19 oct. 2008

Vinyan / Fabrice Du Welz

Incapables d'accepter la perte de leur fils dans le Tsunami de 2005, Jeanne et Paul sont restés vivre en Thaïlande. S'accrochant désespérément au fait que son corps n'a pas été retrouvé, Jeanne s'est persuadée que son enfant a été kidnappé, dans le chaos qui suivit la catastrophe... qu'il est encore vivant. Paul est sceptique, mais ne peut pas briser le dernier espoir de sa femme. Le couple va alors embarquer dans une quête qui les plongera au fin fond de la jungle tropicale, au sein d'un royaume surnaturel où les morts ne sont jamais vraiment morts...

Le second long métrage du belge Fabrice du Welz emprunte à divers genres, le drame familial, le fantastique, l’horreur pour un résultat singulier, une descente aux enfers hynotique et déstabilisante d’un couple pour retrouver leur enfant disparu pendant le tsunami.

C’est un film ivre d’amour (à la recherche d’un être cher), ivre de références parfois écrasantes (Délivrance, La fôret d’Emeraude et surtout Apocalypse now) et ivre d’effets sonores destinés à déstabiliser le spectateur qui se révèlent irritants dans leur accumulation sans modération (tendance Gaspard Noé dans Irréversible).

Après une mise en route liée au périple pour traverser la frontière birmane qui n’évite pas une certaine torpeur, Vinyan, l’âme errante qui tourmente les vivants, mène ses personnages au rythme d’une embarcation très conradienne vers un paysage dévasté où il fait entrer des vivants dans le monde des morts.

Du Weltz révèle d’indéniables qualités de filmeur dans la dernière partie du film quand cette réaliste odyssée désespérée menée par l’intense Emmanuelle Béart et le magnétique Rufus Sewell bascule dans le fantastique et l’horreur avec ce décor incroyable de jungle mystérieuse peuplé d’enfants perdus. Le danger et le trouble envahissent l’écran et l’image superbe dûe à Benoît Debie où le désarroi et la souffrance d’une mère contaminent un paysage concret qui prend des accents surnaturels et inquiétants (brume, silhouettes fantômatiques). Le plan final, troublant, touche au sublime, une communion dans un jardin édénique.

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