18 sept. 2008

Coup de foudre à Rhode Island / Peter Hedges

34ème festival américain de Deauville – Hors compétition

Depuis la mort de sa femme, Dan élève seul ses trois filles, persuadé qu'il ne retrouvera jamais l'amour. Jusqu'au jour où le hasard le met sur la route de la ravissante Marie, qu'il croise dans une librairie et dont il tombe instantanément raide dingue. L'attirance semble réciproque, mais les femmes parfaites sont rarement célibataires, et Dan ne va pas tarder à voir les difficultés s'acharner contre son possible bonheur...

Auteur du scénario du sympathique Pour un garçon et réalisateur de Pieces of April, Peter Hedges a enrôlé pour cette comédie romantique se déroulant quasiment en huis-clos dans une vaste maison familiale un couple inédit : Steve Carell et Juliette Binoche.

Contraint de cohabiter par un quiproquo savoureux pendant quelques jours avec la tribu de Dan, envahissante limite interventionniste en ce qui concerne les affaires de cœur, les deux célibataires (l’un est un veuf inconsolable, l’autre sort d’une rupture récente) vont jouer à je t’aime moi non plus dans une atmosphère familiale chaotique et chaleureuse. Si les situations comiques sont inégales en terme d’efficacité burlesque et les rebondissements attendus, ce Coup de foudre à Rhode Island bénéficie néanmoins d’un rythme enlevé lié au folklore amusant de cette famille et de l’alchimie inespérée de ces deux comédiens principaux Steve Carell et Juliette Binoche. Doté d’un potentiel comique indiscutable depuis les succès de 40 ans, toujours puceau et Little Miss Sunchine, Steve Carell convainc en père de famille débordé par ses trois filles, combinaison détonante de regard triste et mélancolique à la Droopy et air ahuri à la Peter Sellers, face au charme lumineux de notre Juliette nationale. Seconds rôles dotés de bonnes expressions et réparties humoristiques, Dane Cook et Dianne West font également partie de cette réunion de famille qui cette année prend une tournure particulière mais se révèle source de réconfort et de joie amoureuse (sans ce rassemblement à Rhode Island Dan n’aurait jamais connu Marie).

Mix de film de famille et de comédie romantique, Coup de foudre à Rhode Island n’évite pas scénario et sentimentalisme formatés mais se laisse agréablement voir grâce à son duo assez étincelant très bien entouré.

Lors de la conférence de presse, Juliette Binoche déclare, pour les besoins du rôle, avoir appris à jouer au football américain et cuisiner des pancakes lors du temps passé entre les acteurs pour lier connaissance afin de traduire à l’écran une complicité. Elle décrit son personnage comme « une orpheline qui essaye d’être parfaite pour se faire accepter par la famille de Dan ». Image délicieuse pour cette Marie qui « vit dans le désir de plaire et de se faire accepter ». Pour l’actrice française oscarisée plutôt habituée aux drames « la comédie doit être ancré dans la réalité ». Ce Coup de foudre à Rhode Island était donc une récréation hollywoodienne plaisante pour Juliette avant le tournage en Toscane de Shririn d’Abbas Kiarostami. Mettant sa carrière d’actrice entre parenthèses, elle va présenter du 19 au 29 novembre une pièce-ballet qui se veut amoureusement cru entre danse et théâtre nommée In-I, en duo avec le chorégraphe et danseur à succès britannique Akram Khan, connu pour ses mélanges de danse contemporaine occidentale et de danse classique indienne (le kathak).

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