30 mars 2008

Angles d'attaque/Pete Travis

Salamanque, Espagne. Le Président des Etats-Unis doit prononcer un discours décisif scellant une alliance internationale de lutte contre le terrorisme. Devant des milliers de témoins et les caméras du monde entier, il se fait tirer dessus.
Pour les agents Barnes et Taylor, en charge de sa protection, commence alors une course contre la montre pour trouver et neutraliser les responsables de cet attentat. Parmi tous les témoins présents, huit d’entre eux- chacun avec son point de vue, chacun une pièce du puzzle-vont les aider à découvrir l’incroyable vérité…

Produit par Paul Greengrass, comme l’excellent téléfilm Omagh (2005) sur l’attentat le plus meurtrier du conflit nord-irlandais, Angles d’attaque de Pete Travis adopte le principe du temps réel au cœur de la série 24 comme le Rashomon style qui voit divers points de vue sur un même évènement se succéder pour un suspense constant.

Ainsi sont détaillées quelques heures de la vie de plusieurs personnages réunis au cœur d’un drame, la tentative d’assassinat du Président des Etats-Unis, personnalité souvent malmenée dans le cinéma hollywoodiens comme Dans la ligne de mire ou Un crime dans la tête et dans la série télévisée 24.

Le principe narratif du retour en arrière au cœur de ce long métrage permet d’examiner le point de vue de personnages divers (une journaliste, un touriste américain, un garde du corps, le Président, un terroriste…) sur cet attentat savamment planifié. Le spectateur qui a toujours une longueur d’avance sur les personnages doit démêler les fils d’une intrigue complexe où les coups de théâtre, les révélations sont légions. Chaque flash-back ouvre des perspectives nouvelles sur la compréhension de l’affaire. Les différents points de vue successifs s’enrichissent mutuellement et dessinent un kaléidoscope d’impressions, de théorie qui sont autant de vérités sur cet attentat où les traîtres pullulent et les bons samaritains sont heureusement inspirés.

Gorgé de péripéties parfois invraisemblables, Angles d’attaque assure une tension permanente grâce à ce parti pris narratif relayé par une mise en scène nerveuse particulièrement efficace notamment dans les course-poursuite à pied ou en auto à l’approche réaliste inspirée du travail de Greengrass sur les Jason Bourne. La virtuosité de l’objet cinématographique où brille un casting haut de gamme emmené par Dennis Quaid, Matthew Fox et William Hurt n’empêche pas de déplorer une fin banalement hollywoodienne et un écartement de tout discours politique autour du terrorisme international au profit de l’action et du suspense.

Concis, assez original par sa structure, Angles d’attaque accomplit largement sa mission de divertissement ludique et haletant.

1 commentaire:

E... a dit…

Je suis assez decue du film.
Je l'ai trouvé vraiment lassant.
Le scenario(flash-back, dialogues,developpement de l'action) la facon de filmer (camera subjective, cadrages)et la bande son ne maintiennent pas en haleine.
On est vraiment spectateur, jamais reellement impliqué dans le denouement progressif de l'affaire.D'ailleur quel est il ce denouement...trouver le tireur...dénoncer le terrorisme..deceller une organisation terroriste telle quelle pourrait reellement exister et dont on ne se méfierait pas..ou peu etre essayer de faire un film d'action...ca doit ca..