30 oct. 2008

Hellboy 2 , Les Légions d'or maudites

Après qu'une ancienne trêve établie entre le genre humain et le royaume invisible des créatures fantastiques ait été rompue, l'Enfer sur Terre est prêt à émerger. Un chef impitoyable qui règne sur le royaume d'en-dessous, renie ses origines et réveille une menace sans précédent : une armée de créatures que personne ne peut arrêter. Maintenant, il est temps pour le super héros le plus indestructible et le plus cornu de la planète de combattre un dictateur sans pitié et ses légions. Il peut être rouge, il peut avoir des cornes, il peut être mal compris, mais si vous voulez que le travail soit bien fait, appelez Hellboy.
Avec ses partenaires du Bureau de Recherche et de Défense Paranormal (B.P.R.D.), sa petite amie pyrokinésique Liz, l'aquatique et empathique Abe Sapien et le mystique protoplasmique Johann, le B.P.R.D voyagera entre notre monde et celui où voguent les créatures que ne peuvent pas voir les humains, où les créatures du monde fantastique sont devenues réelles. Hellboy, créature appartenant aux deux mondes qui n'est accepté dans aucun, devra choisir entre la vie qu'il connaît et une destinée incertaine qui l'attend.

Deux ans après son chef d’œuvre Le labyrinthe de Pan, Guillermo Del Toro est de retour avec son personnage de freak préféré, le diable rouge au service du Bien issu de l’imaginaire de Mike Mignolia, Hellboy.
Quatre ans après le premier volet, le réalisateur mexicain dispose d’un budget plus confortable et débarrassé de l’étape exposition et mise en place d’une mythologie peut donner libre cours à son génie visuel en multipliant les personnages de monstres, les décors monumentaux et les effets visuels au service d’une nouvelle histoire.

Fasciné par les monstres, notamment ceux du catalogue Universal comme Frankenstein auxquels il rend hommage dans ce film, Del Toro organise un bestiaire fantastique impressionnant : des petites fées carnivores au Troll et son poing mécanique en passant par un marché grouillant de silhouettes extravagantes, l’image regorge de créatures originales et uniques. Que ce soit l’Homme cathédrale ou l’Ange de la mort toutes ces créations réalisées à base de maquillages traditionnels appartiennent à une mythologie singulière. Leur apparence curieuse tient de la magie et de l’alchimie. Puisant son inspiration chez Lovecraft, Tolkien ou bien encore le conte et le film de sabre asiatique Del Toro bâtit un somptueux univers gothique et merveilleux peuplés de trolls , fées, gobelins et demi-dieux autour de Hellboy, un démon rouge au grand cœur.

Cette suite, loin de pratiquer la surenchère en terme d’action au détriment de l’évolution de ses personnages, offre à ses personnages principaux (Hellboy, Liz, Abe) beaucoup de scènes intimistes et/ou dialoguées où problèmes conjugaux, dilemmes moraux sont abordés avec humour ou mélancolie dans un souci constant de creuser la psychologie de ces freaks tellement humains. En effet ce superhéros improbable a un comportement humain, à l’inverse de la majorité des hommes de la rue qui le rejettent à cause de son apparence malgré ses actions héroïques : Hellboy est un héros prolétaire qui aime la bière, le sport à la TV et un amoureux en souffrance. S’il pullule de créatures, ce second volet n’oublie jamais de se recentrer sur son trio originel auquel se rattache un nouvel élément énigmatique, Johann Krauss, un mystique ectoplasmique à l’état gazeux s’exprimant avec un fort accent germanique !

De plus l’humour est très présent dans ce nouvel opus avec un recours régulier au comique de situation.
Dans ce souci permanent d’offrir un spectacle jubilatoire et virtuose Del Toro émaille son récit de références cinématographiques et d’hommages à des cadors comme Ray Harryhausen, le géant des effets spéciaux des années 50 à 70 ou bien encore Charlie Chaplin et les Temps Modernes lors du combat final spectaculaire contres le Prince Nuada et les légions d’or où Hellboy se cache dans des rouages énormes pour affronter ses ennemis.
Hellboy 2 , Les Légions d'or maudites est à nouveau une réussite visuelle et esthétique dans la filmographie de Del Toro qui assure comme personne actuellement dans le genre fantastique et merveilleux un mix réussi entre imagerie numérique, effets animatroniques et maquillages traditionnels. A l’inverse de beaucoup de tâcherons hollywoodiens oeuvrant dans ce genre qui ont une approche 100% numérique des créatures, le génie mexicain milite pour l’utilisation des effets traditionnels. Ainsi dans Je suis une légende de Francis Lawrence la représentation numériques des monstres détournait l’attention du spectateur malgré une histoire forte. Ici les créatures marquantes comme l’Ange de la mort ou le Troll au poing mécanique sont réalisées à partir de maquillages en latex.

Egalement riche sur le plan thématique, Hellboy 2, Les Légions d'or maudites joue avec les échelles (micro avec les fées et macro avec le géant de pierre et la Créature élémentaire), les textures (organique/poing contre métallique/armure des légions), les architectures (high-tech du BRDP contre l’artisanal du marché oriental) dans ces mondes parallèles superbes où le visible et l'invisible (un site pastoral irlandais et un décor urbain comme le métro new-yorkais constituent des portes vers des mondes magiques) recèlent bien des surprises et des illusions. Une autre dichotomie, apparence monstrueuse/sentiments humains, constitue la raison d’être de ce film épatant mené de main de maître par Guillermo Del Toro dont on attend avec impatience son dyptique sur Bilbo le hobbit.

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