31 mai 2008

The Dark Knight / Christopher Nolan

La nouvelle bande-annonce de The Dark Knight est à visionner ici
un Bruce Wayne en introspection, des freaks psychotiques (en plus du Joker Batman sera opposé à Harvey Dent-Double Face dont un plan furtif nous dévoile l'aspect monstrueux 1'52), de l'action explosive dans un Gotham City en pleine déliquescence... le programme que nous a concocté Christopher Nolan dans cette nouvelle aventure du Dark Knight est particulièrement excitant
Sortie française le 13 août

26 mai 2008

61ème festival de Cannes

Voici mes photos de ce 61ème festival de Cannes de bonne tenue marqué par la Palme d'Or méritée pour le formidable Entre ses murs de Laurent Cantet.
Je me félicite du Grand Prix du jury pour l'engagé Gomorra, un portrait au vitriol et sans concessions de la Mafia napolitaine, du prix du scénario attribué aux frères Dardenne pour leur intense Le silence de Lorna, de l'honneur fait à ce grand monsieur qu'est Clint Eastwood pour l'ensemble de son oeuvre et particulièrement L'échange en compétition via le prix du 61ème Festival de Cannes récompensant également le talent d'une grande actrice du cinéma français Catherine Deneuve sans oublier le prix d'interprétation pour Benicio Del Toro présent dans le Che de Steven Soderbergh que je n'ai malheureusement pas pu voir mais dont j'imagine la force, ce formidable acteur (Traffic, 21 Grammes) menant la révolution.
Lundi 19 avait lieu dans le Palais des festivals l'hommage au réalisateur portugais Manoel De Olivieira (Val Abraham, Le couvent, Belle toujours). Le plus jeune réalisateur au monde en activité (100ans!) comme il s'amuse avec malice à se définir a reçu des mains de son ami Michel Piccoli qui lui a offert son plus beau succès public avec Je rentre à la maison (2001) une Palme d'Or.
Devant des invités de marque (Clint Eastwood, Walter Salles, Sean Penn et son jury) il a remercié avec humour et émotion ses amis, les spectateurs, le cinéma "avec qui il a grandi et qui l'a fait grandir". Pour conclure cet hommage réussi le festival a projeté son premier court-métrage Douro Faina Fluvial, documentaire muet consacré à l'activité des ouvriers sur les rives du Douro, tourné en 1931 et salué par la critique internationale.



Présentation en séance spéciale Lundi 19 de Une histoire italienne de Marco Tullio Giordana avec toute l'équipe du film.
Instantané avant et à l'issue de cette projection bien accueillie de la part des nombreux spectateurs présents au Théâtre Debussy pour approcher la star Monica Bellucci.









L'évènement de cette 61ème édition reste la montée des marches de l'équipe d'Indiana Jones et le royaume du
crâne de cristal, le tant attendu quatrième volet des aventures d'Indiana Jones présenté hors compétition Dimanche 18.









Photos de l'acteur Harrison Ford, du réalisateur Steven Spielberg, et du producteur Frank Marshall

Palme d'Or du 61ème festival de Cannes : Entre les murs/Laurent Cantet

Le jury du 61ème festival de Cannes présidé par Sean Penn a décerné il y a quelques heures la Palme d’Or à Entre ses murs de Laurent Cantet.

Ce film très juste sur l’enseignement est adapté du roman éponyme autobiographique de François Bégaudeau qui interprète ici, comme dans une vie passée, un professeur de lettres en collège de ZEP à Paris.

Ovationné pendant 20 minutes à la projection cannoise de 16h de samedi dernier, Entre les murs a patienté plus longtemps que les deux autres films français (Un conte de Noël, d'Arnaud Desplechin, et La Frontière de l'aube, de Philippe Garrel) avant d’être admis dans la compétition le 30 avril.

Entre documentaire et fiction Entre les murs est le récit drôle, grave, profond, très touchant d'une année scolaire vue à travers les cours de français d'une classe de quatrième d'un collège parisien.
Quelque part entre l’Esquive pour le travail sur le langage des adolescents de la France d’aujourd’hui et Etre et avoir pour les mises en situation réalistes d’enseignement dans une salle de classe, le film de Laurent Cantet se veut en prise directe avec la réalité contemporaine. Lors de discours de remerciement Cantet a précisé que « le film devait ressembler à la société tout entière, il devait être multiple, foisonnant, complexe... ».

En amont du tournage l’équipe de production a monté un atelier d’improvisation au collège Dolto à Paris où étaient invités tous les élèves de quatrième et de troisième ainsi que les professeurs afin de réfléchir au propos du film. Le processus de sélection achevée, les jeunes ont retrouvé François Bégaudeau dans le rôle de l’enseignant. Le choix de Bégaudeau comme celui des jeunes élèves recrutés sur le lieu de tournage était garant d’authenticité.
En effet les situations de cours tour à tour drôles et tendues mettant face à face l’enseignant et ses élèves aux caractères bien trempés, les réunions avec les parents d’élèves, le conseil de classe, les moments de vie entre professeurs captés en temps de pause sonnent d’une justesse incroyable.
Bégaudeau est d’une sobriété exemplaire dans la peau d’un professeur calme et compréhensif qui n’est toutefois pas infaillible (l’emploi d’un mot péjoratif concernant l’attitude d’un élève entraîne dans la classe une cascade de micro évènements dramatique), un travailleur humble et passionné loin de l’image idéalisée de l’enseignant renvoyée par beaucoup de films hollywoodiens (Le cercle des poètes disparus, Esprits rebelles et autres Ecrire pour exister). Le personnage de François se bat chaque jour pour faire régner la discipline et permettre l’acquisition des connaissances dans l’optique de donner à chacun sa chance de s’exprimer et de réussir. Il accorde de l’attention à chacun, prêt à valoriser le travail de tous ses élèves même les plus turbulents. L’égalité des chances est un beau programme, le film montre la difficulté d’appliquer dans un milieu dit sensible cette profession de foi de l’Education nationale.
Adepte parfois d’une ironie mordante il tente d’instaurer un dialogue avec ces jeunes qui oppose à son étude d’une langue complexe par l’utilisation de certains de ses composantes jugées inutiles et obsolètes (l’emploi du subjonctif par exemple) le langage de la rue plus vivant mélange de verlan, d’anglicisme et de références personnelles. Le film illustre la tentative acharnée de combler le fossé culturel, langagier, identitaire qui sépare le professeur (l’adulte, l’ordre) de ses élèves.

Véritable microcosme avec ces individus aux caractères différents (le rebelle, l’appliquée, la bavarde…) la classe est une caisse de résonance à toutes les interrogations et problématiques que la société affronte quotidiennement : question de l’identité nationale, du repli communautaire, du rapport au savoir et à la connaissance mais aussi au pouvoir et à l’ordre social sans oublier l’expulsion de sans papiers. Et à travers les incivilités de certains qui conduisent à l’expulsion se pose la question du rôle de l’école : transmettre la savoir mais aussi éduquer et prévenir pour éviter d’en arriver à la sanction punitive. Le tempérament de François, mélange de fermeté et de diplomatie, d’écoute attentive et de prise de parole convaincue révèle de hautes qualités humaines qui en font un professeur précieux.

Stimulant, émouvant Entre les murs provoque également le rire à maintes reprises avec les réparties et les réflexions cocasses et désarmantes des élèves à l’image de la scène tordante de l’étude de l’emploi du subjonctif imparfait.

Filmé en HD avec trois caméras, l’une sur François qui distribue la parole, l’une sur l’élève qui répond et l’autre à la recherche de réactions diverses (ennui, rires, agitation nerveuse) autour d’un scénario écrit qui laissait forcément, vu le naturel et la fraîcheur des jeunes et la maîtrise du rôle par Bégaudeau, une large part à l’improvisation, Entre les murs a une approche réaliste comme une progression dramatique rigoureuse.
En effet le récit n’est pas une simple succession de séances de cour et de moments extrascolaires intra muros mais bien une histoire complexe entre un adulte et ses jeunes élèves avec ses moments comiques (complicité, partage) comme ses passages plus dramatiques (doute, incompréhension, rejet). Le récit relate dans son dernier tiers l’effritement des relations entre l’enseignant et certains élèves qui se montraient de plus en plus réceptifs à son discours. Est montré avec désolation l’impact d’un mot prononcé sans aménité en conseil de classe par François au sujet d’un élève turbulent (« scolairement attardé »): répété en cours par une délégué, il provoque un enchaînement de micro évènements qui conduisent malgré la volonté de l’enseignant à l’expulsion définitive d’un élève. La tension culmine avec le conseil de discipline où François est quelque peu désemparé et amer face aux graves conséquences qu’implique pour l’élève un tel jugement.

Par le prisme de l’école (publique et laïque précisons-le), Entre les murs en dit long sur la société française et ses acteurs de générations, milieux sociaux et religions différents. Il répond tout à fait à l'exigence formulée par Sean Penn au moment de l'ouverture de ce 61e Festival de Cannes : "Il faudra que le réalisateur ou la réalisatrice de ce film se soit révélé très conscient du monde qui l'entoure."

Après le sublime Half Nelson (Ryan Fleck, 2007) voici un autre grand film sur l’école, une Palme d’or méritée qui fait du bien tout en faisant réfléchir grâce au naturel de ces jeunes très attachants et de leur professeur très humain joué avec sobriété par François Bégaudeau qu’enregistre simplement et efficacement Laurent Cantet.

25 mai 2008

Palmarès du 61ème festival de Cannes

Le palmarès du 61ème festival de Cannes présidé par Sean Penn

Palme d’Or : Entre Les Murs de Laurent Cantet

Grand Prix : Gomorra de Matteo Garrone

Prix du 61ème Festival de Cannes : Catherine Deneuve pour Un Conte De Noël d'Arnaud Desplechin et Clint Eastwood pour L'échange

Prix du jury : Il Divo de Paolo Sorrentino

Prix d’interprétation féminine : Sandra Corveloni dans Linha De Passe de Walter Salles et Daniel Thomas

Prix d’interprétation masculine : Benicio Del Toro dans Che de Steven Soderbergh

Prix de la mise en scène : Les Trois Singes de Nuri Bilge Ceylan

Prix du meilleur scénario : Jean-pierre Dardenne et Luc Dardenne pour Le Silence De Lorna

Caméra D’or : Hunger de Steve Mcqueen présenté dans la section Un Certain Regard
Mention Spéciale : Everybody Dies But Me de Valeria Gaia Germanica, présenté à la semaine de la Critique

Palme d’or du court-métrage : Megatron de Marian Crisan

Retrouvez demain la critique de cette première Palme d’Or française, 21 ans après celle obtenue par Maurice Pialat pour Sous le soleil de Satan, le formidable Entre les murs de Laurent Cantet.

61ème festival de Cannes

Jeudi 22 & Vendredi 23 mai 08


*My magic d’Eric Khoo-Compétition officielle

Avec cette histoire touchante d’un père de famille alcoolique, en quête de rédemption, qui est prêt à mettre en danger sa vie en renouant avec son ancien métier de fakir, le singapourien Erik Koo parvient en un temps restreint (1h15) à provoquer d’intenses émotions.

Tourné en seulement 9 jours, My Magic, en mariant réalisme brut (les performances de plus en plus dangereuses) et poésie lyrique (les tours de magie exécutés en famille), traite avec une incroyable densité pour un film aussi modeste de sujets forts comme le pardon, le sacrifice, le respect avec humilité, simplicité et tendresse. Acquérir le respect de l’autre avec un esprit combatif, révéler et accepter une vérité douloureuse, pardonner bref apprendre à se connaître et à s’aimer tel est le cheminement personnel de ce formidable duo père-fils soudé comme jamais au terme de cette belle découverte de cette compétition officielle qui mériterait un Prix du Jury. Interprété par l’imposant Francis Bosco dans son propre rôle de fakir, illustré musicalement par le fils âgé de seulement 10 ans d’Eric Khoo (le plus jeune compositeur de l’histoire du Festival de Cannes) ce film magique est une affaire de famille, une histoire d’amour filial très recommandable à la petite musique douce et bouleversante.

*Parking de Chung Mong-Hong-Un certain regard

Premier film de fiction pour Chung Mong-Hong, Parking se déroule à Taipei le temps d’une nuit où un homme, parti pour renouer avec sa femme, se voit contraint suite à un problème automobile d’aider plusieurs habitants d’un même immeuble.

Avec l’histoire tragi-comique de cet homme qui ne peut rentrer chez lui (sa voiture est successivement bloquée par plusieurs véhicules, un running gag assez savoureux) et rencontre au cours d’une folle nuit plusieurs personnages qui vont faire évoluer sa vision de la vie (une prostituée qui voudrait décrocher, un barbier manchot, un tailleur aux prises avec la mafia locale, un couple de personnes âgées qui attend le retour de leur fils décédé), Parking lorgne du côté du survolté After Hours de Martin Scorsese. Ce long métrage asiatique varie les tons, de la comédie cocasse au drame familial en passant par le film de gangster, pour un résultat plaisant qui n’est pas sans baisses de rythme, liées aux références maladroites au passé des protagonistes en flash-back trop étirés, mais qui doit beaucoup de son capital sympathie au charisme de son acteur principal, la star taïwanaise Chang Chen à l’affiche l’an passé de Souffle de Kim Ki-duk et bientôt à l’affiche du nouveau John Woo, Red Cliff.

*The Pleasure of Being Robbed de Josh Sashdie-La Quinzaine des réalisateurs

The pleasure of being robbed raconte, avec une drôlerie et une liberté narrative et filmique assez réjouissantes, les quatre cents coups d’une jeune cleptomane perdue dans le New Jersey.

Il compense son manque de moyens financiers (pellicule sale, plans urbains manifestement volés) par de bonnes situations comiques : d’un cours de conduite dont le morceau de bravoure est le trajet New-Jersey/Boston à une visite au zoo menottes aux poignets, Josh Sashie multiplie les idées décalées autour de son héroïne marginale très énergique pour qui il a une vraie tendresse. En effet le personnage d’Eléonore est inspiré de son amie intime. Fait avec des bouts de ficelle de manière intuitive, The pleasure of being robbed, malgré une certaine propension à étirer des scènes, le défaut du premier film fauché qui est à la base une bonne idée de court-métrage, révèle un jeune metteur en scène américain à suivre qui cite aussi bien Jim Jarmusch que Robert Bresson en références avec cette histoire de pickpocket excentrique décidée à mettre de la joie et de la poésie dans un quotidien précaire.

61ème festival de Cannes

61ème festival de Cannes

Mercredi 21 Mai


*La femme sans tête de Lucrecia Martel-Compétition officielle

Une femme perd le contrôle de sa voiture et heurte quelque chose. Malgré la présence du cadavre d’un chien sur le bas côté elle est persuadée d’avoir tué quelqu’un.

Grosse interrogation quant à la présence de ce film de la réalisatrice argentine qui a déjà eu les honneurs de la compétition en 2004 avec La Nina Santa : personnage principal neurasthénique dont les réactions, le comportement sont incompréhensibles, absence de récit et donc de scènes qui mobilisent l’attention complètement perdue dans cette ambiance cotonneuse où les troubles de personnalité, jamais expliqués ni élucidés, de l’héroïne constituent le moteur d’une fiction qui aura eu raison de la patience du festivalier, moins indulgent aux 2/3 de la manifestation.


*Surveillance de Jennifer Lynch-Hors compétition

Deux agents du FBI arrivent dans une petite ville perdue pour enquêter sur une série de meurtres. Ils retrouvent sur place trois témoins : un policier à la gâchette facile, une junkie complètement déconnectée et une petite fille de huit ans encore sous le choc. Au cours des interrogatoires, les agents découvrent rapidement que les témoins donnent chacun une version différente des faits, dissimulant manifestement une partie de la vérité.

Principe du Rashomon style pour cette deuxième réalisation de la fille de David Lynch interprétée par Bill Pullman et Julia Ormond, présentée hors compétition en séance de minuit: 3 points de vue sur un évènement sanglant.

Jennifer Lynch est adepte comme son illustre père de l’étrange dans un quotidien normal (comportements et attitudes bizarres des personnages de flics) et du détail sanglant.

Policier très violent à l’humour noir avec de nombreuses situations surréalistes où l’on passe du rire à la peur l’instant d’après et des dialogues tarantinesques Surveillance est à réservé aux amateurs du genre : entre Tueurs nés et Usual Suspects il cultive l’outrance et les faux semblants pour un résultat qui oscille entre le grotesque et le glaçant.


*Wendy and Lucy de Kelly Reichardt-Un certain regard

Joli petit film indépendant américain porté par la formidable Michelle Williams.

Les pérégrinations d’une jeune femme précaire et de son chien en stand-by dans une petite ville de l’Oregon avant de prendre le large vers l’Alaska, terre de promesse d’emploi.

Portrait sensible de l’Amérique profonde où Wendy fait l’expérience de la cruauté (sur l’avis d’un employé de son âge arrestation dans un centre commercial pour vol à l’étalage afin de nourrir son chien), de la générosité (un vieux veilleur de nuit l’aide moralement et financièrement à retrouver son chien), du désespoir (voiture en rade), Wendy and Lucy doit beaucoup au talent de son interprète principale, petit bout de femme dont le parcours contrarié par les tracas de la vie est vraiment touchant.

23 mai 2008

61ème festival de Cannes

Mardi 20 Mai-Compétition officielle

*The Changeling (L’échange) de Clint Eastwood

Adaptée d’un fait divers survenu dans les années 20, L’échange relate une histoire incroyable. Quelques mois après l’enlèvement de son fils, une mère célibataire se voit rendu son enfant par la police. Mais elle assure aux autorités qu’il ne s’agit pas du sien.
A bientôt 80 ans, Clint Eastwood revient, après un formidable dyptique sur la bataille d’Iwo Jima, à un genre policier qu’il a si bien abordé dans Un monde parfait ou Mystic River.
Comme dans ce dernier film interprété par l’oscarisé Sean Penn il est question de la perte d’un enfant, un sujet proche des films réalisés par Penn ce qui en fait outre ses grandes qualités dramaturgiques et visuelles un candidat sérieux à la Palme.
De forme classique, L’échange sidère par la précision de sa mise en scène (pas un plan à jeter), la beauté de la photographie qui travaille le motif du clair-obscur, ses nombreux thèmes déjà présent dans une filmographie passionnante propices à la réflexion (la perte d’un être cher, le poids et la valeur de la justice des hommes, la peine de mort, le Mal qui gouverne certains êtres) et son interprète principale, Angelina Jolie, que l’on n’avait pas vu aussi convaincante depuis Une vie volée.
Polar poisseux, drame familial, film de procès, L’échange est la somme réussie de tous ces genres regroupés dans une histoire humaine universelle : le portrait bouleversant d’une mère courage qui attend le retour de son fils disparu. Angelina Jolie est particulièrement juste et délivre de beaux moments d’émotion à la fin du récit. En lutte contre une police corrompue qui ne veut pas admettre son erreur (question d’image à sauvegarder à n’importe quel prix) son personnage reste digne tout le long de ce parcours de ce combat titanesque, une recherche de vérité parsemée d’embûches où l’espoir permet de tenir, et de cette attente intolérable que vit également le spectateur en profonde empathie pour ce nouveau personnage de femme forte qu’Eastwood met au centre d’un long métrage après la boxeuse de Million Dollar Baby. Grand film politique également avec une critique de l’institution policière qui broie la liberté et les droits des citoyens, pratique les exécutions punitives avec la complicité du corps médical, ce nouveau film d’Eastwood situé dans le passé renvoie un visage de l’Amérique d’aujourd’hui et appelle via le personnage d’Angelina Jolie à pratiquer la résistance et à garder intacte sa capacité d’indignation et de révolte contre les injustices de toutes sortes.
De plus la reconstitution des années 20 tant au niveau des décors que des costumes impressionne par sa qualité plastique.
L’échange est un film souvent dur mais très fort, remarquablement mis en scène par un maître qui n’a plus rien à prouver sinon qu’il a sa place parmi les plus grands palmés aux côtés de Scorsese, Coppola, une place qu’il mérite amplement au regard de l’ambition scénaristique et de l’ampleur d’une mise en scène qui écrasent la grande majorité de la concurrence de cette 61ème édition.

Sortie le 04 février 2009



*Delta de Kornel Mundruczo

Ancien résident de la Cinéfondation en 2003 et présent en 2005 dans la section Un certain regard avec Johnna, le hongrois Kornel Mundruczo a les honneurs de la compétition avec cette histoire inspirée d’Electre comme d’Hamlet d’un jeune homme taciturne de retour dans son village natal pour constater son amour immodéré pour sa sœur qu’il n’a presque pas connue et les zones d’ombre autour de la mort de son père.
Delta a les défauts de nombre de films de jeunes auteurs indépendants : longs plans contemplatifs, personnages mutiques (psychologie plus que sommaire), scénario erratique.
L’enjeu du film plus que de proposer une progression dramatique rigoureuse entre révélations et menaces est l’inscription sensualiste des personnages dans une nature accueillante (vs les villageois rustres et belliqueux) : la construction d’une maison sur pilotis occupe nombre de scènes redondantes consacrées au gros œuvre (un ballet de clous enfoncés!!).
Mis à part une belle photographie, Delta s’avère très ennuyeux à l’image de l’ectoplasmique premier rôle masculin en s’enfermant dans une atmosphère cotonneuse à l’image de la vie que les frères et sœurs se construisent aux abords du delta du Danube. Sa partenaire parvient quant à elle à imposer avec admirable économie de moyens toute une gamme d’émotions diverses ce qui rend les dix dernières minutes particulièrement éprouvantes.

21 mai 2008

61ème festival de Cannes

Lundi 19 Mai

*Le silence de Lorna de Jean-Pierre et Luc Dardenne-Compétition officielle

Avec cette histoire située à Liège d’une jeune femme d’origine albanaise, Lorna, empêtrée dans une affaire de mariage blanc qui va la dépasser les frères Dardenne sont de retour sur la Croisette auréolés d’une double Palme d’or (Rosetta, 1999 et L’enfant, 2005).
Avec ce nouveau film social ancré sur leurs terres wallonnes, les Dardenne reprennent les ingrédients qui ont fait l’intérêt de leurs précédents métrages : réalisme âpre, dramaturgie maîtrisée, direction d’acteurs irréprochable. Si on ne retrouve pas néanmoins le sentiment d’urgence et les mouvements fiévreux dans le cadre de Le fils ou L’enfant dus à l’abandon de la caméra à l’épaule, le scénario ménage son lot de scènes dramatiques tendues et s’articule autour d’un personnage féminin suffisamment riche pour saluer la qualité de ce nouvel opus.
La mise en scène au service des comédiens capte une fois de plus magnifiquement les différents émotions des interprètes, Jérémie Rénier émouvant de fragilité en junkie en passe de décrocher et Arta Dobroshi dans un rôle complexe d’épouse en pleine crise de conscience évoluant de la froideur à l’affection au fil d’un récit qui emprunte autant au réalisme social avec sujet de société qu’au film policier avec ce beau portrait de femme en lutte pour sa survie.
Les Dardenne ont encore frappé très fort et juste avec leur cinéma réaliste et humain.

*Une histoire italienne de Marco Tullio Giordana

Le nouveau film du réalisateur italien de Nos meilleures années, Sanguepazo, présenté en séance spéciale, est basé sur l’histoire vraie de deux stars du cinéma transalpin incarnées par Monica Bellucci et Lucas Zingaretti retrouvées mortes quelques jours après la Libération en 1945. Exécutées par les partisans le couple faisait partie des acteurs de premier plan du cinéma des "téléphones blancs" que le régime fasciste avait voulu encourager.
Si le projet ne manque pas d’ambition, l’histoire d’amour d’un couple d’acteurs pris dans la tourmente de la guerre, force est de constater la distanciation qu’impose cette fresque romantico-historique pas assez lyrique ni incarnée. Bellucci, très sensuelle, a un rôle d’icône (une star de cinéma) dont elle a du mal à se défaire. Beauté glacée trop lisse pour émouvoir, comédien grimaçant, Bellucci et Zingaretti incarne un couple iconoclaste d’artistes assez hystérique et borderline (lui est accro à la drogue, elle aime 2 hommes) dont on peine à s’intéresser à leur destin. La faute à la fadeur du deuxième rôle masculin, cette seconde histoire d’amour n’est pas très crédible. De plus la toile de fond historique n’a pas assez de relief pour imposer un quelconque danger ou tension dramatique.
Hormis quelques scènes sulfureuses de querelle domestique pas grand-chose de bien passionnant dans cette histoire italienne désincarnée suivie avec détachement.

*Versailles de Pierre Schoeller-Un Certain Regard

Premier film touchant de Pierre Schoeller en compétition pour la Caméra d’or, Versailles raconte l’errance de Nina, une jeune femme sans abri et de son fils Enzo, 5 ans. Leur périple les conduit dans les bois près du château de Versailles où ils font la rencontre d’un homme, Damien, vivant dans une cabane à qui Nina confie contre son gré sa progéniture le temps de chercher un travail.
La relation intense entre ces deux hommes sauvages et renfermés faite de méfiance puis d’affection constitue la colonne vertébrale de ce premier film qui évite le misérabilisme et le pathos pour délivrer un message de solidarité et d’amour. Deux solitudes s’apprivoisent et font faire un bout de chemin ensemble. Simple et bouleversant à l’image de ses deux acteurs, Guillaume Depardieu et son jeune partenaire Max Baissette de Malglaive, absolument prodigieux tous deux. La force de ce duo rappelle celui du sublime Un monde parfait de Clint Eastwood. A découvrir en salles le 13 août.

20 mai 2008

61ème festival de Cannes

Le Festival de Cannes a débuté le 14 mai. Boulevard du cinéma est sur la Croisette depuis samedi dernier. Retrouvez durant cette semaine mon compte-rendu de ce 61ème festival.
A suivre mon avis sur Le silence de Lorna des frères Dardenne, en lice pour une troisième Palme d'or, L'échange de Clint Eastwood, le magistral dernier opus du maître, Une histoire italienne avec Monica Bellucci présenté en séance spéciale et l'hommage à Manuel de Olivieira.


Samedi 17 Mai-Cannes Classics

Le festival de Cannes permet outre de voir des films de tous horizons en compétition officielle et dans les sections parallèles, en avant-première mondiale, de redécouvrir des longs-métrages qui ont fait l’histoire du cinéma en copies restaurées.
Cette année les festivaliers ont pu assisté à la projection en copie neuve du chef d’œuvre de Max Ophuls, Lola Montès. Réalisé en 1955 Lola Montès est le dernier film de son auteur, en couleur. Echec commercial à sa sortie, cette histoire de la vie scandaleuse de la comtesse de Landsfeld dite Lola Montès a subi de nombreux remontages. Ainsi il existe 3 versions de ce film jugé trop scandaleux : la version originale de 1955, celle de 1956 où les dialogues allemands sont remplacés par des voix françaises postsynchronisées et enfin la version de 1957 où l’histoire est racontée de manière chronologique avec une voix off sans l’aval d’Ophuls. La Cinémathèque française et les Films du Jeudi, avec l’aide de Marcel Ophuls, ont restauré le montage initial de Lola Montès avec couleurs (procédé Eastmancolor), son stéréophonique et format d’origine en Cinémascope. La copie sublime permet d’apprécier à sa juste mesure ce beau mélodrame sur la cruauté et l’indécence de spectacles qui puisent leur matière première dans les scandales.
Si les couleurs éclatantes, les décors chargés et les costumes flamboyants sont d’un autre âge Lola Montès conserve un côté intemporel par son sujet fort autour d’une industrie du spectacle prompte à s’emparer des destins incroyables, à récupérer de vieilles gloires pour faire un spectacle divertissant de leurs amours, de leurs réussites et de leurs déchéances. Ainsi la femme libre amoureuse qu’était Lola Montès courtisée par les plus grands, épisodes amoureux racontées en flash-back, est condamnée par l’exil à revivre chaque soir sa vie dans un numéro de cirque pathétique. Grandeur et décadence d’une femme hors du commun Lola Montès s’achève par un travelling arrière magistral laissant la baronne exposée dans une cage, telle une freak, à la vue d’une foule masculine désireuse de toucher moyennant finances celle que des hommes de pouvoir comme le roi de Bavière (épisode central durécit) se sont disputés la beauté, la fougue et la liberté.

Dimanche 18 Mai-Compétition officielle

Outre la projection tant attendue d’Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal, en présence de l’équipe du film menée par Steven Spielberg et Harrison Ford, dont nous vous parlerons bientôt, la journée était marquée par deux films en compétition pour la Palme d’Or.

*Avec Gomorra de Matteo Garrone l’Italie fait son retour en compétition officielle deux ans après Le caïman de Nanni Moretti.
Adapté du best-seller éponyme de Roberto Saviano Gomorra est une radiographie sans concession de la Comorra, la mafia napolitaine. Ce sujet politique brûlant aborde, avec une approche très documentée inspirée par le néo-réalisme italien, la réalité dangereuse d’une organisation tentaculaire. Lumière naturelle, absence de musique, acteurs non professionnels, décors authentiques à quelques centaines de kilomètres de Rome : Gomorra est portée par une exigence documentaire pour approcher une réalité violente où l’ennemi n’est pas toujours identifiable. Le film explore les différents trafics (textiles contrefaits, drogue, armes, déchets toxiques) comme les rivalités de clans qui touchent tous les personnages du film. Le récit est articulé autour de cinq histoires dans cinq lieux de la région de Naples soit cinq thématiques pour illustrer la complexité de cette mafia napolitaine. Cette recherche de réalisme s’accompagne d’une tension dramatique constante autour des divers personnages en proie aux passions humaines (envie, convoitise, colère), motivés par un fort instinct de survie ou bien d’échapper à cette spirale de violence. Le danger est omniprésent, la mort rôde à chaque instant et les éclairs d’une violence sèche et brute font très mal.
Produit par la RAI, Gomorra séduit par son absence d’artifices stylistiques, son aspect documentaire qui n’est pas incompatible avec une dramatisation des parcours de ses personnages multiples d’une grande humanité dans l’ensemble et son propos politique d’une actualité brûlante. Le générique final rappelle que la Comorra c’est 3 morts par jour, des déchets toxiques plus haut que l’Everest et des activités illégales convertis en activités légales comme la reconstruction des Tours Jumelles.

*Réalisé par Brillante Mendoza le film philippin Serbis a pour cadre un cinéma pornographique dirigé par une famille avec quatre enfants. Problème familiaux voisinent avec le trafic des corps de gigolos vendant leurs services dans l’obscurité d’une salle de cinéma. Cette plongée glauque dans le milieu de la prostitution avec scènes de sexe non simulées (la chair est triste) agace par son absence d’enjeux dramatiques, son refus systématique de l’ellipse et sa bande-son assourdissante. Si sa volonté de dépeindre une réalité miséreuse ne peut être remise en cause on peut reprocher au réalisateur, présent à la Quinzaine des réalisateurs en 2007 avec John John, l’histoire d’un enfant abandonné des quartiers pauvres de Manille, la construction de son récit qui privilégie le temps réel soit de redondantes scènes domestiques d’un intérêt cinématographique nul quand elles ne flirtent pas avec une pornographie crapuleuse.

12 mai 2008

La Route / Cormac Mc Carthy

Plusieurs fois adapté au cinéma (De si jolis chevaux, No country for old men) Cormac McCarthy a sorti en 2007 un nouveau roman, La Route.
Crépusculaire, dépouillé, La Route est le récit passionnant et bouleversant de la lutte pour la survie de deux êtres, un homme et son enfant, errant dans un univers post-apocalyptique envahi par les ténèbres et les cendres. De l'origine de cette apocalypse on ne saura rien. Ne reste plus qu'à accompagner ces deux anonymes, pauvres hères en guenilles et décharnés, dans leur périple désespéré sur ces routes dévastées où ils poussent un caddie chargé de couvertures et d'objets divers leur assurant une subsistance précaire vers un ailleurs où l'humanité bienveillante les accueillerait pour construire un avenir plus supportable. Une tension permanente parcourt tout le récit, le danger sous de multiples formes (la faim, le mauvais temps, des hommes cannibales) menace la progession de nos deux personnages liés par un amour indéfectible que même la mort ne peut défaire. Filet de lumière et d' espoir dans ce monde crépusculaire abandonné de Dieu, des vivres en abondance trouvés dans une remise comme un sursis, une mer couleur d'huile où l'on se baigne et joue avant que le froid glacial meurtrisse les corps décharnés, les promesses d'un père à trouver des gens quelque part et à qui le petit apportera le feu car, comme il le dit dans les dernières pages, la bonté l'a toujours trouvé et le trouvera toujours.
Oeuvre puissante traitant du Mal et de la violence des hommes avec pessimisme et amertume liée à une nostalgie teintée de mélancolie pour un monde antérieur où la Beauté, le Calme avaient encore droit de cité, La Route a reçu le Prix Pulitzer en 2007. Vendu à plus de deux millions d'exemplaires aux Etats-Unis, disponible depuis février 2008 aux Editions de l'Olivier, ce roman indispensable est en cours d'adaptation à l'écran avec Viggo Mortensen. Réalisateur de nombreux clips musicaux notamment pour Nick Cave, auteur d'un bon film carcéral en 1990 Ghosts...of the Civil Dead et d'un western avec Guy Pearce, Ray Winstone, John Hurt et Ray Winstone l'australien John Hillcoat tourne depuis mars aux Etats-Unis dans des paysages dévastés et abandonnés cette adaptation très attendue qui devrait bénéficier du talent de l'interprète de Indian Runner et des Promesses de l'ombre.

11 mai 2008

Kung Fu Panda / Mark Osborne & John Stevenson

Avant de débouler sur les écrans français le 09 juillet, distribué par Paramount, Kung Fu Panda viendra faire un tour sur la Croisette en sélection officielle hors compétition le jeudi 15 mai. Par les créateurs de Shrek et de Madagascar (Dreamworks) ce film d'animation bourré d'humour, annoncé comme un phénomène panda-normal!, compte parmi ses prestigieuses voix en v.o Jack Black, Jackie Chan, Dustin Hoffman, Lucy Liu et Angelina Jolie et pour la v.f Manu Payet, Pierre Arditi, Marie Gillain, Marc Lavoine et Tomer Sisley.

Le pitch
Passionné, costaud et quelque peu maladroit, Po est sans conteste le plus grand fan de Kung-Fu. Serveur dans un restaurant de nouilles de son père, son habileté reste encore à prouver. Elu pour accomplir une ancienne prophétie, le rêve de Po devient réalité lorsqu'il rejoint le monde du Kung-Fu pour apprendre les arts martiaux auprès de ses idoles, les légendaires Cinq Cyclones : Tigresse, Grue, Mante, Vipère, Singe sous les ordres de leur professeur et entraîneur, maître Shifu. Mais Taï Lung, le léopard des neiges fourbe et animé d'un désir de vengeance, approche à grands pas et c'est Po qui sera chargé de défendre la vallée face à cette menace grandissante. Son rêve de devenir maître de Kung- Fu se transformera-t-il en réalité? Po met du coeur-et du corps-à l'ouvrage et le héros improbable découvrira finalement que sa plus grande faiblesse est sa plus grande force.

Voir ici la bande-annonce du film sur le site officiel

Las Vegas 21 / Robert Luketic

Le film Las Vegas 21 avec dans les rôles principaux Kevin Spacey, Kate Bosworth, Laurence Fishburne et Jim Sturgess sortira sur les écrans français le 04 juin 2008.
Distribué par Sony Pictures ce film réalisé par Robert Luketic (
Sa mère ou moi!, La revanche d'une blonde) est l'adaptation du best-seller Bringing Down the House: The Inside Story of Six MIT Students Who Took Vegas for Millions, de Ben Mezrich soit l'histoire vraie d'un groupe d'étudiants de l'Institut de Technologie du Massachusetts, experts dans l'art de compter les cartes.
Retrouvez ici la bande annonce de ce film.

8 mai 2008

61ème festival de Cannes

Pour les cinéphiles ayant l'opportunité et la chance de se rendre sur la Croisette du 14 au 25 mai et pour tous les autres retrouvez ici sur le site officiel du 61ème festival de Cannes le planning horaire des projections des différentes sections de cet évènement cinéma mondial.
De plus Boulevard du cinéma sera présent sur la Croisette pour vous relater cette 61ème édition en photos et avis critiques des différentes sections.
L'excellent In the mood for Cannes est également à consulter dès à présent avant de se déplacer à Cannes pour des compte-rendus quotidiens passionnants qui diront une fois de plus toute la passion de son auteur Sandra Mézière pour le 7ème art.

6 mai 2008

The Dark Knight / Christopher Nolan

Le nouveau trailer de The Dark Knight vient de faire son apparition sur la toile : de nouvelles images intrigantes présentant le personnage d'Harvey Dent alias Two-Face, un ennemi schizophrène interprété par Aaron Eckhart bien à sa place dans l'univers sombre de Gotham City.
Dans cette suite très attendue de Batman Begins toujours réalisée par Christopher Nolan, Batman (Christian Bale) aura donc fort à faire en plus du Joker dont la rumeur dit tout le bien de l'interprétation possédée du regretté Heath Ledger.

A visionner ici avant la sortie en salles prévue le 13 août.

5 mai 2008

Indiana Jones 4 / Steven Spielberg

Retrouvez ici la nouvelle bande-annonce d'Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal. Que du bonheur!

4 mai 2008

Ca$h / Eric Besnard

Un arnaqueur évite les agressifs. Et encore plus les agressifs armés.
Solal a oublié cette règle. Résultat, il est mort, assassiné par un mauvais perdant.
L'affaire aurait dû en rester là. Mais Solal a un frère : Cash. Et Cash a décidé de le venger. A sa manière. En élaborant une arnaque de haut vol.
Toutefois, l'adversaire est sur ses gardes. Et Cash et ses amis se sont peut-être attaqués à plus fort qu'eux... Dans ce genre d'opération, les alliances se font et se défont, les complices sont parfois des traîtres et les traîtres des complices. A la fin, une seule chose compte : qui est le pigeon?

Scénariste remarqué du Convoyeur et du Nouveau protocole, Eric Besnard s'attaque pour sa première réalisation à un genre prisé par Hollywood, le caper, le film de casse, en lorgnant ouvertement vers l'Arnaque, l'Affaire Thomas Crown et surtout Ocean's eleven où leurs héros élégants et non-violents rivalisent d'ingéniosité pour faire sauter la banque. Les atouts de Ca$h : un casting quatre étoiles de Dujardin à Réno en passant par Ciaran Hinds (le César de la série Rome), des décors luxeux, un scénario à tiroirs assez retors. S'il est délectable de se perdre dans ce jeux de dupes où le bluff et les faux semblants sont de mise on peut regretter l'absence d'audace de la mise en scène qui se contente de réemployer les artifices narratifs de Thomas Crown et d'Ocean comme le split screen et expédie la pièce maîtresse de ce genre de film, la préparation et l'exécution du casse, au détriment de scènes de comédie qui ne brillent pas par des dialogues enlevés. De plus est à relever une psychologie sommaire de l'ensemble des personnages incarnés par des comédiens certes glamour mais moyennement convaincants, Réno figé dans une posture de bad guy et Dujardin en tête qu'on a connu plus à l'aise dans le décalé OSS117. Si la mécanique est bien huilée, la démonstration manque finalement de saveur. Ca$h reste un exercice de style divertissant à défaut d'être jubilatoire et savoureux comme pouvait l'être Ocean's eleven, sommet de coolitude chic et d'élégance mesurée dans une ambiance jazzy pétillante très appréciable.

Jeux de dupes / George Clooney

En 1925, Dodge Connolly, capitaine d'une équipe de football américain, convainc une star de l'équipe universitaire de se joindre à eux, dans l'espoir de faire de ce sport une activité populaire aux Etats-Unis. Mais la nouvelle recrue, héros de la Première Guerre Mondiale, cache peut-être des secrets. Lexie Littleton, une journaliste engagée, décide de les découvrir. Pendant son enquête, elle est courtisée par le capitaine et son joueur, instaurant une rivalité dangereuse.

Pour sa troisième réalisation le comédien George Clooney remonte une nouvelle fois le temps pour livrer un film d'un autre âge : une comédie romantique, située dans les années 30, où l'art du dialogue et de la répartie combiné à l'emploi du burlesque compte autant que le charme qui se dégage des toilettes des protagonistes qui rivalisent en oeillades et rictus de séduction.
Après les années 70 avec Confessions d'un homme dangereux le portrait surprenant d'un animateur télé qui aurait été tueur pour la CIA, les années 50 avec l'engagé Good night and good luck sur la lutte d'un journaliste contre la politique répressive du sénateur McCarthy, George Clooney plonge dans les années 30 avec Jeux de dupes, une comédie romantico-sportive qui a pour toile de fond le milieu du football américain en voie de professionnalisation.
Se dégage de ce film à l'ambiance surranée une reconstitution remarquable des années folles couleur sépia tant au niveau des décors que des costumes et autres accessoires, le charisme indéniable de Clooney dans une entreprise de séduction du personnage de Zellweger comme de l'auditoire assez jubilatoire, les réjouissantes facéties burlesques de ce dernier dans un numéro
digne de celui exécuté dans O'brother des Coen qui lorgnaient également vers le cinéma de Preston Surges.
Inspiré par le travail de Cukor (Indiscrétions) et de Hawks (La dame du vendredi) où le rythme découle des joutes oratoires à base de dialogues enlevés entre des acteurs au jeu expressif , Clooney ne parvient pas à installer sur la durée un tempo soutenu la faute à une intrigue éparpillée entre triangle amoureux (le jeune footballeur dont le passé d'héros de guerre est questionné se révèle particulièrement fade), déboulonnage du mythe du héros qui a toujours fasciné l'Amérique et chronique d'un sport en voie de mutation. Pour pallier la faiblesse du scénario qui n'est pas de sa plume, Clooney en rajoute dans le burlesque, l'esprit canaille et les sourires ravageurs soit la panoplie du séducteur hébété plein d'élégance et de nonchalance qu'a arborée dans un autre temps Cary Grant. Le film a un charme certain grâce à l'abattage de ces deux têtes d'affiche sur une délicieuse bande-son jazzy mais ne parvient pas séduire complètement la faute à un récit brouillon qui a pour conséquences de grosses baisses de rythme quand les deux stars très complices ne sont pas présentes à l'écran.

3 mai 2008

61ème festival de Cannes

Suite et fin de la sélection du 61ème festival de Cannes.
Le délégué général du Festival Thierry Frémaux a enfin annoncé, entre autres, le nom des films en ouverture et en clôture. Blindness du réalisateur brésilien Fernando Meirelles sera en ouverture et en compétition; What Just Happened, satire des moeurs hollywoodiennes réalisée par Barry Levinson clôturera le festival.
Cette 61e édition se terminera le 25 mai par la remise de la Palme d'or des mains de l'acteur Robert De Niro à l'affiche de ce dernier film.
Le troisième film français en compétition promis par Mr Frémaux est sans grande surprise Entre les murs de Laurent Cantet, une adaptation du roman de l'écrivain et journaliste François Bégaudeau d'après son expérience d'enseignant en lycée.
De plus la compétition s'élargit à 22 longs métrages avec l'ajout d'un quatrième film américain, Two Lovers de James Gray. Le réalisateur, présent l'an dernier sur la Croisette avec le sublime La nuit nous appartient, a réuni dans ce nouveau film aux accents romantiques Gwyneth Paltrow et Joaquin Phoenix.
Le jury présidé par Sean Penn accueillera dans ses rangs la réalisatrice et auteure de bande dessinée Marjane Satrapi et la comédienne Jeanne Balibar.
Côté sélections parallèles le premier long métrage du cinéaste expérimental Steve McQueen, Hunger, évocation de la vie de Bobby Sands, membre de l'IRA décédé en détention le 5 mai 1981 après 66 jours de grève de la faim, ouvrira la section Un Certain regard.
Enfin le programme complet de la 40ème édition de la Quinzaine des réalisateurs avec la sélection de 22 longs métrages se trouve ici