond excentrique, Peter. Leur relation tourne au cauchemar lorsqu'ils découvrent de mystérieux insectes capables de s'introduire sous la peau. Ensemble, ils vont devoir découvrir s'il s'agit d'une folie partagée ou d'un secret d'Etat..

Bug, le nouveau film de William Friedkin, après l'efficace Traqué centré sur un face-à-face tendu et implacable entre Tommy Lee Jones et Benicio del Toro, est adapté d'une pièce de théâtre montée-off Broadway en 2004. L'acteur Michael Shannon, face à une exceptionnelle Ashley Judd, y reprend son rôle d'un homme mystérieux atteint de paranoia délirante.
Très tôt, grâce à une mise en scène d'une grande précision (Friedkin a fait storyboarder l'intégralité du scénario), le réalisateur de l'
Exorciste installe une ambiance anxiogène et claustro autour de son duo enfermé dans un motel à l'abandon, métaphore de leur âme fêlée rongée par les névroses et une paranoïa galopante. Agnès, femme à l'abandon, mère endeuillée, femme battue, devient peu à peu contaminée par l'esprit dérangé de son nouveau compagnon, un soldat déserteur victime d'expérimentations perpétrées en secret par l'armée US. Des insectes contenues dans une poche, grouillante de vies prêtes à se répandre, qui lui aurait été gréfée sous la peau, envahissent bientôt la chambre. Le bug, l'insecte, c'est la folie, le délire qui s'empare de vous. Le bug peut être également perçu comme la métaphore d'une Amérique post 11 septembre repliée sur elle même dont le gouvernement entretient une paranoïa accrue, comme la métaphore du couple fatalement emmené à se déchirer, à s'entredévorer. Le bug c'est aussi ce film dérangeant contant une possession fatale d'un auteur du Nouvel Hollywood (l'Exorciste est l'autre grand film de possédé de Friedkin) dans une industrie hollywoodienne formatée. Friedkin d'une main de maître retouvée y organise la montée en puissance de l'horreur et de la paranoïa qui culminent dans une demi-heure éprouvante et d'une incroyable intensité : convulsions frénétiques, scarifications, arrachage de dents sans anesthésie, enfin transe hallucinée où le verbiage dévastateur des personnages se déverse dans l'espace confiné d'une chambre bientôt dévastée par des flammes infernales, illustration liminale de l'enfer intérieur de ces deux êtres perdus contaminés par un mal-être insurmontable.
Redoutable, inconfortable mais saisissant portrait psychologique de deux êtres contaminés par la folie incarnés par des acteurs remarquables, le
Bug de William Friedkin, aux multiples lectures, laisse chez le spectateur une trace persistante une fois la projection terminée comme une piqûre d'insecte dont a du mal a atténuer les effets.

Sortie en dvd zone 2 le 15/02/08 chez Métropolitan, inclus interview de William Friedkin (28'), making-of (12'), commentaire audio du réalisateur

65ème cérémonie des Golden Globes

La grève des scénaristes perdurant, la 65ème cérémonie des Golden Globes s'est résumée à une conférence de presse d'une trentaine de minutes où fut dévoilé le nom des gagnants dont le magnifique Le scaphandre et le papillon avec 2 prix, l'excellent Daniel Day Lewis pour le prometteur There will be blood et Tim Burton avec son conte musical horrifique Sweeney Todd attendu avec impatience pour le 23/01 en France.
Les Oscars dont les Globes reflètent de manière générale le palmarès risquent de subir le même sort dans six semaines. Le mouvement social a débuté le 05 novembre dernier : les scénaristes grévistes de la Writers Guild of America (WGA) réclament une revalorisation de leurs droits d'auteur prenant en compte les diffusions sur les nouveaux supports (Internet, les baladeurs numériques). Les scénaristes ont été rejoints depuis peu par les acteurs de la Screen Actors Guild (SAG) dont les contrats avec les producteurs de l'Alliance of Motion Picture and Television Producers (AMPTP) viennent à expiration le 30 juin 2008. Conséquence de cette grève l'arrêt de séries en 2008 comme 24 ou Desperate Housewives, le report des nouveaux longs métrages de Ron Howard, Oliver Stone, le licenciement de personnel. Les organisateurs de ces deux cérémonies ont demandé en vain au syndicat des scénaristes de suspendre temporairement leur grève pour l'occasion, les textes des présentations étant rédigés par des auteurs syndiqués.

Le palmarès de la 65ème cérémonie des Golden Globes :

Meilleur film dramatique : Reviens-moi (Atonement)

Meilleure comédie ou film musical :
Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street

Meilleur acteur dramatique : Daniel Day-Lewis dans There Will Be Blood

Meilleur acteur de comédie ou film musical : Johnny Depp dans Sweeney Todd

Meilleure actrice dramatique : Julie Christie dans Loin d'elle (Away from Her)

Meilleure actrice de comédie ou film musical : Marion Cotillard dans La Môme

Meilleur film d'animation : Ratatouille

Meilleur film étranger : Le Scaphandre et le Papillon

Meilleur second rôle masculin : Javier Bardem dans No Country for Old Men

Meilleure second rôle féminin : Cate Blanchett dans I'm Not There

Meilleur réalisateur : Julian Schnabel pour Le Scaphandre et le Papillon

Meilleur scénario : Ethan et Joel Coen pour No Country for Old Men

Meilleure musique originale : Dario Marianelli pour Reviens-moi (Atonement)

Meilleure chanson originale : "Guaranteed" d'Eddie Vedde dans Into the Wild