3 mars 2008

There will be blood / Paul Thomas Anderson

Lorsque Daniel Plainview entend parler d'une petite ville de Californie où l'on dit qu'un océan de pétrole coulerait littéralement du sol, il décide d'aller tenter sa chance et part avec son fils H.W. à Little Boston. Dans cet endroit perdu où chacun lutte pour survivre et où l'unique distraction est l'église animée par le charismatique prêtre Eli Sunday, Plainview et son fils voient le sort leur sourire.Même si le pétrole comble leurs attentes et fait leur fortune, plus rien ne sera comme avant...

Après les superbes Magnolia, film choral débordant de déchirements du cœur et d’amour inspiré par le travail de Robert Altman auquel ce nouveau film est dédié, et Punch-Drunk love, enlevée et délicate comédie romantique avec Adam Sandler et Emily Watson, There will be blood, librement inspiré du roman Pétrole d’Upton Sinclair, s’affirme comme la consécration d’un grand cinéaste Paul Thomas Anderson et la nouvelle démonstration du talent d’un des meilleurs acteurs au monde, Daniel Day Lewis.

There will be blood conte, avec une puissance dramatique et une maîtrise de la mise en scène rare pour un réalisateur aussi jeune (38 ans), la saga étalée sur 30 ans (1898-1927) d’un honnête et pauvre prospecteur de pétrole devenu un magnat despotique rongé par la folie et la paranoïa

Plongée dans le ventre de la terre mais aussi plongée dans la noirceur de l’âme d’un être qui a abandonné peu à peu toute humanité, dont il dit dans une sublime scène nocturne de confession à son frère/aux ténèbres qui ont envahi son cœur et son âme vouloir s’en éloigner par dégoût, pour l’argent et la prospérité. Durant 2h38 absolument passionnantes le récit conte l’irrésistible ascension sociale et la déchéance spirituelle et physique d’un personnage faustien victime d’orgueil et dévoré par la jalousie et la concupiscence. La soif inextinguible de l’or noir qui envahit Daniel le mène à la folie dans une progression dramatique intense qui renvoie au chef d’œuvre de Huston Le trésor de la sierra madre. On pense également au monumental Citizen Kane de Welles où un mogul finit sa vie en reclus dans son manoir et à Aviator de Scorsese, référence d’Anderson pour son premier film Boogie nights, pour ce destin d’un self made man richissime envahi par la folie et la solitude. There will be blood est en effet le portrait âpre et saisissant d’un entrepreneur sans morale et pitié, le destin tragique (dévoré par l’hubris il se coupe du monde des hommes) d’un honnête travailleur marqué par l’idée d’American deam dont il s’empare avec conviction et avidité. Dans ce grand film sur la domination et la possession (les terres, les esprits), Daniel, afin d’étendre son empire vers la mer, achète à un vieux fermier religieux prénommé Abel ses terres fertiles en pétrole pour une misère. Son fils Eli, un jeune pasteur, n’aura de cesse de demander réparation.

Le récit s’articule principalement autour du duel psychologique et physique entre ces deux hommes de spectacle, d’habiles orateurs: Daniel avec la complicité de son fils adoptif se met en scène en père de famille aimant pour amadouer ses clients quand Eli se livre à des prêches enflammés pour convertir son auditoire à la parole divine ou bien à des exorcismes impressionnants pour frapper les consciences. Combat du capitalisme contre la foi livrés par deux hommes qu’à priori tout oppose mais qui sont réunis par une grande ambition, démesurée pour Daniel, plus modérée pour Eli qui prêche finalement pour sa propre paroisse et par un art consommé de la manipulation des esprits. Ces deux personnages sont à la fois évidents et surprenants en dévoilant des failles qu’ils savent vite refermer: de la tendresse envers son fils pour Daniel, un penchant pécunier pour Eli. Cet affrontement implacable étalé sur quinze ans se clôt dans une scène sidérante où l’absurde se mêle au tragique dans un tourbillon de mots et de violence.

Ce duel entre deux possédés, l’un par la fièvre de l’or noir, l’autre par la parole divine, mus par un intense désir de conquête de la terre et des esprits, met face à face le prodigieux Daniel Day Lewis justement oscarisé pour cet énorme rôle méphistophélique dont il rend toute la folie et la fièvre par un simple regard et le jeune acteur Paul Dano, vu dans Little Miss Sunshine, très bon dans l’expression de la duplicité.

Le nouveau film de P.T Anderson envoûte par sa mise en scène totalement maîtrisée qui abandonne les plans-séquences démonstratifs du scorsesien Boogie nights, le rythme effréné de certaines séquences saturées de grands mouvements de caméra et de musique du film choral Magnolia et les personnages lunaires et romantiques de Punch-Drunk Love pour de courts travellings hypnotiques et un cadre brut qui donne à voir des paysages physiques et mentaux arides et torturés dont la musique dissonante de Johhny Greenwood dessine un contrepoint tout à fait saisissant. Anderson réussit dans There will be blood de grands moments de cinéma spectaculaires et intimistes : la majestueuse ouverture sans paroles dont la bande-son est composé de respirations et de la musique expérimentale de Greenwood et qui voit évoluer Daniel du ventre de la terre (passage stupéfiant de l’organique à l’aérien, de l’ombre à la lumière) aux grands espaces de l’Ouest américain, filmés magnifiquement par Anderson après les Coen dans No country for old men dans un hommage au western comme à Géant, l’incendie aux accents d’apocalypse d’un derrick, les nombreuses confrontations implacables et intenses de Daniel et d’Eli sans oublier la scène cruelle, terrible, poignante de l’abandon du fils.

There will be blood est un diamant noir, un chef d’oeuvre d’une puissance dramatique, d’une beauté visuelle et sonore impressionnantes qui témoignent de la suprématie incontestable du cinéma hollywoodien pour mêler l’épique et l’intimiste dans un sujet fort réalisé avec maestria et interprété avec génie.

4 commentaires:

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