25 mai 2008

61ème festival de Cannes

Jeudi 22 & Vendredi 23 mai 08


*My magic d’Eric Khoo-Compétition officielle

Avec cette histoire touchante d’un père de famille alcoolique, en quête de rédemption, qui est prêt à mettre en danger sa vie en renouant avec son ancien métier de fakir, le singapourien Erik Koo parvient en un temps restreint (1h15) à provoquer d’intenses émotions.

Tourné en seulement 9 jours, My Magic, en mariant réalisme brut (les performances de plus en plus dangereuses) et poésie lyrique (les tours de magie exécutés en famille), traite avec une incroyable densité pour un film aussi modeste de sujets forts comme le pardon, le sacrifice, le respect avec humilité, simplicité et tendresse. Acquérir le respect de l’autre avec un esprit combatif, révéler et accepter une vérité douloureuse, pardonner bref apprendre à se connaître et à s’aimer tel est le cheminement personnel de ce formidable duo père-fils soudé comme jamais au terme de cette belle découverte de cette compétition officielle qui mériterait un Prix du Jury. Interprété par l’imposant Francis Bosco dans son propre rôle de fakir, illustré musicalement par le fils âgé de seulement 10 ans d’Eric Khoo (le plus jeune compositeur de l’histoire du Festival de Cannes) ce film magique est une affaire de famille, une histoire d’amour filial très recommandable à la petite musique douce et bouleversante.

*Parking de Chung Mong-Hong-Un certain regard

Premier film de fiction pour Chung Mong-Hong, Parking se déroule à Taipei le temps d’une nuit où un homme, parti pour renouer avec sa femme, se voit contraint suite à un problème automobile d’aider plusieurs habitants d’un même immeuble.

Avec l’histoire tragi-comique de cet homme qui ne peut rentrer chez lui (sa voiture est successivement bloquée par plusieurs véhicules, un running gag assez savoureux) et rencontre au cours d’une folle nuit plusieurs personnages qui vont faire évoluer sa vision de la vie (une prostituée qui voudrait décrocher, un barbier manchot, un tailleur aux prises avec la mafia locale, un couple de personnes âgées qui attend le retour de leur fils décédé), Parking lorgne du côté du survolté After Hours de Martin Scorsese. Ce long métrage asiatique varie les tons, de la comédie cocasse au drame familial en passant par le film de gangster, pour un résultat plaisant qui n’est pas sans baisses de rythme, liées aux références maladroites au passé des protagonistes en flash-back trop étirés, mais qui doit beaucoup de son capital sympathie au charisme de son acteur principal, la star taïwanaise Chang Chen à l’affiche l’an passé de Souffle de Kim Ki-duk et bientôt à l’affiche du nouveau John Woo, Red Cliff.

*The Pleasure of Being Robbed de Josh Sashdie-La Quinzaine des réalisateurs

The pleasure of being robbed raconte, avec une drôlerie et une liberté narrative et filmique assez réjouissantes, les quatre cents coups d’une jeune cleptomane perdue dans le New Jersey.

Il compense son manque de moyens financiers (pellicule sale, plans urbains manifestement volés) par de bonnes situations comiques : d’un cours de conduite dont le morceau de bravoure est le trajet New-Jersey/Boston à une visite au zoo menottes aux poignets, Josh Sashie multiplie les idées décalées autour de son héroïne marginale très énergique pour qui il a une vraie tendresse. En effet le personnage d’Eléonore est inspiré de son amie intime. Fait avec des bouts de ficelle de manière intuitive, The pleasure of being robbed, malgré une certaine propension à étirer des scènes, le défaut du premier film fauché qui est à la base une bonne idée de court-métrage, révèle un jeune metteur en scène américain à suivre qui cite aussi bien Jim Jarmusch que Robert Bresson en références avec cette histoire de pickpocket excentrique décidée à mettre de la joie et de la poésie dans un quotidien précaire.

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