29 sept. 2008

Appaloosa / Ed Harris

Sélection officielle Deauville 2008

Au Nouveau-Mexique, en pleine conquête de l'Ouest, la petite ville minière d'Appaloosa vit sous la domination du tout-puissant Randall Bragg et de ses hommes, qui n'ont pas hésité à éliminer le shérif.
Pour mettre fin au règne de la terreur, la communauté fait appel au marshal Virgil Cole et à son adjoint, Everett Hitch, réputés pour avoir ramené la paix et la justice dans des villes où plus aucune loi n'avait cours. Pourtant, cette fois, Cole et Hitch vont se heurter à un adversaire d'une autre dimension. Leurs méthodes implacables risquent de ne pas suffire. L'apparition d'Allison French, une séduisante veuve, va aussi mettre leur duo à l'épreuve. Appaloosa va rapidement devenir le théâtre d'une de ces histoires où la vie, la vérité, la trahison et la mort se côtoient avant de se combattre. Voici une saga comme seule la légende de l'Ouest sait les écrire...

Pour son second film de réalisateur, après Pollock (2001), le comédien Ed Harris (Appolo 13, The Truman show, Abbyss) s’est attaqué à un genre éminemment américain, le western, en compagnie de son partenaire de jeu de A history of violence, Viggo Mortensen dont il partage également l’affiche.
Tiré d’un roman de Robert B.Parker, Appaloosa est une histoire d’honneur et d’amitié dans le vieil ouest américain, une histoire à l’ancienne qui, selon les dires d’Ed Harris lors de la conférence de presse, « prend son temps ». Dans cet hommage aux westerns d’avant, le mot d’ordre du réalisateur était « stop to move along » soit asseoir la crédibilité de ses personnages et poser les bases d’un véritable duo pour lequel le spectateur aurait de la sympathie en les laissant s’exprimer par les dialogues, les gestes ou les regards. Le principal intérêt du scénario réside pour lui dans cette histoire d’amitié entre ces deux hommes de loi, le shérif Virgil Cole et son adjoint Everett Hitch. Deux durs à cuire à la complicité évidente qui n’ont pas besoin de beaucoup parler pour se comprendre, deux représentants de la loi croyant fermement en des valeurs comme justice et honnêteté, loyauté et amitié. Les nombreux échanges verbaux (il y a des silences très éloquents) entre les deux personnages sont souvent ponctués d’un humour savoureux et teintés d’une exquise dérision.
La colonne vertébrale du récit réside dans cette relation forte d’amitié mise à l’épreuve de l’amour et de la mort. En effet une séduisante veuve interprétée par Renée Zellweger débarque à Appaloosa et attire immédiatement l’attention de Cole. On retrouve dans l’écriture de cet élément mystérieux, impertinent et volage, un effort de nuance dans la caractérisation des principaux personnages : la droiture de Virgil Cole ne l’empêche pas de succomber à une pulsion violente lors d’une soirée paisible dans le saloon, le geste final de Hitch le rapproche dangereusement des hors-la-loi qu’il combat. Quant au bad guy de l’histoire joué par Jérémy Irons il est beaucoup trop fade et effacé pour convaincre. Même s’il respecte les codes violents du western (enlèvement, attaque de train, affrontement avec les indiens, fusillades et duel final) Ed Harris préfère installer une atmosphère bonne enfant puis doucement inquiétante autour de son duo complice au fil d’un récit bien écrit plutôt que de plonger dans la noirceur de l’âme humaine façon Impitoyable ou livrer son quota de scènes d’action trépidantes et spectaculaires pour plaire à la nouvelle génération façon 3h10 pour Yuma. Les scènes attendues, à l’image de l’arrestation du bad guy, sont en effet assez expédiées, la mise en scène de l’action comptant moins que l’examen de ses conséquences sur le parcours des deux hommes.
Ed Harris s’est fait visiblement plaisir en contant cette histoire d’amitié et d’honneur sous des ciels immenses du Nouveau Mexique : dans des décors naturels somptueux Appaloosa révèle un buddy movie très attachant aux personnages solides et profonds qui doit beaucoup à la palpable complicité de ses deux interprètes aux regards azurs.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Salut !!!
bon j'avais déjà envie d'aller le voir, mais je suis décidée !!!
Tu nous feras un critique du prochain Woody ? Moi j'adore, mais je vais avoir du mal à y trainer Régis, je compte sur toi ;)
Bises

Fanny