24 juil. 2008

Hancock / Peter Berg


Il y a les héros, les super-héros et il y a... Hancock. Ses superpouvoirs lui ont souvent permis de sauver d'innombrables vies, mais les dégâts monstrueux qu'il fait au passage ont fini par le rendre impopulaire. Les habitants de Los Angeles n'en peuvent plus et se demandent ce qu'ils ont bien pu faire pour mériter un "héros" pareil. Hancock est une tête de mule irascible qui n'est pas du genre à se soucier de ce que pensent les gens... du moins jusqu'à ce qu'il sauve la vie de Ray Embrey, un spécialiste des relations publiques. Le super-héros le plus détesté au monde commence alors à réaliser qu'il n'est pas aussi insensible qu'il voudrait le faire croire...

Né en 1996 sous la plume de Vincent Ngo, le projet Hancock sera passé entre de nombreuses mains, Tony Scott et Michael Man (producteur du film) entre autres, avant d’être réalisé par Peter Berg qui s’est montré plutôt à l’aise dans le registre gros film d’action avec Le royaume.
Personnage de super-héros décalé, Hancock a l’apparence, au début de l’aventure, d’un SDF, porté sur la boisson et désespéré par l’idée d’être le seul de son espèce. Contraint de sauver des innocents dans une routine pénible, il provoque moult catastrophes lors de ses interventions au grand dam de la société civile : déraillement de train, accidents en chaîne sur l’autoroute, naufrage d’un voilier lors du sauvetage d’une baleine échouée (gag savoureux visionné par les personnages principaux sur You tube!).
La première heure aligne de bons moments comiques grâce à la nonchalance, le charisme et le sens du timing comique de Will Smith et deux scènes d’actions virtuoses où l’intégration d’effets spéciaux impeccables (bluffante doublure numérique de l’acteur) dans un milieu urbain est un modèle du genre. L’autodérision, le détournement des codes de l’univers des super héros (ah les commentaires sarcastiques sur la tenue des héros de légende !) fonctionnent à merveille assurant à Hancock un ton original très appréciable.

Amoureux d’une wasp, la sublime Charlize Theron et sur les conseils d'un conseiller en communication, Hancock va opérer un virage à 360° dans sa vie. Et le film de muter après un twist scénaristique lié aux origines du héros vers un produit calibré avec combat titanesque noyé sous un déluge d’effets spéciaux, rédemption, sens du sacrifice et acceptation de son statut après épreuves physiques et émotionnelles redoutables.Après une première partie très réussie le scénario dérape pour déployer, avec un sérieux qui tranche grandement avec la désinvolture passée, une mythologie dont l’emprunt aux récits légendaires de la Grèce antique laisse dubitatif aux dépens de la comédie et de la dérision qui assurait à Hancock un côté très sympathique.
Le grand virage amorcé par le scénario déçoit donc beaucoup. Il y avait matière à faire un film original de super héros avec ce personnage grincheux et politiquement incorrect (les enfants taquins n’ont qu’à bien se tenir !), le pari est à moitié gagné et la déception d’autant plus grande qu’une grande partie est vraiment savoureuse tant au niveau des situations humoristique que la gestion des effets spéciaux dans des scènes d’action bien menées.
Très divertissant, Hancock devrait être néammoins un succès de l'été 2008. Attendons le 13 août pour se délecter de la suite tant attendue des aventures du névrosé Batman (version Nolan après la déroute signée Schumacher), un héros qui n’a pas de super pouvoirs comme le cynique Iron Man, deux figures très attachantes de la galaxie très lucrative des super héros, deux justiciers aux tempéraments opposés qu’ils ont le bon goût d’assumer, ses contradictions, ses tourments pour l’un, son panache et son effronterie pour l’autre, dans des aventures de qualité constante.

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