25 mai 2008

61ème festival de Cannes

61ème festival de Cannes

Mercredi 21 Mai


*La femme sans tête de Lucrecia Martel-Compétition officielle

Une femme perd le contrôle de sa voiture et heurte quelque chose. Malgré la présence du cadavre d’un chien sur le bas côté elle est persuadée d’avoir tué quelqu’un.

Grosse interrogation quant à la présence de ce film de la réalisatrice argentine qui a déjà eu les honneurs de la compétition en 2004 avec La Nina Santa : personnage principal neurasthénique dont les réactions, le comportement sont incompréhensibles, absence de récit et donc de scènes qui mobilisent l’attention complètement perdue dans cette ambiance cotonneuse où les troubles de personnalité, jamais expliqués ni élucidés, de l’héroïne constituent le moteur d’une fiction qui aura eu raison de la patience du festivalier, moins indulgent aux 2/3 de la manifestation.


*Surveillance de Jennifer Lynch-Hors compétition

Deux agents du FBI arrivent dans une petite ville perdue pour enquêter sur une série de meurtres. Ils retrouvent sur place trois témoins : un policier à la gâchette facile, une junkie complètement déconnectée et une petite fille de huit ans encore sous le choc. Au cours des interrogatoires, les agents découvrent rapidement que les témoins donnent chacun une version différente des faits, dissimulant manifestement une partie de la vérité.

Principe du Rashomon style pour cette deuxième réalisation de la fille de David Lynch interprétée par Bill Pullman et Julia Ormond, présentée hors compétition en séance de minuit: 3 points de vue sur un évènement sanglant.

Jennifer Lynch est adepte comme son illustre père de l’étrange dans un quotidien normal (comportements et attitudes bizarres des personnages de flics) et du détail sanglant.

Policier très violent à l’humour noir avec de nombreuses situations surréalistes où l’on passe du rire à la peur l’instant d’après et des dialogues tarantinesques Surveillance est à réservé aux amateurs du genre : entre Tueurs nés et Usual Suspects il cultive l’outrance et les faux semblants pour un résultat qui oscille entre le grotesque et le glaçant.


*Wendy and Lucy de Kelly Reichardt-Un certain regard

Joli petit film indépendant américain porté par la formidable Michelle Williams.

Les pérégrinations d’une jeune femme précaire et de son chien en stand-by dans une petite ville de l’Oregon avant de prendre le large vers l’Alaska, terre de promesse d’emploi.

Portrait sensible de l’Amérique profonde où Wendy fait l’expérience de la cruauté (sur l’avis d’un employé de son âge arrestation dans un centre commercial pour vol à l’étalage afin de nourrir son chien), de la générosité (un vieux veilleur de nuit l’aide moralement et financièrement à retrouver son chien), du désespoir (voiture en rade), Wendy and Lucy doit beaucoup au talent de son interprète principale, petit bout de femme dont le parcours contrarié par les tracas de la vie est vraiment touchant.

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