2 avr. 2008

Disco/Fabien Onteniente

Endetté jusqu'au cou dans une affaire de water bed, Didier Travolta, 40 ans, vit au Havre dans le quartier populaire du Grand Large chez sa maman : Madame Graindorge. Il reçoit une lettre de la mère de son fils Brian, 8 ans, qui vit en Angleterre, lui signifiant qu'il ne pourra pas recevoir le petit cette année s'il n'est pas capable de lui payer des vacances, des vraies vacances, c'est à dire loin des Docks, des PMU et des grandes surfaces. Ayant appris la réouverture du mythique Gin Fizz et le lancement de la "Gin Fizz Academy" dont le premier prix est un voyage de deux semaines pour deux personnes en Australie, Didier Travolta décide alors de rechausser les boots et de reformer son trio de danse, celui qui faisait mal dans les années 80 dans la région du Havre : les BEE KINGS. Mais les années ont passé. Les BEE KINGS sont rouillés. Son passeport pour le succès s'appelle France Navarre de retour de New York, professeur de danse classique.

Surfant sur le succès de Camping et du revival de la musique disco, Fabien Onteniente et Franck Dubosc ont collaboré à l’écriture de leur second film en commun, Disco.
Cette comédie populaire reprend les ingrédients de Camping : opposition schématique entre classe populaire et bourgeoisie, humour axé sur le côté ringard et beauf du personnage de Dubosc, louche de bons sentiments. Tout en empruntant à La fièvre du samedi soir son univers à paillettes et ses habits de lumière et à Full monty son postulat social de départ (remporter assez d’argent dans un concours pour offrir une vie meilleure à son entourage), Disco comme Camping utilise comme dispositif comique le personnage de français moyen au grand cœur incarné par Dubosc (Patrick Chirac/Didier Travolta) qu’il oppose de manière manichéenne à la France d’en haut (Gérard Lanvin/la famille de Béart) pour en révéler toute la simplicité généreuse et l’honnêteté indiscutable. A l’image de leur première collaboration le résultat oscille entre le ridicule et le grotesque. De l’écriture des personnages secondaires caricaturaux et sans relief comme ceux incarnés par un François-Xavier Demaison insupportable et un Samuel le Bihan monolithique aux situations comiques laborieuses en passant par l’histoire d’amour improbable entre le personnage ringard de Dubosc et celui de la belle Emmanuelle Béart dont on se demande ce qu’elle est venu faire dans cette galère, Disco est à l’image de Camping : une comédie formatée lourde et caricaturale. Tenues vestimentaires improbables, blagues lourdes, pose machiste, Dubosc en fait des tonnes dans le registre du séducteur ringard déjà rodé dans ses shows comiques. Résultat : on rit plus souvent à ses dépends qu’avec lui. Son personnage de gentil naïf lunaire se révèle également inopérant dans le registre de l’émotion, forcée et guidée de manière grossière. Au lieu de recentrer son intrigue sur les tribulations de la team Travolta Onteniente se perd dans des situations à visée émotionnelle d’un ridicule consommé où Dubosc est confronté à la famille aisée de Béart (la déclaration d’amour dans la somptueuse demeure des parents de Béart, l’humiliation par Demaison lors d’un anniversaire guindé). Malgré les prouesses acrobatiques des comédiens à l’aise sur les dance-floors, Disco se révèle un ratage impressionnant caractérisé par l’inefficacité des situations comiques et dramatiques imaginées par le tandem Dubosc/Onteniente dont l’acharnement à toucher le grand public se manifeste jusqu’au placement abusif de marques bon marché.
A cette approche caricaturale et grossière de la comédie préférer la vision généreuse et chaleureuse de Danny Boon et de ses Ch’tis actuellement en vogue vers un succès historique mérité.

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