1 juin 2008

Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal / Steven Spielberg


Après 20 ans d’absence le célèbre archéologue au fouet et au Fedora revient sur les écrans pour de nouvelles aventures spectaculaires.
L’attente était énorme, c’est un doux euphémisme.

Le plaisir de retrouver notre héros, son flegme et son humour légendaire, son extraordinaire habileté à se sortir de tous les mauvais pas et à résoudre les énigmes les plus obscures est bien là d’autant que la réalisation de Steven Spielberg fait des merveilles dans des scènes d’action finement ciselées et bourrées d’humour, surtout au début de l’aventure (l’échappée des russes dans la zone 51, la poursuite en moto sur le campus universitaire). La famille Jones a perdu l’illustre Henry Jones Sénior (Sean Connery) mais a gagné le rebelle Mutt, le fils caché d’Indy et de Marion Ravenwood.Ce quatrième volet dans le prolongement du précédent est une aventure familiale où chacun apprend à mieux se connaître et apprécier les qualités de l’autre : l’esprit déductif plus le jeu de poings d’Indy allié au maniement virtuose du fleuret de Mutt et au pilotage tout terrain de Marion constitue les points forts d’une équipe soudée et à qui rien ni personne ne résiste.
Grandiose, cette nouvelle aventure carbure à l’action virtuose avec des poursuites décoiffantes et des cascades incroyables parfois trop invraisemblables où Spielberg s’est laissé griser par l’évolution des effets spéciaux digitaux à l’image de George Lucas dans la nouvelle trilogie Star Wars et à l’humour slap-stick comme à la dérision (Harrison Ford joue avec son âge). Cavernes pleines de pièges et d’énigmes à déchiffrer, trésor merveilleux, cascades incroyables, indigènes belliqueux, vilains mégalomanes, héros attachants plein d’humour et de panache, Spielberg se fait plaisir avec ce grand huit absolument jubilatoire et grisant où l’on retrouve l’esprit d’aventure qui a fait le succès de la première trilogie avec un recours plus appuyé que ce qui était annoncé aux images numériques pour donner corps aux idées les plus folles comme un combat impliquant plusieurs véhicules dans la jungle aux bords d’un précipice et la présence d’une intelligence extra-terrestre.
Si l’intrigue de ce nouvel opus flirte comme les précédents avec le merveilleux et le fantastique (l’Arche d’Alliance, les pierres ancestrales de Sankara, le Saint Graal) elle s’inscrit dans une thématique chère au réalisateur d’E.T, de Rencontres du troisième type ou bien de Minority Report : l’irruption d’une présence extra-terrestre dans notre quotidien. Cette thématique, illustrée par des effets spéciaux plutôt laids dans le dernier quart d’heure, a de quoi surprendre dans l’univers d’Indiana Jones situé à la fin des années 50. L’utilisation d’une image rétro (costumes, coupes de cheveux, véhicules…), de décors old fashion (les cavernes) avec une image numérique dernier cri est quelque peu déroutante lors d’un final qui s’avère il faut l’avouer très raté. Comme si Spielberg, que l’on imagine poussé par son producteur friand de SFX à en rajouter dans le spectaculaire pour plaire aux nouvelles générations et concurrencer les franchises lucratives Benjamin Gates et Pirates des Caraïbes, conscient de l’énormité de la résolution de l’intrigue dans un tel contexte, noyait tout sous un déluge d’effets spéciaux dans une bouillie visuelle indigne de la filmographie de ce grand réalisateur qui a toujours su équilibrer l’émotion, l’humain avec le spectaculaire, les effets spéciaux. Mais la décevante conclusion d’un scénario un tantinet abracadabrantesque ne peut balayer le plaisir pris à retrouver notre héros coriace et plein de désinvolture que la réalisation virtuose de Spielberg chahute dans de nombreuses péripéties pleines d’action, de suspense et d’humour vraiment jubilatoires.
Lucas et Spielberg ont fait le Royaume du crâne de cristal pour s’amuser et répondre aux attentes d’un public en demande de nouvelles aventures depuis deux décennies ; le sentiment général qui domine à la fin de la projection de cette aventure très attendue est l’euphorie de retrouver ce personnage iconique et cet univers irrésistible fait d’archéologie et de merveilleux, d’humour et d’aventure, mis en place par un conteur et un filmeur hors pair pour le plaisir du spectateur qui a grandi avec ses films mythiques.

1 commentaire:

krosister a dit…

toujours pas vu...... (snif ou pas snif??) F se rebelle toujours....Vais-je quand même le voir sur grand écran ou + tard.... je sais pas...