28 juil. 2008

Surveillance / Jennifer Lynch


Deux agents du FBI arrivent dans une petite ville perdue pour enquêter sur une série de meurtres. Ils retrouvent sur place trois témoins : un policier à la gâchette facile, une junkie complètement déconnectée et une petite fille de huit ans encore sous le choc. Au cours des interrogatoires, les agents découvrent rapidement que les témoins donnent chacun une version différente des faits, dissimulant manifestement une partie de la vérité.

Principe du Rashomon style pour cette deuxième réalisation de la fille de David Lynch interprétée par Bill Pullman et Julia Ormond, présentée hors compétition en séance de minuit au dernier festival de Cannes : 3 points de vue sur un évènement sanglant.
Jennifer Lynch est adepte comme son illustre père de l’étrange dans un quotidien normal (comportements et attitudes bizarres des personnages de flics) et du détail sanglant. Si les premières minutes autour d’un brutal assassinat puis un spectaculaire carambolage retiennent l’attention pas vraiment de tension latente ni de réguliers pics d’effroi et de troubles pour crier à la réussite indiscutable digne d’un Lost Highway ou d’un Blue Velvet dont la réalisatrice emprunte un acteur (Bill Pullman) comme de nombreux motifs et thèmes (photogénie de l’asphalte, comportement schizophrénique, innocence vs machiavélisme…) avec un jubilatoire plaisir de filmer le bizarre et de raconter une histoire horrible destinée à égarer le spectateur.
Policier très violent à l’humour noir avec de nombreuses situations surréalistes où l’on passe du rire à la peur l’instant d’après et des dialogues tarantinesques, Surveillance est à réservé aux amateurs du genre : entre Tueurs nés et Usual Suspects, il cultive l’outrance et les faux semblants pour un résultat mitigé qui oscille entre le glaçant et le grotesque avec une rock’n roll attitude toutefois assez sympathique. Enfin un des mérites de Surveillance et non des moindres est d’offrir un rôle conséquent à la belle Julia Ormond dont la dernière prestation de premier plan remonte à il y a dix ans dans Le Barbier de Sibérie et qui sera prochainement à l’affiche des nouveaux films de Soderbergh et Fincher.

(Sortie le 30 Juillet)

1 commentaire:

Parapluie a dit…

Avant première aux Halles ?
;)