30 juil. 2008

Quantum of solace / Marc Foster

Voici l'affiche de Quantum of solace dont la sortie est désormais prévue le 31 octobre 2008.

En outre les producteurs Michael G.Wilson et Barbara Broccoli viennent d'annoncer que Jack White et Alicia Keys ont enregistré la chanson thème de cette suite de Casino Royale. Intitulé Another way to die, ce titre est le premier duo pour un thème de James Bond.

Harry Potter 5 / David Yates

La bande-annonce d'Harry Potter et le prince de sang mêlé est à visionner ICI
Alors qu'Harry Potter débute sa sixième année à l'école des sorciers, il découvre un mystérieux grimoire sur lequel est inscrit "ce livre appartient au prince de sang-mêlé". C'est ainsi qu'Harry en apprend plus sur le sombre passé de Voldemort...

Réalisé comme le précédent par David Yates, ce nouvel opus d'Harry Potter sortira dans les salles françaises le 26 novembre prochain.

29 juil. 2008

Indiana Jones 5

Dans une longue interview accordée à Timesonline, George Lucas déclare vouloir mettre en chantier un 5ème Indiana Jones après le succès international d’Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal (750M$).
Lucas y avoue que Spielberg n’était pas aussi enthousiaste que ça à l’idée de réaliser le quatrième opus. Si désormais Lucas n’a plus besoin de convaincre son ami pour mettre en chantier prochainement une nouvelle aventure, la direction à prendre est source de légères tensions : Lucas voudrait amener la franchise vers quelque chose de différent (avec le personnage de Mutt en héros ?) quand Spielberg souhaiterait revenir aux origines du personnage. Confiant, Lucas espère que ce nouveau scénario sera comme le précédent un compromis entre sa vision d’Indiana Jones et celle de Spielberg.
Le 27 août prochain Lucasfilm Ltd. sort The Clone Wars, un film d’animation en 3D qui creuse le sillon de la mythologie Star Wars.

28 juil. 2008

Surveillance / Jennifer Lynch


Deux agents du FBI arrivent dans une petite ville perdue pour enquêter sur une série de meurtres. Ils retrouvent sur place trois témoins : un policier à la gâchette facile, une junkie complètement déconnectée et une petite fille de huit ans encore sous le choc. Au cours des interrogatoires, les agents découvrent rapidement que les témoins donnent chacun une version différente des faits, dissimulant manifestement une partie de la vérité.

Principe du Rashomon style pour cette deuxième réalisation de la fille de David Lynch interprétée par Bill Pullman et Julia Ormond, présentée hors compétition en séance de minuit au dernier festival de Cannes : 3 points de vue sur un évènement sanglant.
Jennifer Lynch est adepte comme son illustre père de l’étrange dans un quotidien normal (comportements et attitudes bizarres des personnages de flics) et du détail sanglant. Si les premières minutes autour d’un brutal assassinat puis un spectaculaire carambolage retiennent l’attention pas vraiment de tension latente ni de réguliers pics d’effroi et de troubles pour crier à la réussite indiscutable digne d’un Lost Highway ou d’un Blue Velvet dont la réalisatrice emprunte un acteur (Bill Pullman) comme de nombreux motifs et thèmes (photogénie de l’asphalte, comportement schizophrénique, innocence vs machiavélisme…) avec un jubilatoire plaisir de filmer le bizarre et de raconter une histoire horrible destinée à égarer le spectateur.
Policier très violent à l’humour noir avec de nombreuses situations surréalistes où l’on passe du rire à la peur l’instant d’après et des dialogues tarantinesques, Surveillance est à réservé aux amateurs du genre : entre Tueurs nés et Usual Suspects, il cultive l’outrance et les faux semblants pour un résultat mitigé qui oscille entre le glaçant et le grotesque avec une rock’n roll attitude toutefois assez sympathique. Enfin un des mérites de Surveillance et non des moindres est d’offrir un rôle conséquent à la belle Julia Ormond dont la dernière prestation de premier plan remonte à il y a dix ans dans Le Barbier de Sibérie et qui sera prochainement à l’affiche des nouveaux films de Soderbergh et Fincher.

(Sortie le 30 Juillet)

26 juil. 2008

The Dark Knight / Christopher Nolan

The Dark Knight de Christopher Nolan s'envole d'un battement d'ailes vers les sommets du box-office.
Le film, réalisé par Christopher Nolan a récolté 158,4 millions de dollars entre vendredi et dimanche dernier aux Etats-Unis et au Canada (source Exhibitor Relations) contre 151,1 pour Spider-Man 3 battant ainsi le record d'entrées en salles pour un week-end détenu depuis plus d'un an par le film de Sam Raimi.
Fait plutôt rare pour une super production mettant en scène un personnage de comics le film a été grandement apprécié par les critiques du monde entier qui saluent notamment l'interprétation démente de Heath Ledger, en Joker diabolique et inquiétant, un rôle d’anthologie qui, pour beaucoup de professionnels comme l’influent critique de Rolling Stone Peter Travers, mériterait un Oscar posthume.

Body of lies / Ridley Scott

Les premières images de Body of lies sont à découvrir ICI
Un ancien journaliste devenu agent de la CIA se rend en Jordanie pour traquer l'un des leaders d'Al Qaida, en pleine préparation d'attentats contre les Etats-Unis.
Ce film réalisé par Ridley Scott réunit devant la caméra un duo bien sympathique Leonardo Di Caprio et Russell Crowe dans un thriller politique écrit par William Monahan (Les infiltrés).

Distribué par Warner Bros France, Body of lies sera sur nos écrans le 22 octobre prochain.

25 juil. 2008

Into the wild / Sean Penn

4ème long métrage du réalisateur Sean Penn, Into the wild sort en DVD & Blu-Ray le 16 juillet.
D’après le best-seller du journaliste et écrivain Jon Krakauer, paru en France sous le titre Voyage au bout de la solitude en 1996, sur l’histoire vraie du jeune Chris McCandless et son périple à travers l’Amérique jusqu’en l’Alaska, Into the wild est une quête existentielle doublée d’un manifeste écolo aux images envoûtantes absolument bouleversante.
Le film est disponible chez Pathé Vidéo en dvd simple et collector.
Le détail de la belle édition collector 2 DVD aux bonus conséquents :
Sons : Français, anglais DD5.1
Sous-titres : français
Bonus
DVD 1 :
Into the wild, l’expérience (17’)
Galerie de photos
Bande-annonce
DVD 2 :
Making-of (26’)
Documentaire National Geographic : « Braving Alaska » (50’ VOST)
Conférence de presse : rencontre avec Sean Penn et l’équipe du flm (35’)
L’histoire et ses personnages

Hulk / Louis Leterrier

Le scientifique Bruce Banner cherche désespérément un antidote aux radiations gamma qui ont créé Hulk. Il vit dans l'ombre, toujours amoureux de la belle Betty Ross et parcourt la planète à la recherche d'un remède.La force destructrice de Hulk attire le Général Thunderbolt Ross et son bras droit Blonsky qui rêvent de l'utiliser à des fins militaires. Ils tentent de développer un sérum pour créer des soldats surpuissants.De retour aux Etats-Unis, Bruce Banner se découvre un nouvel ennemi. Après avoir essayé le sérum expérimental, Blonsky est devenu L'Abomination, un monstre incontrôlable dont la force pure est même supérieure à celle de Hulk. Devenu fou, il s'est transformé en plein coeur de New York.Pour sauver la ville de la destruction totale, Bruce Banner va devoir faire appel au monstre qui sommeille en lui...

Après l’accueil public plutôt tiède réservé au Hulk d’Ang Lee jugé trop cérébral en raison de nombreuses considérations psy qui prenaient le pas sur des scènes d’action peu inspirées (notamment problème d’échelle avec le géant perdu dans le désert), la firme Marvel, pour sa seconde production après la réussite artistique et financière d’Iron Man (+ de 500M$ dans le monde), a fait appel au français Louis Leterrier (Le transporteur, Danny the dog) pour redresser la barre et relancer la franchise.
Faiseur sans génie, Leterrier a été recruté pour sa maitrise des scènes d’action dans les productions Besson et son travail avec des stars (Jet Li & Morgan Freeman dans Danny the dog). Même si des réserves liées à la gestion des effets spéciaux à la fin du film sont émises le contrat est rempli : l’action décomplexée est au rendez-vous.
Après un générique très rythmé rappelant l’origine du mal de Bruce Banner (expérience militaire qui tourne mal, irradiation, fuite), direction les favelas de Rio de Janeiro où se cache Banner.
Se fondre dans la masse dans un pays étranger loin de chez lui, retrouver un anonymat et ainsi échapper à ses poursuivants acharnés : la condition du héros sans cesse sur la route, dans l’esprit de la série TV, rappelle celle d’un certain Jason Bourne. Homme souffrant de ce super pouvoir qui n’engendre que le chaos et la désolation, bête traquée, Banner/Hulk est, par ce côté schizophrénique aliénant, un personnage tragique dont Edward Norton, incontestablement la valeur ajoutée de ce nouvel opus, rend subtilement les nuances et la souffrance. Sa transformation en Hulk est toujours bien emmenée avec pupilles virant au vert et visage tordu de douleur. Le retour à sa condition humaine est déchirant : en haillons, sonné, il a alors l’apparence d’un SDF, amnésique. Alors qu’il s’acharne dans son exil brésilien à contrôler ses émotions et trouver un remède à son mal, les militaires US, avec à leur tête le redoutable général Hurt et le soldat intrépide Roth, retrouvent sa trace. Et l’action de s’emballer pour devenir incessante avec une bonne utilisation de décors naturels : poursuite sur les toits de Rio (écho troublant au Bourne ultimatum), combat explosif opposant Hulk à l’armée sur le campus d’une université américaine, duel titanesque entre deux monstres dans Times Square. Le récit se concentre vite sur l’opposition entre notre héros aspirant à se débarrasser de son double monstrueux pour mener une vie normale et un homme (Roth en bad guy de service) rêvant de toute puissance et de jeunesse éternelle, une transformation radicale que lui offre le général en lui injectant la substance même qui causa le mal de Banner, irradié par des rayons gamma.
Toujours en mouvement, Banner/Hulk donne le rythme au film qui intercale entre les poursuites, bastons et autres destructions massives des scènes intimistes assez guimauve entre Norton et sa dulcinée Liv Tyler, deux bons acteurs qui font ce qu’ils peuvent pour insuffler de l’émotion et de l’humain dans ce blockbuster gorgé d’effets spéciaux. Si le spectacle omniprésent est là, difficile pourtant de s’émouvoir pour le sort d’un Hulk digital pourtant fort bien animé mais qui fait regretter aussitôt le pouvoir expressif de l’acteur Norton qui rend passionnant ce personnage inspiré du Dr Jekyll et Mr Hyde. Le problème vient peut-être à la base de la représentation essentiellement en 3D du géant vert, apparence d’une créature qui sur le papier, le comics de 1962 de Stan Lee, ne pose pas de problème mais qui à l’écran tend vers le ridicule (colosse vert vêtu d’un pantacourt). Nonobstant la première apparition très réussie de la créature qui dévoile dans l’obscurité des détails de son anatomie, ses nombreuses apparitions, de l’ordre du virtuel, rapprochent trop le film du jeu vidéo, une impression fortifiée dans la dernière demi-heure avec le duel hallucinant (près de 80 plans à effets visuels pour cette séquence) entre deux monstres, Hulk et Abomination, dans les rues de New-York. Empoignades musclées entre deux créatures numériques certes virtuoses mais qui n’ont pas la force de celles opposant Iron Man à sa mimésis à la fin de cette autre production Marvel qui elle faisait un bon usage des effets mécaniques dûs au regretté Stan Wiston et à l’humain derrière le masque.

Bourrin, trépidant, cet Hulk version Leterrier remplit sa mission de divertissement mais échoue à combiner dans un tout homogène action, humour, émotion, profondeur dramatique, à l’image de réussites comme Iron Man ou Spiderman malgré l’implication du doué Edward Norton également crédité comme coscénariste.

24 juil. 2008

Hancock / Peter Berg


Il y a les héros, les super-héros et il y a... Hancock. Ses superpouvoirs lui ont souvent permis de sauver d'innombrables vies, mais les dégâts monstrueux qu'il fait au passage ont fini par le rendre impopulaire. Les habitants de Los Angeles n'en peuvent plus et se demandent ce qu'ils ont bien pu faire pour mériter un "héros" pareil. Hancock est une tête de mule irascible qui n'est pas du genre à se soucier de ce que pensent les gens... du moins jusqu'à ce qu'il sauve la vie de Ray Embrey, un spécialiste des relations publiques. Le super-héros le plus détesté au monde commence alors à réaliser qu'il n'est pas aussi insensible qu'il voudrait le faire croire...

Né en 1996 sous la plume de Vincent Ngo, le projet Hancock sera passé entre de nombreuses mains, Tony Scott et Michael Man (producteur du film) entre autres, avant d’être réalisé par Peter Berg qui s’est montré plutôt à l’aise dans le registre gros film d’action avec Le royaume.
Personnage de super-héros décalé, Hancock a l’apparence, au début de l’aventure, d’un SDF, porté sur la boisson et désespéré par l’idée d’être le seul de son espèce. Contraint de sauver des innocents dans une routine pénible, il provoque moult catastrophes lors de ses interventions au grand dam de la société civile : déraillement de train, accidents en chaîne sur l’autoroute, naufrage d’un voilier lors du sauvetage d’une baleine échouée (gag savoureux visionné par les personnages principaux sur You tube!).
La première heure aligne de bons moments comiques grâce à la nonchalance, le charisme et le sens du timing comique de Will Smith et deux scènes d’actions virtuoses où l’intégration d’effets spéciaux impeccables (bluffante doublure numérique de l’acteur) dans un milieu urbain est un modèle du genre. L’autodérision, le détournement des codes de l’univers des super héros (ah les commentaires sarcastiques sur la tenue des héros de légende !) fonctionnent à merveille assurant à Hancock un ton original très appréciable.

Amoureux d’une wasp, la sublime Charlize Theron et sur les conseils d'un conseiller en communication, Hancock va opérer un virage à 360° dans sa vie. Et le film de muter après un twist scénaristique lié aux origines du héros vers un produit calibré avec combat titanesque noyé sous un déluge d’effets spéciaux, rédemption, sens du sacrifice et acceptation de son statut après épreuves physiques et émotionnelles redoutables.Après une première partie très réussie le scénario dérape pour déployer, avec un sérieux qui tranche grandement avec la désinvolture passée, une mythologie dont l’emprunt aux récits légendaires de la Grèce antique laisse dubitatif aux dépens de la comédie et de la dérision qui assurait à Hancock un côté très sympathique.
Le grand virage amorcé par le scénario déçoit donc beaucoup. Il y avait matière à faire un film original de super héros avec ce personnage grincheux et politiquement incorrect (les enfants taquins n’ont qu’à bien se tenir !), le pari est à moitié gagné et la déception d’autant plus grande qu’une grande partie est vraiment savoureuse tant au niveau des situations humoristique que la gestion des effets spéciaux dans des scènes d’action bien menées.
Très divertissant, Hancock devrait être néammoins un succès de l'été 2008. Attendons le 13 août pour se délecter de la suite tant attendue des aventures du névrosé Batman (version Nolan après la déroute signée Schumacher), un héros qui n’a pas de super pouvoirs comme le cynique Iron Man, deux figures très attachantes de la galaxie très lucrative des super héros, deux justiciers aux tempéraments opposés qu’ils ont le bon goût d’assumer, ses contradictions, ses tourments pour l’un, son panache et son effronterie pour l’autre, dans des aventures de qualité constante.

15 juil. 2008

The Dark Knight / Christopher Nolan

Alors qu'il ne reste plus qu'un mois à attendre avant de découvrir le nouveau Batman en salles le 13 août, la campagne de promo savamment orchestrée (spots, reportages, affiches dont des visuels détournés par le Joker voir ci-contre) de The Dark Knight s'associe à la chaine HBO pour proposer deux reportages intéressants au coeur de cette nouvelle aventure : images inédites, révélations sur l'intrigue et les relations entre des personnages principaux, présentation des plateaux de tournage à Chigago, mise en avant d'une scène d'action explosive... attention spoilers mais un contenu très attractif pour le fan de l'univers noir de Batman.

7 juil. 2008

Une histoire italienne / Marco Tullio Giordana

A l'aube du 30 avril 1945, cinq jours après la Libération, on retrouve à la périphérie de Milan deux cadavres ensanglantés. Une pancarte fraîchement peinte les identifie : Osvaldo Valenti et Luisa Ferida, exécutés quelques heures auparavant par les partisans. Mais qui étaient Osvaldo Valenti et Luisa Ferida ? Adulé du grand public, le couple, aussi célèbre à la ville qu'à l'écran faisait partie des acteurs de premier plan du cinéma des "téléphones blancs" que le régime fasciste avait voulu encourager. Parfaits dans les rôles du voyou séduisant et de la femme perdue et sans âme, ils scandalisaient la petite bourgeoisie italienne en incarnant ces personnages anarchisants et dissolus.
Le nouveau film du réalisateur italien de Nos meilleures années, Une histoire italienne (Sanguepazo), présenté en séance spéciale au dernier festival de Cannes, est basé sur l’histoire vraie de deux stars du cinéma transalpin incarnées par Monica Bellucci et Lucas Zingaretti exécutées par les partisans quelques jours après la Libération en 1945.
Si le projet ne manque pas d’ambition, l’histoire d’amour d’un couple d’acteurs pris dans la tourmente de la guerre, force est de constater la distanciation qu’impose cette fresque romantico-historique pêchant par manque de lyrisme et d'émotion. Pourtant l'idée d'aborder la seconde guerre par le prisme de l'industrie cinématographique était séduisante tout comme la prestation de Monica Bellucci dans sa langue natale. Même si Bellucci, très sensuelle comme à l'accoutumée, laisse entrevoir un jeu sensible qu'elle a eu rarement l'occasion de démontrer, elle a un rôle d’icône (une star de cinéma) qui a tendance à figer l'expression des émotions. Beauté sulfureuse, comédien grimaçant, Bellucci et Zingaretti incarne un couple iconoclaste d’artistes narcissiques assez hystérique et borderline (lui est accro à la drogue, elle est partagée entre 2 hommes) dont on peine à s’intéresser à leur destin. La faute à la fadeur du deuxième rôle masculin, cette seconde histoire d’amour n’est pas très crédible. De plus la toile de fond historique n’a pas assez de relief pour imposer un quelconque danger ou tension dramatique.
Trop didactique au détriment de l'intensité dramatique et dense en juxtaposant schématiquement considérations politiques et triangle amoureux ce qui nous vaut sur 2h20 beaucoup de longueurs, cette histoire italienne ambitieuse au sujet passionnant déçoit par son traitement où l'élégance prend le pas sur l'incarnation, malgré l'implication de Bellucci dans ce rôle de diva amoureuse. Des scènes récurrentes de querelle domestique, animales et sulfureuses, retiennent l'attention qui a tendance à s'échapper au fil de ce mélodrame à voir pour les amateurs(rices) du genre.
(Sortie le 09 juillet)

6 juil. 2008

Kung-Fu Panda / Mark Osborne & John Stevenson

Passionné, costaud et quelque peu maladroit, Po est sans conteste le plus grand fan de Kung-Fu. Serveur dans un restaurant de nouilles de son père, son habileté reste encore à prouver. Elu pour accomplir une ancienne prophétie, le rêve de Po devient réalité lorsqu'il rejoint le monde du Kung-Fu pour apprendre les arts martiaux auprès de ses idoles, les légendaires Cinq Cyclones : Tigresse, Grue, Mante, Vipère, Singe sous les ordres de leur professeur et entraîneur, maître Shifu. Mais Taï Lung, le léopard des neiges fourbe et animé d'un désir de vengeance, approche à grands pas et c'est Po qui sera chargé de défendre la vallée face à cette menace grandissante. Son rêve de devenir maître de Kung-Fu se transformera-t-il en réalité? Po met du coeur-et du corps-à l'ouvrage et le héros improbable découvrira finalement que sa plus grande faiblesse est sa plus grande force.

Après Madagascar et Shrek, le studio Dreamworks présente un nouveau film d’animation avec au centre un phénomène panda-normal, Kung-Fu Panda.
Avec son personnage principal attachant, un panda obèse très gourmand sommé par une prophétie de devenir un héros grâce à sa science de l’art martial, ses décors somptueux aux couleurs éclatantes, ses scènes de kung-fu virtuoses, son message optimiste véhiculé dans une ambiance zen, Kung-Fu Panda se présente comme une réussite éclatante dont l’animation est tout simplement bluffante.

Les scènes de bravoure abondent : de l’évasion spectaculaire du méchant au combat final opposant l’Elu au traitre jusqu’à un combat titanesque sur un pont suspendu l’action survitaminée défiant les lois de l’apesanteur dans des combats sortis de Tigre et dragon procure un agréable sentiment de jubilation. Ponctué de nombreuses références cinématographiques (Matrix, Kill Bill, les films de Bruce Lee et des Shaw Brothers), habité par la philosophie et l’art de vivre chinois, Kung-Fu Panda est un récit d’apprentissage : un personnage ordinaire doit accepter d’embrasser un destin extraordinaire. Eloge de la différence, de l’amitié, de l’honneur en même temps que démonstration martiale impressionnante, Kung-Fu Panda est l’alliance de Kurosawa et de Tigre et dragon avec une bonne rasade d’humour. Les auteurs du film ont privilégié l’action et l’émotion à l’humour énorme à la Shrek qui carburait au gag renversant, à la réplique qui fait mouche et au comique de situation hilarant. Si son scénario est sans surprises voire un peu paresseux à l’image de son héros, le parcours chaotique du quidam pour devenir l’Elu entre rejet et acceptation, cette petite merveille d’animation de Dreamworks emporte l’adhésion par, outre ses nombreuses acrobaties et combats incroyables, ses scènes très réussies entre le maître et l’élève : de la méfiance à la complicité, cette version animée du tandem Yoda/Skywalker est le cœur de cette histoire visuellement impressionnante et spirituellement apaisante promise, vu l’énorme succès aux Etats-Unis, à une suite avec toujours l’excellent Jack Black comme modèle pour Po, le kung-fu panda le plus cool qui soit.
(Sortie le 09 juillet)

2 juil. 2008

Rencontre avec Nicole Garcia au Festival du Film Court de Montpellier

L’actrice, réalisatrice et scénariste Nicole Garcia était présente Vendredi 13 Juin à la salle Rabelais à Montpellier, dans le cadre de la 1ère édition du Festival Court de Montpellier, pour un dialogue en toute décontraction avec le critique d’art Matthieu Orléans autour de sa carrière d’actrice et surtout de réalisatrice qui fait la part belle aux itinéraires sinueux de personnages en crise de Le Fils préféré à Selon Charlie en passant par L’adversaire.

La ville de Montpellier se présenta au début de la vie de Nicole Garcia comme une plateforme entre l’Algérie, son pays de naissance et Paris, une étape solaire avant la capitale où elle espérait concrétiser ses rêves de devenir comédienne. Elle y étudia la philosophie, une discipline fondatrice pour son rapport à l’écriture. En effet elle précise que ses scénarios s’inspirent d’écrits divers et recèlent, à l’image de celui de Selon Charlie, un questionnement mythologique comme un examen d’un quotidien ordinaire. A Paris elle fit la Rue Blanche puis le Conservatoire où elle remporta un 1er Prix. Passionné de théâtre, elle débuta tôt au cinéma avec Des garçons et des filles (1968) d’Etienne Périer.
Un extrait de Duelle (1976) est l’occasion de remercier Jacques Rivette pour lui avoir offert l’opportunité de travailler avec lui sur ce conte fantastique où elle incarne un personnage mystérieux, aérien et théâtral. Puis est évoqué le succès de Les uns et les autres (1981) de Claude Lelouch qui lui permettra d’asseoir sa popularité après son César du meilleur second rôle féminin pour la comédie de De Brocca Le cavaleur en 1978. Elle précise que Lelouch fut le premier réalisateur à utiliser en France la caméra à l’épaule, une démarche artistique qui selon elle permet de lever l’inhibition de l’acteur alors plus libre dans sa composition. Le réalisateur d’Un homme et d’une femme est également loué pour la place qu’il laisse aux acteurs dans la construction de leurs personnages (comportements comme dialogues). Interprète de Resnais, Deville, Miller qui lui ont offert ses plus beaux rôles, Nicole Garcia clôt l’évocation de sa carrière d’actrice, poursuivie parallèlement à son métier de réalisatrice, sur une note mélancolique : « la fragilité de l’acteur c’est d’attendre d’être désiré ».
Tourné sur l’île de Ré avec la participation de Jean-Louis Trintignant son 1er court métrage 15 août fut un déclic pour sa conversion à la mise en scène et au montage : « entrer en montage est comme entrer en cinéma ». 15 août est décrit par Garcia comme une histoire d’adultère, de trahison, une thématique sombre dans un univers estival.
Son premier long Un week-end sur deux (1990) est comme un retour aux sources en faisant de la ville de Montpellier une étape pour le personnage principal féminin dans son périple de Paris à l’Espagne.
Le fils préféré (1994) avec son magnifique trio d’acteurs (Barr, Giraudeau, Lanvin) est l’histoire touchante d’adultes qui se débattent avec l’enfance.
Place Vendôme (1998) s’articule autour de la performance remarquable de Catherine Deneuve, « sa blondeur passionnante et un côté sombre qu’elle porte en elle ». Avec le personnage de Deneuve, sous l’influence de Bergman avec « ce féminin divisé, un désarroi vis-à-vis des hommes », s’avance l’ombre de l’alcoolisme et se déploie le thème de la trahison que l’on retrouvera dans le film suivant, le redoutable L’adversaire. Avec ce sujet « sur le luxe et derrière, l’ombre des marchés des pierres précieuses » Nicole Garcia présente, au début du film des personnages en difficultés, déchirés, à terre. Elle remarque que le cheminement de ces personnages s’inverse maintenant. Plutôt spectatrice du jeu puissant de Deneuve au début de l’aventure, elle avoue avoir installé sa position de réalisatrice après les quinze 1ers jours de tournage.
Avec L’adversaire (2002), basé sur l’affaire Romand, Garcia dirige à nouveau un monstre sacré du cinéma français, Daniel Auteuil. Elle avoue son admiration devant la performance d’Auteuil pour incarner ce monstre à visage humain, un père de famille et un mari mythomane qui finit par assassiner les siens plutôt que de leur avouer la vérité sur l’échec de sa vie professionnelle. Doux, torturé, inquiétant, cet Adversaire glaçant doit beaucoup à l’implication d’Auteuil dans la construction de ce personnage tragique, « un antihéros qui va développer quelque chose de terriblement noué en lui, qui ne peut affronter le néant devant lui ». D’un point de vue narratif, si Le fils préféré adopte une narration linéaire L’adversaire est construit sur « une juxtaposition de temporalités : la chronologie de l’histoire et le jour du meurtre ».
Dans son dernier film Selon Charlie (2006) « les temporalité de tous les personnages se croisent pour former une multiplicité des destins ». Echec en salles après son frileux accueil cannois, cette ambitieuse mosaïque de personnages a dérouté bon nombre de spectateurs par son mélange des genres, parfois maladroit au cœur d’une même scène, entre comédie et émotion, tragi-comédie et sensibilité, pléthore de sentiments abordés dans plusieurs histoires traitées in fine inégalement. Avec Selon Charlie qui comporte de grands moments d’acteur (Bacri, Magimel, Lindon, Poelvoorde) Garcia poursuit une intéressante exploration du masculin, ses doutes, ses fragilités, ses peines et ses joies dans des tranches de vie observées avec un talent singulier, mélange de sécheresse et d’émotion diffuse véhiculée notamment par une musique « sensorielle » (voir l’envoûtant score atmosphérique du compositeur de Lynch, Angelo Badalementi, pour L’adversaire), utilisée comme « une autre voix que celle de l’image pour dire l’au-delà d’une situation trivile (adultère, déchirements, amour).
Son prochain film, en cours d’écriture avec le fidèle Jacques Fieschi, est autour d’un homme qui retrouve son amour d’enfance dans les mois qui précèdent l’Indépendance. Il y sera question de double, d’enfance ou « comment l’enfance s’inscrit dans les personnages, la mémoire se déplace et les choses se rejouent dans le présent ».

Definitley maybe (Un jour peut-être) / Adam Brooks

Will Hayes est un jeune père New Yorkais d'une trentaine d'années en plein divorce lorsque sa fille de onze ans, Maya, le questionne sur sa vie avant qu'il ne soit marié. Elle veut savoir comment ses parents se sont rencontrés et comment ils sont tombés amoureux. L'histoire de Will commence en 1992 alors qu'il débarque, jeune politicien, de son Wisconsin natal à New York pour travailler sur la campagne de Clinton. Will raconte sous forme de puzzle ses 3 grandes histoires d'amour. Il y a eu Emily, son amour de lycée; April, sa meilleure-amie et confidente de toujours et Summer, une journaliste ambitieuse. L'une d'entre elles est la mère de Maya mais ce n'est qu'à la fin de l'histoire qu'elle saura avec laquelle il s'est marié.

Dans le registre ultra-balisé de la comédie romantique américaine Definitely Maybe (Un jour peut-être) séduit par sa narration à rebours où sous la forme d’un Cluedo le spectateur et la jeune Maya sont invités à découvrir l’identité de la mère de la petite fille. Sur une période de 15 ans nous sommes confiés à une ballade sur la carte du Tendre émaillée de trois rencontres marquantes : du milieu des années 90, le début de l’internet, du téléphone cellulaire, l’ère de Clinton et de Nirvana, des espoirs et des illusions pleins la tête à la vie d’adulte d’aujourd’hui, un job bien payé dans le milieu cynique de la pub, des obligations parentales notamment une enfant entêté et mature (la Little Miss Sunshine Abigail Breslin ) qui voudrait l’identité de sa mère parmi ces trois amours aux profils différents.

Le petit suspense amusant tient bien la route grâce à un trio d’actrices épatantes (Rachel Weisz, Elizabeth Banks et surtout la craquante Isla Fisher, révélation du film) et au charisme de Ryan Reynolds.
Sur une bande-son très entrainante (Massive Attack, Nirvana…) Definitely Maybe offre des tranches de vie pleines de bons sentiments et de mélancolie très agréables à suivre grâce à ses aller-retour entretenant avec jubilation le mystère avant le happy end larmoyant de rigueur qui rappelle avec un optimisme sincère que le véritable amour trouve toujours son chemin.