4 mai 2008

Jeux de dupes / George Clooney

En 1925, Dodge Connolly, capitaine d'une équipe de football américain, convainc une star de l'équipe universitaire de se joindre à eux, dans l'espoir de faire de ce sport une activité populaire aux Etats-Unis. Mais la nouvelle recrue, héros de la Première Guerre Mondiale, cache peut-être des secrets. Lexie Littleton, une journaliste engagée, décide de les découvrir. Pendant son enquête, elle est courtisée par le capitaine et son joueur, instaurant une rivalité dangereuse.

Pour sa troisième réalisation le comédien George Clooney remonte une nouvelle fois le temps pour livrer un film d'un autre âge : une comédie romantique, située dans les années 30, où l'art du dialogue et de la répartie combiné à l'emploi du burlesque compte autant que le charme qui se dégage des toilettes des protagonistes qui rivalisent en oeillades et rictus de séduction.
Après les années 70 avec Confessions d'un homme dangereux le portrait surprenant d'un animateur télé qui aurait été tueur pour la CIA, les années 50 avec l'engagé Good night and good luck sur la lutte d'un journaliste contre la politique répressive du sénateur McCarthy, George Clooney plonge dans les années 30 avec Jeux de dupes, une comédie romantico-sportive qui a pour toile de fond le milieu du football américain en voie de professionnalisation.
Se dégage de ce film à l'ambiance surranée une reconstitution remarquable des années folles couleur sépia tant au niveau des décors que des costumes et autres accessoires, le charisme indéniable de Clooney dans une entreprise de séduction du personnage de Zellweger comme de l'auditoire assez jubilatoire, les réjouissantes facéties burlesques de ce dernier dans un numéro
digne de celui exécuté dans O'brother des Coen qui lorgnaient également vers le cinéma de Preston Surges.
Inspiré par le travail de Cukor (Indiscrétions) et de Hawks (La dame du vendredi) où le rythme découle des joutes oratoires à base de dialogues enlevés entre des acteurs au jeu expressif , Clooney ne parvient pas à installer sur la durée un tempo soutenu la faute à une intrigue éparpillée entre triangle amoureux (le jeune footballeur dont le passé d'héros de guerre est questionné se révèle particulièrement fade), déboulonnage du mythe du héros qui a toujours fasciné l'Amérique et chronique d'un sport en voie de mutation. Pour pallier la faiblesse du scénario qui n'est pas de sa plume, Clooney en rajoute dans le burlesque, l'esprit canaille et les sourires ravageurs soit la panoplie du séducteur hébété plein d'élégance et de nonchalance qu'a arborée dans un autre temps Cary Grant. Le film a un charme certain grâce à l'abattage de ces deux têtes d'affiche sur une délicieuse bande-son jazzy mais ne parvient pas séduire complètement la faute à un récit brouillon qui a pour conséquences de grosses baisses de rythme quand les deux stars très complices ne sont pas présentes à l'écran.

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