23 août 2008

Solitaire / Greg McLean

Australie. Le reporter cynique américain Pete McKell rejoint un groupe disparate de touristes pour une splendide croisière sur les eaux sauvages du Kadaku National Park. Mais à la suite d'un étrange accident, leur embarcation fait naufrage. Alors que le groupe attend en vain d'être secouru, un crocodile géant mangeur d'hommes apparaît à la surface de l'eau...

Après le succès de son premier film Wolf Creek (2005) qui a remporté 50 fois son budget, terrifiant film d’horreur où des jeunes gens sont traqués par un bushman psychopathe dans le désert australien, Greg McLean propose, avec le soutien financier des frères Weinstein (budget de 25M$ contre 1.8 pour Wolf) un nouveau film de terreur avec ce crocodile mangeur d’homme.

Un nouveau film de monstre donc qui prend le temps, à l’image de Wolf Creek, de présenter ses personnages et cerner leurs personnalités, leurs caractères, autant de poncifs développés avec précision avant de révéler la perversité et la folie face à l’horreur. Dans de superbes décors naturels filmés avec une approche documentaire assez surprenante comme les quelques élans panthéistes qui parsèment le film au détour d’un plan contemplatif, McLean fait doucement monter la tension avec le hors champ où se terre une menace insoupçonnée, ces paysages sauvages qui d’objet d’excursion touristique vont devenir le cadre d’un survival intense. En bon conteur maîtrisant les codes du film de monstre, McLean joue habilement avec nos peurs (les reptiles, les profondeurs marines, l’obscurité) en repoussant au maximum, comme l’avait fait brillamment Spielberg dans Jaws, la présentation du prédateur : le deuxième acte, l’attaque, se déroule dans une ambiance nocturne des plus angoissante. Le dernier tiers est axé sur l’affrontement improbable mais assez jubilatoire entre le personnage de Michel Vartan (assez fade) et le monstre dans sa cache où gît blessée une jolie proie, version moderne du combat de David contre Goliath en huis clos anxiogène avec bonne utilisation de plans numériques et d’effets animatroniques du crocodile géant dont l’apparence et les mouvements se révèlent in fine plutôt réussis.

Plus réussi que les séries Z Lake Placid ou Anaconda et leurs reptiles géants, Solitaire est un efficace film de monstre au déroulement certes prévisible mais au suspense croissant avant une plongée dans l’horreur totale, personnifiée par ce redoutable crocodile géant, grâce à une mise en scène qui tire parti de la suggestion (utilisation judicieuse du hors champ, de l’ombre, de l’obscurité) pour faire monter la tension.

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