17 août 2008

Braquage à l'anglaise / Roger Donaldson

Jusque-là, Terry s'était toujours contenté de vols de voitures et de petites magouilles, mais lorsque Martine lui propose de participer au braquage infaillible d'une prestigieuse banque londonienne, il y voit la chance de sa vie... L'enjeu est une salle des coffres remplie de millions en liquide et en bijoux extraordinaires, mais Terry et son équipe ignorent que l'endroit renferme aussi quelques secrets que les plus puissants dignitaires du royaume ne veulent à aucun prix voir sortir...

Incroyable histoire que celle de Braquage à l'anglaise basée sur des faits réels soit l’incroyable cambriolage au talkie-walkie dont avait été victime la banque Lloyds de Londres en septembre 1971. Des cambrioleurs ont percé un tunnel qui les a conduits dans les coffres de cette banque de Baker Street et y ont emporté argent et bijoux pour plusieurs millions de livres sterling. Rien n'a jamais été retrouvé et personne n'a été arrêté. Après avoir fait les gros titres pendant quelques jours, l’affaire n’a plus été évoquée par les médias car ils avaient reçu du gouvernement une "D-Notice", une demande exceptionnelle de ne rien publier sur un sujet pouvant compromettre la sécurité de l'Etat...
Sur cette base rêvée pour un film de genre qui trouverait sa place à côté des récents Ocean’s eleven et Inside man, le scénario se déploie sous une forme ternaire classique (présentation des personnages et préparatifs, déroulement du casse, conséquences dramatiques) sublimée par le travail de caractérisation des personnages, la recréation du Londres des années 70 et une maitrise du rythme propre au divertissement policier.
L’australien Roger Donaldson emballe l’affaire de bien belle manière en maintenant une tension constante quant au sort de l’attachante troupe de braqueurs amateurs confrontés à une affaire criminelle qui va très vite les dépasser et prendre une tournure dramatique. Si l’exécution du casse est somme toute banale les conséquences sont très surprenantes voire explosives. En effet nos modestes anti-héros vont agiter malgré eux un panier de crabes où se débattent, dans une ambiance de corruption généralisée et de sexe déviant, politiciens, têtes couronnées, pornographes, gangsters et services secrets. Pleine de rebondissements, cette histoire utilise le principe de l’effet boule de neige pour précipiter ses multiples personnages sur un tempo soutenu vers une issue surprenante.
Dans un souci d’authenticité, Donaldson et son équipe ont tourné dans de nombreux décors naturels en Angleterre avec un casting impeccable composé de gueules et de silhouettes so british autour de la sublime Saffron Burrows et de l’action héros Jason Statham assez surprenant sorti des acrobaties infantiles des productions Besson.

Braquage à l’anglaise a la classe du film de casse à l’ancienne avec un subtil parfum de film noir qui n'est pas sans évoquer les polars anglais 70's comme La loi du milieu et L'or se barre : personnages solides, intrigue implacable, fonds social et politique en arrière-plan pour donner du relief à cette surprenante affaire criminelle qui se révèle être cinématographiquement une agréable surprise.

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