30 juin 2008

Quantum of solace / Marc Foster

Quantum of Solace est le titre d'une histoire courte du créateur de Bond Ian Fleming publiée dans For your eyes only en 1960.

Ce nouveau film axé sur la vengeance de 007 (Daniel Craig) le conduira en Australie, en Italie et en Amérique du Sud.
Camille (Olga Kurylenko), elle aussi en quête de vengeance, conduira l'agent secret jusqu'à Dominic Greene (Mathieu Amalric), membre d'une mystérieuse organisation et homme d'affaires sans scrupules désirant contrôler une énorme ressource naturelle tout en aidant le général sud-américain Medrano (Joaquin Cosio) à revenir au pouvoir.

L’histoire s’inscrit dans la continuité de Casino Royale : alors que Bond essaie de découvrir les raisons de la trahison de sa bien-aimée Vesper Lynd (Eva Green) tout indique qu’elle a agit de la sorte à cause d’un chantage.

Après un tournage émaillé de quelques incidents (voitures accidentées, Craig blessé au visage, incendie aux studios Pinewood) l’heure est aux premières images à découvrir ici de ce nouvel opus de 007, réalisé par le suisse Marc Foster (Neverland, A l’ombre de la haine, Stay), avant une sortie prévue le 5 novembre prochain.

Street kings (Au bout de la nuit) / David Ayer



Tom Ludlow est le meilleur détective de l'Ad Vice, unité spécialisée de la Police de Los Angeles. Son supérieur, le capitaine Wander, ferme les yeux sur ses procédés souvent "hors normes" et le protège lors de l'enquête interne menée par le capitaine Biggs.Accusé à tort du meurtre d'un collègue, Ludlow doit lutter seul contre le système corrompu pour prouver son innocence.

Scénariste de Training Day et Dark Blue et réalisateur de l’âpre et musclé Bad Times avec un impressionnant Christian Bale, David Ayer persiste avec Street Kings dans le polar urbain sur fond de corruption de la police.


A nouveau située à LA dont la beauté et la laideur s’expriment toujours de manière conjointes, l’intrigue de ce film noir voit un flic aux méthodes peu orthodoxes, au comportement limite suicidaire dû à la mort de sa femme, pris dans une affaire louche liée au meurtre de son ancien coéquipier. Entre le respect qu’il porte à son chef, son mentor (Forest Whitaker en plein numéro de cabotinage dans un rôle de crapule) qui dirige son unité d’une main de fer sans s’embarrasser de règles éthiques comme un patriarche mafieux (à la fin du récit ne se proclame-t-il dans une scène shakespearienne comme le roi de la ville) et un regain d’humanité et de morale qui le pousse à éclaircir le meurtre brutal de son ancien collègue et ami, ce personnage au bord du gouffre porté sur la bouteille et les flingues va devoir choisir son camp et emprunter un chemin dangereux qui va remettre en cause sa vision de l’ordre et de la justice.
Sur le canevas du film noir James Ellroy a brodé une histoire violente et pessimiste sur la difficulté du maintien de l’ordre et du Bien dans une cité où même les garants de la justice sociale, politique et morale ont sombré du côté obscur. Comme le dit le personnage de Keanu Reeves qui ne connait que le chaos le Mal engendre toujours le Mal. Les pires crapules ne sont pas forcément celles que l’on croit. Dans Training day et Street kings dealers, truands et policiers s’agitent dans un panier de crabes qui se disputent pour une question d’argent, de contrôle de territoire, de pouvoir et simplement de survie.
L’intrigue de facture classique a tendance à se complexifier au fur et à mesure que le flic, incarné par un Keanu Reeves empâté et assez inexpressif, découvre les tenants et aboutissements de cette affaire torve où le rôle de sa hiérarchie est plus que trouble et la difficulté de parvenir à trouver une parcelle de Bien dans cet espace sombre que l’IGS incarnée par l’impeccable Hugh Laurie alias Dr House a du mal à contrôler. Incontrôlable, limite masochiste son personnage est une sorte de Dirty Harry désespéré qui fonce tête baissée vers l’action et la vérité au bout de la nuit, un héros au début du récit pour avoir résolu spectaculairement une sombre affaire de kidnapping puis un suspect et un paria au fil de son implication obstinée dans l’enquête liée au meurtre de son coéquipier.
Filmé en grande partie dans les quartiers chauds du Downtown Los Angeles, avec les conseils techniques de vétérans du LAPD, Street kings affiche un réalisme poisseux qui en fait un bon film noir ; une descente aux enfers musclée bien menée, sans véritables surprises mais assez captivante par ce jusqu’au-boutisme masochiste et désespéré qui est la marque de fabrique d’Ellroy et de Ayer dont les univers troubles étaient fatalement amenés à fusionner.

25 juin 2008

In Bruges / Martin McDonald


Après un contrat qui a mal tourné à Londres, deux tueurs à gages reçoivent l'ordre d'aller se faire oublier quelque temps à Bruges.Ray est rongé par son échec et déteste la ville, ses canaux, ses rues pavées et ses touristes. Ken, tout en gardant un oeil paternaliste sur son jeune collègue, se laisse gagner par le calme et la beauté de la cité. Alors qu'ils attendent désespérément l'appel de leur employeur, leur séjour forcé les conduit à faire d'étranges rencontres…

Pour son premier long métrage le dramaturge Martin McDonald revitalise le polar british avec ses personnages iconoclastes (un tueur à gage suicidaire), ses situations décalées, son humour absurde plein de répliques tordantes, son décor magique (Bruges) propice aux rencontres les plus originales et à la tragédie vers laquelle s’avance doucement ses deux antihéros torturés par une faute qu’il faudra bien expier.
Le premier acte voit donc deux porte flingues cohabiter, en dépit de préoccupations contraires, dans la cité médiévale de Bruges où leur boss les a expédié le temps de se faire oublier après un contrat catastrophe : l’un est adepte du tourisme quand l’autre préfère descendre les pintes pour tromper un ennui qui s’avère être un spleen profond. Les scènes comiques s’enchainent sans temps mort au fil de pérégrinations touristiques et de rencontres haut en couleur (un nain raciste qui fricote avec des prostituées, un skinhead borgne, une jeune femme qui fournit en drogue les équipes en tournage) avec un sens de la réplique qui tue et de la mise en place de situations ubuesques dignes de Tarantino. Mais une mélancolie liée au personnage névrosé de Farrell et au décor même affleure rapidement. McDonald propose en effet des personnages complexes dont les relations et les failles se précisent à mesure que la tragédie s’avance inéluctablement vers ces deux tueurs coupables d’une faute qui mine le moral du cadet qu’une rencontre amoureuse permet un temps de rehausser.
Dans ce polar inclassable dont l’affiche à l’humour lourd (vous ne verrez ni frites, ni glace mais bien des êtres tracassés) échoue à en restituer la teneur, mélange d’absurde, d’humour noir, de cavalcades intenses et de digressions métaphysiques, le comique de situation voisine avec le questionnement existentiel. On y parle de bières, d’une hypothétique guerre entre blancs et noirs, d’acteurs nains suicidaires, de l’enfer, de la rédemption, d’honneur. Les deux derniers actes creusent encore plus la complexité de ces deux personnages en les mettant face à un ultimatum lancé par leur chef. L’aîné méthodique et plein de sang froid et la petite frappe survoltée qui sur le papier semblent sortis d’un polar traditionnel tendance buddy-movie ou film de gangster branchouille estampillé Guy Ritchie acquièrent au fil des nombreuses scènes verbales une consistance et une épaisseur psychologique surprenantes qui les rend attachants. Ici pas de mise en scène clippesque autour de truands d’opérette bas du front et lourdingues comme dans les Snatch et autres Layer Cake labellisés cultes qui ne sont que des hommages grotesques à Tarantino et Scorsese transposés en territoire britannique mais un romantisme morbide diffus nappant d’un nuage de brume (superbes plans nocturnes de la petite Venise du nord) le rire du désespéré, celui qui sait qu’on ne peut pas échapper à son passé.

Dans un registre cafardeux proche du Cassandre de Woody Allen, Colin Farrell impressionne en tueur agité par un sévère tohu bohu intérieur que son regard perdu relaie à merveille. Son compatriote Brendan Gleeson assure également en complice de la vieille école tout comme le so british Ralph Fiennes en boss colérique dont le portrait de bad guy est assez subtil.

Mélange des genres très réussi dans un cadre inédit où on rit et on s’émeut des aventures belges de nos deux tueurs à gages lost in Bruges, des personnages bien travaillés par le sens de la saillie drolatique et de la dramaturgie de ce McDonald à suivre, In Bruges est un polar vraiment singulier à découvrir de toute urgence.

17 juin 2008

Les Ruines / Carter Smith



Durant leurs vacances à Cancun, Amy, sa meilleure amie Stacy et leurs petits amis respectifs, Jeff et Eric, font la connaissance d'un touriste allemand, Mathis. Lorsque le frère de ce dernier disparaît mystérieusement à l'intérieur d'une pyramide maya, le groupe décide d'explorer la ruine, recouverte d'une végétation grimpante. Pourchassés par une tribu hostile, les six jeunes sont contraints de gagner le sommet de la pyramide, déclenchant du même coup l'ire et les appétits d'une monstrueuse plante carnivore...


Basé sur le best-seller de Scott Smith paru en 2006, The Ruins suit un groupe d’amis engagés dans une lutte brutale pour leur survie après avoir foulé un ancien site maya dans la jungle mexicaine où une entité végétale vit dans les ruines.
Après une exposition réussie présentant les caractères de la petite troupe insouciante du danger qui les attend au-delà des plages ensoleillées et festives de Cancun, The Ruins plonge ses jeunes héros dans l’horreur sommeillant dans cette pyramide envahie par une végétation grouillante. Le trip touristique tourne vite au survival brutal où la menace vient d’une nature hostile à qui des indigènes offrent en sacrifice ces jeunes proies. L’examen des lieux dans une ambiance claustro éprouvante pour les nerfs révèle peu à peu un danger surprenant. En effet l’intérêt de ce teen-movie horrifique réside dans la nature du mal qui plane sur ses personnages, une entité végétale anthropophage qui enlace les corps pour s’y répandre et y proliférer. Comme dans Alien et beaucoup de Cronenberg, l’effroi nait de la mutation des corps, touchant ainsi aux peurs intimes : un corps étranger s’infiltre par les orifices sanguinolents et dévore son enveloppe. Cette possession physique de l’horreur comme le conportements des personnages face à elle participent à la réussite de cette excursion dramatique où le suspense va crescendo. La violence hyperréaliste s’inscrit dans cette représentation terrifiante de l’invasion des corps, de leur absorption et leur destruction. Amputation, automutilation, démembrements, autant d’expériences horrifiques qui auront raison d’une bonne partie du jeune casting sexy et impeccable (Jonathan Tucker, Jenna Malone, Laura Ramsey). L’originalité de ces Ruines réside donc dans cette horreur qui n’a pas visage humain mais l’aspect de nervures végétales rampantes caractérisées par une intelligence retorse (elles imitent la voix humaine et les sonneries de téléphone pour piéger leurs proies) et une grande avidité qu’elles déploient en réaction, comme un réflexe de défense, à cette invasion de touristes, d’étrangers arrogants (l’Américain est persuadé que sa disparition sera forcément remarquée et rapidement gérée) et beaucoup trop curieux.

Très terrifiant The Ruins est une bonne surprise dans le paysage du cinéma d’horreur hollywoodien grâce à une idée originale développée dans des décors naturels somptueux où est perdu un casting inspiré. The Ruins s’avère donc fortement recommandable dans le genre, comme un cousin proche de l’ultra-efficace The Descent de Neil Marshall.

16 juin 2008

Phénomènes / M.Night Shyamalan

En quelques minutes, sans aucun signe prémonitoire, des personnes meurent dans des circonstances incompréhensibles. Quel est ce phénomène? Qu'est-ce qui a déclenché cette force qui menace l'espèce humaine? Pour Elliot Moore, professeur de sciences dans un lycée de Philadelphie, ce qui compte est d'abord d'échapper à ce phénomène aussi mystérieux que mortel. Avec sa femme, Alma, ils fuient en compagnie d'un ami, professeur de mathématiques, et de sa fille de huit ans.Très vite, il devient évident que personne n'est plus en sécurité nulle part. Il n'y a aucun moyen d'échapper à ce tueur invisible et implacable. Pour avoir une mince chance de survivre, Elliot et les siens doivent à tout prix comprendre la véritable nature du phénomène, et découvrir ce qui a déchaîné cette force qui menace l'avenir même de l'espèce humaine...

Après l’échec cuisant de La Jeune Fille de l’eau, un conte de fées délirant et assez déroutant où les locataires hauts en couleur d’un motel s’unissaient pour aider une jeune nymphe échouée dans leur piscine, l’auteur adulé de Sixième sens et de Le Village M.Night Shyamalan signe pour la Fox avec Phénomènes son retour vers le drame familial sur fond d’apocalypse et de fantastique qu’il avait si bien traité dans Signes. Comme souvent chez lui nous suivons une famille ordinaire, légèrement bancale, aux prises avec des évènements extraordinaires.
Dans Phénomènes une vague inexpliquée de suicides se propagent sur la côte Est des Etats-Unis. Le réalisme de ces scènes mortelles est vraiment glaçant : une grappe de corps chutent de buildings, une jeune femme assise tranquillement dans un parc se plante une aiguille dans le cou, un policier se tire une balle dans la tête avant que son arme ne soit récupéré à des fins funestes par d’autres personnes. Soudain figés dans leur quotidienneté, les contaminés se donnent la mort, leur instinct de conservation ayant disparu pour laisser place à une attitude contre-nature. Shyamalan orchestre ce dérèglement du quotidien d’une manière assez prodigieuse par des cadrages très précis et de lents mouvements de caméra.
En disciple de Spielberg, il s’attache au destin d’un groupe de gens simples, un couple de trentenaires en crise, un père et sa fille, fuyant cette invasion d’origine inconnue. En choisissant pour héros des personnages ordinaires, classe moyenne, petits soucis conjugaux, face à cette menace inconnue et non identifiée (virus chimique d’origine terroriste ? vengeance de la nature ?), Shyamalan s’assure l’implication du spectateur dans cette histoire pleine de suspense qui tient aussi bien des Oiseaux d’Hitchcock (fuir une menace planante) que de L’invasion des profanateurs de sépulture de Don Siegel (la psychose ambiante). La fuite de la ville où la sécurité est grandement menacée conduit nos personnages en milieu rural, dans un décor familier de Signes, les champs de céréales, les vieilles maisons… et une nature qui se révèle hostile. Soudain, un souffle de vent dans les arbres devient proprement terrifiant et une maison d’accueil tenue par une vieille dame que la raison a abandonné un dédale lugubre, grâce à une mise en scène inspirée qui privilégie les effets discrets et le pouvoir suggestif du hors-champ. Comme dans Incassable et Signes, les évènements dramatiques vont rapprocher des personnages aux liens distendus ou bien en doute. Shyamalan vante une nouvelle fois les vertus de la famille comme un rempart contre le mal ou l’âpreté de la vie ici dans une Amérique post-septembre paranoïaque et repliée sur elle-même où la fuite de ce qui semble être un virus bactériologique propagé par des terroristes se fait avec égoïsme (nos héros bloqués dans un village sur le parcours ferroviaire qui doit les mener vers une zone sécurisée trouve difficilement une aide motorisée) et animosité (un homme défend lourdement armé l’accès de sa maison aux rescapés). Le discours n’est jamais naïf car fondé sur la représentation sobre d’émotions universelles et l’expression de préoccupations et d’interrogations propres à la condition humaine dans un univers réaliste, ordinaire.
Avec Phénomènes Shyamalan démontre une nouvelle fois qu’il est un auteur majeur avec cette sidérante maîtrise des scènes intimistes chargées d’émotion comme des moments d’effroi et de suspense purement hitchcockiens.
Comme dans une bonne série B dont le réalisateur indien revendique l’affiliation un message affleure, ici de nature écologique. De cette ambiance de fin du monde constamment pesante se dégage un constat terrible qu'il conviendra de prendre un jour à sa juste mesure en ce troisième millénaire : la fragilité de l’être humain sur cette terre menacée par son activité est plus que jamais avérée.

Glacial, terrifiant, à ne pas manquer.

8 juin 2008

Festival Court de Montpellier

C'est dans la belle ville de Montpellier sur les bords de la Méditerranée que se tiendra la 1ère édition du Festival Court de Montpellier du 12 au 15 Juin prochain.

Crée par Aldrick Allal, ce Festival voit le jour grâce à l'Association du Festival du Film Court de Montpellier fondée en 2007 et composée de cinéastes, producteurs, auteurs et comédiens.


59 films en Compétition et en Panorama seront présentés au public durant la manifestation qui se déroulera dans deux salles du centre-ville de Montpellier bien connus des cinéphiles: le Centre Rabelais et le Diagonal Capitole.
26500 euros de prix seront attribués aux meilleurs talents dont les lauréats du prestigieux Diderot d'Or du Film Court et de la Bourse d'écriture récompensant le meilleur scénariste.
Le Jury des Films présidé par Henri Chapier sera composé de Sonia ROLLAND, comédienne, Marc AUGÉ, écrivain, Eric GUICHARD, directeur de la photographie, Jean-Christophe BOUVET, comédien et Lubna Azabal, comédienne.
Au programme des festivités outre la compétition des courts métrages une carte blanche à la cinéaste Nicole Garcia, des tables rondes sur la production cinématographique en France, une nuit cinéma consacrée à Quentin Tarantino et une leçon de cinéma assurée par le grand Bertrand Tavernier.

Un programme varié à consulter en détails ici sur le site officiel du festival pour encourager la création et faire vivre le Court Métrage, le Cinéma pour tous!


Dark Shadows

Dark Shadows

Après Edward aux mains d'argent (1991), Ed Wood (1995), Sleepy Hollow (2000), Charlie et la chocolaterie (2005), Les noces de Tim Burton (2005) et Sweeney Todd (2008), le duo Tim Burton/Johnny Depp pourrait se reformer pour une septième collaboration autour du projet Dark Shadows.

Dans ce nouveau film fantastique, adaptation d'une série américaine des années 60, Johnny Depp incarnerait Barnabas Collins, un vampire âgé de 200 ans.
Durant 1225 épisodes entre 1966 et 1971, la série TV Dark Shadows a mis en scène des figures de l'horreur gothique comme les vampires, les loups-garous, les sorcières, les fantômes et les zombies.
Le scénariste John August qui a travaillé avec Burton sur les scripts de Big Fish, Charlie et la Chocolaterie et Les Noces Funèbres serait chargé d'écrire Dark Shadows pour Warner Bros.
Le réalisateur Peter Segal (Self control) dont le nouveau film Get Smart est prévu en France le 13 août est à l'origine de cette news : August, le scénariste de son prochain film intitulé Billy Batson and the legend of Shazam travaillerait à la fois sur ce film pour Warner Bros et sur Dark Shadows, projet auquel le nom de Burton est attaché.
La rumeur selon laquelle Johnny Depp pourrait retrouver son alter égo de génie en 2009 reste à confirmer.
Depp est actuellement en tournage du nouveau film de Michael Mann Public Ennemies aux côtés de Marion Cotillard puis doit enchainer avec The imaginarium of Doctor Parnassus de Terry Gilliam et les deux suites de Sin City sous la direction de Robert Rodriguez. Tim Burton a pour projets immédiats Alice inWonderland 3D et Frankenweenie 3D.
So wait and see!

Source:Aint Cool News

1 juin 2008

Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal / Steven Spielberg


Après 20 ans d’absence le célèbre archéologue au fouet et au Fedora revient sur les écrans pour de nouvelles aventures spectaculaires.
L’attente était énorme, c’est un doux euphémisme.

Le plaisir de retrouver notre héros, son flegme et son humour légendaire, son extraordinaire habileté à se sortir de tous les mauvais pas et à résoudre les énigmes les plus obscures est bien là d’autant que la réalisation de Steven Spielberg fait des merveilles dans des scènes d’action finement ciselées et bourrées d’humour, surtout au début de l’aventure (l’échappée des russes dans la zone 51, la poursuite en moto sur le campus universitaire). La famille Jones a perdu l’illustre Henry Jones Sénior (Sean Connery) mais a gagné le rebelle Mutt, le fils caché d’Indy et de Marion Ravenwood.Ce quatrième volet dans le prolongement du précédent est une aventure familiale où chacun apprend à mieux se connaître et apprécier les qualités de l’autre : l’esprit déductif plus le jeu de poings d’Indy allié au maniement virtuose du fleuret de Mutt et au pilotage tout terrain de Marion constitue les points forts d’une équipe soudée et à qui rien ni personne ne résiste.
Grandiose, cette nouvelle aventure carbure à l’action virtuose avec des poursuites décoiffantes et des cascades incroyables parfois trop invraisemblables où Spielberg s’est laissé griser par l’évolution des effets spéciaux digitaux à l’image de George Lucas dans la nouvelle trilogie Star Wars et à l’humour slap-stick comme à la dérision (Harrison Ford joue avec son âge). Cavernes pleines de pièges et d’énigmes à déchiffrer, trésor merveilleux, cascades incroyables, indigènes belliqueux, vilains mégalomanes, héros attachants plein d’humour et de panache, Spielberg se fait plaisir avec ce grand huit absolument jubilatoire et grisant où l’on retrouve l’esprit d’aventure qui a fait le succès de la première trilogie avec un recours plus appuyé que ce qui était annoncé aux images numériques pour donner corps aux idées les plus folles comme un combat impliquant plusieurs véhicules dans la jungle aux bords d’un précipice et la présence d’une intelligence extra-terrestre.
Si l’intrigue de ce nouvel opus flirte comme les précédents avec le merveilleux et le fantastique (l’Arche d’Alliance, les pierres ancestrales de Sankara, le Saint Graal) elle s’inscrit dans une thématique chère au réalisateur d’E.T, de Rencontres du troisième type ou bien de Minority Report : l’irruption d’une présence extra-terrestre dans notre quotidien. Cette thématique, illustrée par des effets spéciaux plutôt laids dans le dernier quart d’heure, a de quoi surprendre dans l’univers d’Indiana Jones situé à la fin des années 50. L’utilisation d’une image rétro (costumes, coupes de cheveux, véhicules…), de décors old fashion (les cavernes) avec une image numérique dernier cri est quelque peu déroutante lors d’un final qui s’avère il faut l’avouer très raté. Comme si Spielberg, que l’on imagine poussé par son producteur friand de SFX à en rajouter dans le spectaculaire pour plaire aux nouvelles générations et concurrencer les franchises lucratives Benjamin Gates et Pirates des Caraïbes, conscient de l’énormité de la résolution de l’intrigue dans un tel contexte, noyait tout sous un déluge d’effets spéciaux dans une bouillie visuelle indigne de la filmographie de ce grand réalisateur qui a toujours su équilibrer l’émotion, l’humain avec le spectaculaire, les effets spéciaux. Mais la décevante conclusion d’un scénario un tantinet abracadabrantesque ne peut balayer le plaisir pris à retrouver notre héros coriace et plein de désinvolture que la réalisation virtuose de Spielberg chahute dans de nombreuses péripéties pleines d’action, de suspense et d’humour vraiment jubilatoires.
Lucas et Spielberg ont fait le Royaume du crâne de cristal pour s’amuser et répondre aux attentes d’un public en demande de nouvelles aventures depuis deux décennies ; le sentiment général qui domine à la fin de la projection de cette aventure très attendue est l’euphorie de retrouver ce personnage iconique et cet univers irrésistible fait d’archéologie et de merveilleux, d’humour et d’aventure, mis en place par un conteur et un filmeur hors pair pour le plaisir du spectateur qui a grandi avec ses films mythiques.