30 nov. 2008

Taken / Pierre Morel

Taken de Pierre Morel (Banlieue 13) avec Liam Neeson vient de sortir en Blu-ray chez Fox Pathé Europa.

Que peut-on imaginer de pire pour un père que d'assister impuissant à l'enlèvement de sa fille via un téléphone portable ? C'est le cauchemar vécu par Bryan, ancien agent des services secrets américains, qui n'a que quelques heures pour arracher Kim des mains d'un redoutable gang spécialisé dans la traite des femmes. Premier problème à résoudre : il est à Los Angeles, elle vient de se faire enlever à Paris.


Co écrit par Luc Besson et Robert Mark Kamen (L’arme fatale 3, Le cinquième élément, Le baiser mortel du dragon, Le transporteur 1 & 2), Taken décrit avec efficacité la traque sanglante d’un ex-agent des services secrets américains à la poursuite d’un gang albanais spécialisé dans la traite des blanches qui a kidnappé sa fille en vacances à Paris. Homme méthodique aux principes musclés, il va mettre son savoir-faire en termes de renseignement, appréhension et interrogatoire du suspect au service d’une vendetta personnelle brutale et sanglante.

Taken flirte en effet par son sujet avec le genre du vigilante développé dans les années 80 avec des films comme Un justicier dans la ville avec Charles Bronson et le pur film d’action tendance Commando avec Arnold Scharzenegger. Personnage principal imposant avare en dialogue, enlèvement d’un proche, ambiance glauque (ici un Paris interlope gangrené par la prostitution et la corruption au plus haut sommet de l’état), Taken a tout du polar poisseux et buriné propre à séduire les amateurs du genre. D’autant plus que le casting international est séduisant et la mise en scène percutante.

Autour d’un Liam Neeson imposant, très crédible en ex-agent et touchant en père de famille rongé par l’angoisse, Pierre Morel organise une course-poursuite effrénée dans Paris où la violence des affrontements se veut ultra-réaliste : en privilégiant les combats rapprochés et les fusillades à bout portant la mise en scène lorgne vers le traitement énergique et viscéral de l'action des deux derniers volets de la trilogie Bourne mis en scène par Paul Greengrass. S’il reste bien en deçà de ce modèle, question budget et talent également (pas de Dan Bradley en seconde équipe pour chorégraphier des cascades inventives ni de bon directeur d’acteur pour insuffler une réelle profondeur à ses personnages), Taken constitue un divertissement appréciable grâce à son rythme soutenu et la présence d’un acteur charismatique dans la peau d’un personnage peu séduisant de brute épaisse au cœur tendre, une machine à tuer contraint de reprendre du service pour une affaire personnelle censée émouvoir le spectateur (l’enlèvement de sa fille, Maggie Grace qui joue très bien la jeune femme naïve). En plaçant son héros dans une situation de crise en quelques heures le scénario cherche à instaurer un sentiment d’urgence que le montage relaie très bien.

Si on peut reprocher à son scénario son lot d’invraisemblances, des élans sirupeux en début et fin de métrage et un sous-texte idéologiquement douteux (la sainte Amérique vs une Europe débauchée) Taken constitue une bonne surprise eu égard au niveau des productions Besson en bannissant l’humour foireux et l’action cartoon ou encore les stéréotypes policiers à l’œuvre dans les produits maison comme Taxi ou le Transporteur pour un traitement nerveux de la chasse à l’homme (le personnage de Neeson laisse derrière lui une pagaille indescriptible) et une ambiance malsaine inattendue pour scotcher le spectateur à son fauteuil pendant 90 minutes.


Caractéristiques techniques

Copie d’une netteté remarquable. En privilégiant le DTS HD Master audio en VO et en VF le déchainement de violence qui parcourt tout le film prend toute son ampleur sonore.

Bonus

Visant l’efficacité et ne s’embarrassant pas de fioritures à l’image du personnage de Liam Neeson, les bonus de cette édition Blu-ray, identiques au DVD, sont constitués de modules assez courts donnant un rapide aperçu de ce tournage parisien. Outre un commentaire audio, le disque haute-définition propose un making of (18min20), très promo, avec images du tournage et interventions des membres l’équipe. Puis s’ajoutent des bonus sur L'entrainement de Liam Neeson (1min45), très convaincant en agent secret, Les répétitions de scènes de combats (2min), un comparatif story-board (3min03) et un sujet sur l'avant première du film à Paris à l'UGC Ciné cité (4min35).

29 nov. 2008

A bord du Darjeeling Limited / Wes Anderson

Cette semaine est sorti en DVD chez 20th Century Fox le dernier film de Wes Anderson, A bord du Darjeeling Limited.


Un savoureux trio d'acteurs, Owen Wilson, Jason Schartzmann et Adrien Brody pour une nouvelle comédie familale douce amère, original cocktail composé de burlesque, loufoquerie, mélancolie et émotion dont Wes Anderson a le secret depuis La famille Tenenbaum.

Le DVD comprend outre un making-of, l'excellent court-métrage Hôtel Chevalier avec Jason Schartzmann et Natalie Portman que Anderson a tourné en préambule à son nouveau film.

En outre l 'éditeur propose pour les inconditionnels du réalisateur et ceux qui voudraient découvrir son univers décalé un coffret Wes Anderson regroupant les trois pépites que sont A bord du Darjeeling Limited, La famille Tenenbaum et la Vie aquatique avec l'incontournable Bill Murray.

28 nov. 2008

Deux soeurs pour un roi / Justin Chadwick

Le drame historique, 2 sœurs pour un roi, avec Scarlet Johansson et Nathalie Portman, est sorti en DVD le 26 novembre chez Wild Side. Le test complet à lire plus bas.

Quand la rumeur se répand que le roi Henry VIII ne partage plus la couche de la reine Catherine, son épouse incapable de lui donner un héritier mâle, Sir Thomas Boleyn rêve de gagner la faveur royale grâce à sa fille aînée, Anne. L'ambitieux projet de Sir Thomas est cependant quelque peu contrarié quand le roi s'éprend de son autre fille, Mary.

Première réalisation de Justin Chadwick 2 sœurs pour un roi aborde l’histoire d’Henri VIII et des Tudor sous l’angle du drame intimiste via la rivalité de deux sœurs pour l’amour du roi.

Adapté du roman The Other Boleyn Girl de Philippa Gregory, cette production britannique grand luxe (décors, costumes, comédiens) joue la carte des intrigues de palais où sont à l’œuvre rivalités, jalousies et scandales. Plutôt que la fresque historique, Chadwick a choisi de polariser son intrigue sur le drame familial vécue par deux sœurs que tout oppose, par extension leur famille, à la cour du roi.

A l’époque, le XVIème siècle, les mariages d’intérêt étaient plus courants que les mariages d’amour et l’intérêt de figurer à la cour énorme afin de s’élever dans la société. Ici la douce et blonde Mary est préférée, malgré les plans de son père et de son oncle, par le roi à sa sœur, la brune et passionnée Anne, pour être à ses côtés à la cour. En résulte jalousie tenace et coups bas de cette dernière pour inverser la tendance une fois dans le cercle royal. L’implacable cheminement du récit montre les dangers de l’attrait du pouvoir, comment il peut pervertit les âmes et détruire les individus les plus fragiles, ceux là n’étant pas forcément ce qu’ils paraissent.

Le film, fidèlement adapté du livre de Philippa Gregory, donne de l’importance au personnage de Mary que l’histoire avait oublié mais qui pourtant eu un rôle clé dans l’Histoire. Interprétée avec justesse par Scarlett Johansson dans un registre moins glamour qu’à l’accoutumée, Mary vécut dans l’ombre de sa sœur, l’impétueuse et ambitieuse Anne incarnée avec force tragique par Nathalie Portman qui vole la vedette à sa camarade de jeu. Avec ce magnétique duo d’actrice Chadwick évoque avec empathie la difficile condition de la femme à la cour, femme objet résumée à son pouvoir de séduction et sa capacité à enfanter un garçon. Eric Bana campe un souverain séduisant, solitaire et rongé par son désir.

Ce triangle amoureux se tient en quasi huis-clos dans une ambiance étouffante exacerbée par l’architecture du décor principal avec ses longs couloirs, ses recoins sombres tranchant avec la flamboyance des costumes et une mise en scène où la vue est rarement dégagée.

Très convaincant sur le plan de l’interprétation, 2 sœurs pour un roi est également une réussite au plan esthétique avec sa photo inspirée des tableaux d’Holbein aux couleurs intenses, ses décors naturels monumentaux et ses costumes royaux.

En se concentrant sur la tragédie des sœurs Boleyn, littéralement sacrifiées par leur père à des fins intéressées, pour évoquer une figure marquante de l’histoire britannique, le film gagne en intensité dramatique grâce au jeu bouleversant de ces deux interprètes ce qu’il perd en portée historique, la mise en scène volontairement intimiste manquant d’ampleur pour hisser cette production au-delà d’un bon premier film. Mais le destin incroyable et tragique de ces deux sœurs envoyées à la cour pour assurer la survie de leur famille et devenues ennemies au contact d’un pouvoir attrayant (le roi Henri VIII, loin de la représentation repoussante du souverain à la fin de sa vie) trouve un puissant relais avec le duo/duel Johansson/Portman qui donne de la fièvre et du piquant à ce film qui en manque souvent (décadence contrôlée), la faute à une réalisation sans relief consacrée exclusivement à mettre en valeur ces actrices formidables au détriment du développement du socle historique sur lequel évolue ce métrage qui de fait ressemble plus à un très bon téléfilm de luxe, ce qui est déjà pas si mal.


Caractéristiques techniques

Le master est tout simplement royal et la compression très bonne. Les contrastes et les couleurs sont superbes. Sur les deux pistes audio en 5.1 privilégier l’originale, plus dynamique. Les conditions de visionnage sont optimales.


Bonus

Scènes coupées et alternatives (20’)

Pour la majorité de ces 12 scènes, le spectateur peut visionner des versions étendues de scènes figurant dans le montage final ou filmées avec des points de vue sensiblement différents. De petites informations sont ajoutées mais elles ne sont pas indispensables à l’évolution du récit. Une poignée de scènes coupées sont axées sur le personnage de Scarlett Johansson et sa vie à la campagne, des digressions qui auraient pu nuire au rythme du film. La scène rejetée de loin la plus intéressante, émouvante et cruelle à la fois met en scène tous les personnages principaux à la cour : la famille Boleyn au complet voit Anne instrumentaliser un enfant pour attendrir le roi Henri VIII en désir d’un héritier.


Making of (19’)

Nous avons à faire de prime abord à un making-of promo alternant interview des acteurs et images de tournage. Passés l’évocation de la complicité entre les deux actrices et les compliments d’usage, l’attention est relevée avec une séquence sur les costumes réalistes inspirés par le travail de Holbein. Chaque protagoniste disposait de 15 costumes chacun, notamment Eric Bana qui campe un Henri VIII séduisant et dynamique loin du monstre ventru qu’il fut à la fin de sa vie. Cette folie est esquissée à la fin du métrage. Enfin un dernier segment de ce making-of est consacré à la mise en scène et à la méthode du « cadrage brouillon » du réalisateur Justin Chadwick qui cachait les caméras sur le plateau : en mettant un obstacle entre le sujet et la caméra il donne l’impression que ses personnages sont épiés, surveillés, en résulte un sentiment anxiogène et paranoïaque.


Les membres de la Cour (16’)

Panorama intéressant mais trop rapide des principales figures historiques vues dans le film.

Anne y est présentée comme une personne ambivalente, têtue, ambitieuse, instruite et courageuse qui se sert de sa sensualité pour arriver à ses fins ; sa sœur Mary est décrite comme son opposée dont la vie s’est construite dans l’ombre de Anne. On rappelle que Henri VIII, un souverain sportif et intelligent dans le film, a marqué l’église anglicane : il s’est séparé de l’église catholique et a crée l’Eglise anglicane. En enlevant l’autorité du Pape à l’Angleterre il s’est assuré tous les pouvoirs.


Les femmes au XVI ème siècle (10’)

Module passionnant en complément du film qui souligne les conditions difficiles de la femme au XVI via les interventions de l’écrivain Philippa Gregory et de Retha Warnicke, professeur et spécialiste des Tudor. Sont évoquées notamment les coutumes, convenances, pratiques vestimentaires en usage à l’époque ainsi que la difficulté d’accéder à l’instruction pour les femmes qui ne sont pas de haut rang. Un mariage d’intérêt permet alors de consolider des alliances pour l’obtention de terres par exemple, la présence à la cour est un moyen de s’élever dans la société.


L’adaptation du roman (10’)

L’écrivain Philippa Gregory insiste sur le rôle important, souvent méconnu, de Mary dans l’Histoire et approuve le choix du scénariste Peter Morgan (The Queen, Le dernier roi d’Ecosse) qui a su tirer de son roman politique complexe (600 pages) le sujet-clé : la relation entre deux sœurs et un homme.


Enfin un module de 2’ sur les essais de caméra commentés par le réalisateur, des caméras GENESIS en HD, clôt cette interactivité bien choisie.

19 nov. 2008

George Clooney en super soldat

What else au rayon photo de la semaine ?
Le nouveau look de George Clooney, chevelu et barbu, pour son prochain film Men who stare at goats.

Dirigé par Grant Heslov d’après le roman du journaliste britannique Jon Ronson sur le Premier Bataillon Terrestre de l'armée américaine, Men who stare at goats, en cours de tournage, comporte dans ses rangs autour de Clooney : Ewan McGregor, Jeff Bridges, Kevin Spacey, Robert Patrick ou bien encore Rebecca Mader (Lost).

Le pitch plutôt original

Un reporter en Irak (McGregor) pense avoir trouvé l’histoire de sa vie quand il rencontre Lyn Cassady (Clooney), un individu qui déclare avoir appartenu au Premier Bataillon Terrestre de l'armée américaine, une unité qui emploie des pouvoirs paranormaux dans leurs missions.

18 nov. 2008

Mesrine : L'ennemi public numéro 1

Les spectaculaires actions criminelles de Jacques Mesrine que les médias introniseront "Ennemi public n°1" et que toutes les polices de France traqueront sans répit jusqu'à sa mort.

30 ème édition CINEMED -Avant-première


Avec L’instinct de mort Jean-François Richet a posé avec un savoir-faire assez magistral les bases de ce portrait nuancé du bandit Jacques Mesrine.

Campé par un Vincent Cassel impressionnant Mesrine y apparaît comme un voyou et un époux violent, un fils et un père absent mais aimant, un gangster idéaliste en quête de reconnaissance médiatique, un cambrioleur charismatique avec un sens de l’honneur porté en étendard, un rebelle épris de liberté qui s’avance inéluctablement vers sa mort.

Point négatif du premier volet de nombreuses ellipses frustrantes : Richet ne s’attarde pas assez sur les jeunes années de Mesrine et les évènements, les rencontres qui ont forgé son caractère survolté et violent (l’Algérie, le basculement dans le banditisme sont trop vite abordés).
Mais Richet parvient brillamment à étaler par petites touches les zones d’ombre de Mesrine qui deviennent envahissantes à la fin de cette cavale hallucinante et très rythmée.

La conduite de ce dyptique est en effet remarquable en terme de narration, essentiellement linéaire qui voit les actions armées et les situations dramatiques (l’expérience traumatisante des QHS) se succéder avec abondance, de mise en scène, nerveuse et frénétique (les spectaculaires évasions de prison deviennent instantanément des modèles du genre) et d’interprétation, Cassel dévore l’écran. Trouvant sans doute ici le rôle de sa carrière, il livre une performance qui fera date, jouant avec son corps imposant, tendu, prêt à exploser, il est L’ennemi public numéro 1 qui se joue de la justice et de la loi avec un panache et une morgue qu’il va payer cher.

La précision du découpage des scènes d’action déjà manifeste dans l’aventure américaine de Richet, Assaut sur le central 13, a son acmé avec la scène de l’arrestation de Mesrine révélant la fébrilité des forces de police en planque devant son domicile, une peur dévorante, inacceptable, forcément frustrante, qu’il faut évacuer sans s’embarrasser de la morale et du règlement (Langmann et Richet proposent leur version de la fin de Mesrine, porte de Clignancourt).

Evidemment cet imposant personnage à facettes, extrême et charismatique, laisse peu de place aux autres personnages pour exister : si, dans le premier volet, la relation à la Bonnie & Clyde entre Cassel et Cécile de France aurait mérité d’être développée tout comme la prestation marquante de Depardieu en parrain-mentor, Almaric, Sagnier et Gourmet parviennent dans cette seconde partie plus tragique à tirer leur épingle du jeu avec des prestations intenses que Richet met en valeur lors de scènes intimes et dialoguées, entre deux fusillades et autres coups d’éclat, toutes marquées par la fébrilité et l’urgence d’un parcours promis à une fin funeste.


Après des années de gestation le projet de Mesrine a donné lieu à un dyptique d’une redoutable efficacité porté par un acteur qui s’est fondu avec brio dans la peau de ce personnage médiatique détestable et fascinant et une mise en scène d’une remarquable précision qui n’a rien à envier aux productions hollywoodiennes comme American gangster de Ridley Scott, une production récente au sujet voisin autour du crime et de la violence, des sujets hautement cinématographiques qui ont inspiré des cinéastes de premier plan comme Hawks (Scarface), Melville (Le cercle rouge) ou bien Scorsese (Les affranchis) pour n’en citer que quelques uns d’une liste en perpétuel renouvellement.

Johnny Depp en Chapelier Fou pour Tim Burton

Première photo à apparaître sur la Toile de Johnny Depp dans le costume du Chapelier Fou dans l’adaptation cinématographique d’Alice au Pays des Merveilles que tourne actuellement l’excellent Tim Burton.

Inspiré du célèbre classique de Lewis Carroll le scénario est signé Linda Woolverton (La Belle et la Bête, Le roi lion) pour le compte des studios Disney.

Jeune fille curieuse, aimable mais dissipée, Alice est prête à tout pour sortir de son quotidien mortellement ennuyeux. Même à suivre un étrange lapin blanc...

Produit par Joe Roth, Richard D. Zanuck, Jennifer et Suzanne Todd, ce nouveau film de Burton sortira en France courant 2010.

Autour de Johnny Depp le casting est composé de la jeune comédienne australienne Mia Wasikowska dans la peau d’Alice, Anne Hathaway (Le diable s'habille en Prada) dans celle de la Reine Blanche, Helena Bonham Carter (Sweeney Todd) dans le rôle de sa sœur, la Reine Rouge. Michael Sheen (le Chat du Cheshire), Crispin Glover (le Valet de Coeur), Alan Rickman (la Chenille) et Christopher Lee dans un rôle encore défini complètent le casting de ce long-métrage qui combinera prises de vues réelles et Motion Capture.

13 nov. 2008

Up

Second trailer à apparaître sur la toile pour le nouveau Pixar, Up : après un rappel des plus célèbres productions maison quelques images de ce nouveau film en 3-D après l’excellent Wall-E.

Co-réalisé par Pete Docter (Mosters, Inc) et Bob Peterson, Up sera sur les écrans français le 29 juillet 2009.

Le trailer est à visionner ICI

Le pitch

Carl Fredricksen a passé sa vie entière en rêvant d’explorer le globe et de profiter pleinement des jours passés sur Terre. Mais à l’âge de 78 ans, il semble avoir subi cette vie jusqu’à ce qu’un coup du destin (et un scout collant de 8 ans prénommé Russell) lui donne de nouvelles perspectives. Up se déroule lors d’une intense journée où ce duo inédit va affronter sur un terrain sauvage des méchants inattendus et des créatures de la jungle.

10 nov. 2008

L'échange (The Changeling ) / Clint Eastwood

Los Angeles, 1928. Un matin, Christine dit au revoir à son fils Walter et part au travail. Quand elle rentre à la maison, celui-ci a disparu. Une recherche effrénée s'ensuit et, quelques mois plus tard, un garçon de neuf ans affirmant être Walter lui est restitué. Christine le ramène chez elle mais au fond d'elle, elle sait qu'il n'est pas son fils...

Adapté d’un fait divers survenu dans les années 20, The Changeling relate une histoire incroyable : quelques mois après l’enlèvement de son fils, une mère célibataire se voit rendu son enfant par la police…mais elle assure aux autorités qu’il ne s’agit pas du sien.


A bientôt 80 ans, Clint Eastwood revient, après un formidable dyptique sur la bataille d’Iwo Jima, à un genre policier qu’il a si bien abordé dans Un monde parfait ou Mystic River.
Comme dans ce dernier film interprété par l’oscarisé Sean Penn il est question de la perte d’un enfant, un sujet proche des films réalisés par Penn ce qui en fait outre ses grandes qualités dramaturgiques et visuelles un candidat sérieux à la Palme.

De forme classique, The Changeling sidère par la précision de sa mise en scène (pas un plan à jeter), la beauté de la photographie qui travaille le motif du clair-obscur, ses nombreux thèmes déjà présent dans une filmographie passionnante propices à la réflexion (la perte d’un être cher, le poids et la valeur de la justice des hommes, la peine de mort, le Mal qui gouverne certains êtres) et son interprète principale, Angelina Jolie, que l’on n’avait pas vu aussi convaincante depuis Une vie volée.

Polar poisseux, drame familial, film de procès, The Changeling est la somme réussie de tous ces genres regroupés dans une histoire humaine universelle : le portrait bouleversant d’une mère courage qui attend le retour de son fils disparu. Angelina Jolie est particulièrement juste et délivre de beaux moments d’émotion à la fin du récit. En lutte contre une police corrompue qui ne veut pas admettre son erreur (question d’image à sauvegarder à n’importe quel prix) son personnage reste digne tout le long de ce parcours de ce combat titanesque, une recherche de vérité parsemée d’embûches où l’espoir permet de tenir, et de cette attente intolérable que vit également le spectateur en profonde empathie pour ce nouveau personnage de femme forte qu’Eastwood met au centre d’un long métrage après la boxeuse de Million Dollar Baby.

Grand film politique également avec une critique de l’institution policière qui broie la liberté et les droits des citoyens, pratique les exécutions punitives avec la complicité du corps médical, ce nouveau film d’Eastwood situé dans le passé a des résonances avec l’Amérique post-11 via l’effritement des libertés individuelles et les mensonges d’Etat ; il invite subtilement avec le personnage d’Angelina Jolie à pratiquer la résistance et à garder intacte sa capacité d’indignation et de révolte contre les injustices de toutes sortes.

De plus la reconstitution des années 20 tant au niveau des décors que des costumes impressionne par sa qualité plastique.


The Changeling
est un film à la dramaturgie puissante (plusieurs films en un au fil de nombreuses péripéties), souvent dur mais très fort, remarquablement mis en scène par un maître qui n’a plus rien à prouver sinon qu’il a sa place parmi les plus grands palmés aux côtés de Scorsese, Coppola, une place qu’il mérite amplement au regard de l’ambition scénaristique et de l’ampleur d’une mise en scène qui écrasent la grande majorité de la concurrence de cette 61ème édition.

(Critique cannoise - Sortie du film le 12 novembre 2008)

4 nov. 2008

My magic / Eric Khoo

Depuis que sa femme l'a quitté, Francis est au bout du rouleau.
Il travaille comme serveur dans une boîte de nuit, et noie son chagrin dans l'alcool.
Son fils de 10 ans se débrouille seul, mais reproche à son père de se laisser aller.
Par amour pour son enfant, Francis décide de renouer avec son ancien métier : magicien...

61ème festival de Cannes - Compétition officielle

Avec cette histoire touchante d’un père de famille alcoolique, en quête de rédemption, qui est prêt à mettre en danger sa vie en renouant avec son ancien métier de fakir, le singapourien Erik Koo parvient en un temps restreint (1h15) à provoquer d’intenses émotions.

Tourné en seulement 9 jours, My Magic, en mariant réalisme brut (les performances de plus en plus dangereuses) et poésie lyrique (les tours de magie exécutés en famille), traite avec une incroyable densité pour un film aussi modeste de sujets forts comme le pardon, le sacrifice, le respect avec humilité, simplicité et tendresse.

Acquérir le respect de l’autre avec un esprit combatif, révéler et accepter une vérité douloureuse, pardonner bref apprendre à se connaître et à s’aimer tel est le cheminement personnel de ce formidable duo père-fils soudé comme jamais au terme de cette belle découverte de cette compétition officielle.

Interprété par l’imposant Francis Bosco dans son propre rôle de fakir, illustré musicalement par le fils âgé de seulement 10 ans d’Eric Khoo (le plus jeune compositeur de l’histoire du Festival de Cannes) ce film magique est une affaire de famille, une histoire d’amour filial très recommandable à la petite musique douce et bouleversante.

30ème festival du cinéma méditerranéen de Montpellier

La 30ème édition du CINEMED s’est terminé dimanche dernier sur des éclats de rire avec la projection de deux films du génie Blake Edwards, Qu’as-tu fait à la guerre, Papa ? (1966) et Victor Victoria (1982).

Le Palmarès complet où figure le coup de cœur de Boulevard du cinéma, Le chant des mariées de Karin Albou (dont je vous reparlerai bientôt avant sa sortie en salles en décembre), est à consulter ci-contre.

Palmarès 2008

30e Festival Cinéma Méditerranéen Montpellier
24 octobre-2 novembre 2008

Longs métrages

Antigone d'or de la Ville et de l’Agglomération de Montpellier
Jury : Danielle Arbid (réalisatrice, Liban), Florence Colombani (réalisatrice, écrivain, France), Philippe FauconDominique Fernandez (écrivain, Membre de l’Académie française, France), Henry-Jean Servat (journaliste, écrivain, France)
décernée à
Tournée, de Goran Markovic ( Serbie/Bosnie-Herzégovine)
Dotation de 15 000 € par la Ville et l’Agglomération de Montpellier
Aide à la diffusion CINECINEMA : dotation de 30 000 € en messages publicitaires pour la sortie du film
Aide à la distribution Titra Film : dotation de 2 500 € pour le sous-titrage

Mentions spéciales à :
Le Chant des mariées, de Karin Albou ( France/Tunisie)
et
Change, de Nicolae Margineanu ( Roumanie)

• Prix de la critique Crédit coopératif
Jury : Amélie Dubois (Les Inrockuptibles, France), Barbara Lorey de Lacharrière (journaliste indépendante, membre du jury FIPRESCI, France), Angel Comas (Dirigo por, Espagne), Salah Hashem (Cinemaisis, Egypte), Alain Masson (Positif, France), Alex Masson (Radio Nova, France), Richard Pevny (L’Indépendant, France), Umberto Rossi (Cineforum,Italie), Milan Vlajcic (Blic, Serbie)
décerné à
Pranzo di ferragosto, de Gianni Di Gregorio ( Italie)
Dotation de 2 000 € au réalisateur par le Crédit coopératif

• Prix du public Midi Libre
Un fiancé pour Yasmina, de Irene Cardona ( Espagne/Maroc)
Dotation de 4 000 € au réalisateur par Midi Libre

• Prix JAM de la meilleure musique
Jury : Geneviève Davasse (violoniste, orchestre national de Montpellier LR), Gérard Pansanel (musicien, compositeur), Jean-François Fontana (président du JAM), Jean Peiffer (directeur du JAM)
à Mazlum Cimen pour la musique du film
Dot, de Dervis Zaim ( Turquie)
Dotation de 1 200 € par le JAM

• Prix Nova
Tournée, de Goran Markovic ( Serbie/Bosnie-Herzégovine)
Dotation de 4 800 € en messages publicitaires pour la sortie du film

• Prix du soutien technique Eclair Laboratoires
Le Chant des mariées, de Karin Albou ( France/Tunisie)
Dotation de 4 500 € en services techniques par Eclair Laboratoires

• Prix jeune public du CMCAS Languedoc
Kino Lika, de Dalibor Matanic ( Croatie/Bosnie-Herzégovine)
Dotation de 2 000 € au réalisateur par le CMCAS Languedoc
(réalisateur, France),


Courts métrages

Grand prix du court métrage de la Ville et de l’Agglomération de Montpellier
Jury : Fejria Deliba (actrice et réalisatrice, France), Juliette Sol (productrice, France), Philippe Germain (directeur de l’Agence du court métrage, France), Gjergj Xhuvani (réalisateur, Albanie)
décerné à
Wolfly, de Matevz Luzar ( Slovénie)
Dotation de 4 000 € au réalisateur par la Ville et l’Agglomération de Montpellier

Mentions à :
Escaliers, de Ilir Harxhi ( Albanie)
et
Houria, de Mohamed Yargui ( Algérie)

Prix spécial du jury à :
Valses et tangos du village de Whitewater, de Ivan Vladimirov ( Bulgarie)

• Prix du public Eclair - Kodak - Titra Film
Le Responsable, de Sergio Barrejón ( Espagne)
Dotation de 1 500 € en prestations laboratoire, de 10 bobines 122 m de film négatif et de 500 € en prestations de sous-titrage

• Prix jeune public Ville de Montpellier
Ex æquo :
C'est dimanche !, de Samir Guesmi ( France)
et
Insights, de Dana Keidar ( Israël)
Dotation de 1 000 € à chaque réalisateur

• Prix Association Beaumarchais
C'est dimanche !, de Samir Guesmi ( France)
Dotation de 1 500 € au réalisateur et 2 500 € d’aide complémentaire pour l’écriture d’un long métrage

• Prix Cine Cinecourt CINECINEMA
La Route du Nord, de Carlos Chahine ( Liban/France)
et
Racines, de Eileen Hofer ( Suisse/Turquie)
Achat des films pour diffusion à l'émission Cine Cinecourt

• Prix Canal+
Madame, de Cyprien Vial ( France)
Achat du film pour diffusion sur Canal+


Documentaires

Jury : Linda Ferrer-Roca (réalisatrice, France), Samuel Douhaire (journaliste, France), Claude-Timon Gaignaire

• Prix Ulysse
Pour voir si je souris, de Tamar Yarom ( Israël)
Dotation 3 000 € par la Médiathèque centrale d’Agglomération Emile-Zola Médiathèque Federico-Fellini de Montpellier

Mention spéciale à :
Le Pont des fleurs, de Thomas Ciulei ( Roumanie/Allemagne)
(réalisateur, France)


Bourse d’aide au développement

Jury : Présidente : Monique Carcaud-Macaire, maître de conférence en cinéma et audiovisuel, Université Paul-Valéry Montpellier ; Fabienne Aguado, responsable du Département cinéma du Moulin d’Andé ; Yasmina Nini-Faucon, productrice Istiqlal Films ; Stéphanie Roux, managing Director Insomnia world sales ; Franck Salaün (Memento films, acquisitions et direction de la distribution).

7 000 euros
décernés par le Ministère des Affaires étrangères, Bureau de la coopération du cinéma
au projet
Moskvitch, mon amour de Aram Shahbazyan, réalisateur et Lévon Minasian, auteur (Arménie)

7 000 euros
décernés par l’ Organisation internationale de la francophonie
au projet
Tombés du ciel de Wissam Charaf, réalisateur et Charlotte Vincent, productrice
(Liban)

Une résidence d’écriture
offerte par le Centre des écritures cinématographiques Le Moulin d’Andé
au projet
Les Uraniens de Giani Gatti, réalisateur et Antonio Cecchi, producteur (Italie)

4 000 euros
décernés par la Région Languedoc-Roussillon
au projet
Fille de bonne famille de Omar Mouldouira, réalisateur (France/Maroc)

Dotation Kodak
de 3000 mètres de pellicule de tirage ou 1000 mètres de pellicule négative
au projet
L’Homme sans portable de Sameh Zoabi, réalisateur et Marie Gutmann, productrice (France/Israël/Palestine).

2 nov. 2008

Quantum of solace / Marc Foster


Même s'il lutte pour ne pas faire de sa dernière mission une affaire personnelle, James Bond est décidé à traquer ceux qui ont forcé Vesper à le trahir. En interrogeant Mr White, 007 et M apprennent que l'organisation à laquelle il appartient est bien plus complexe et dangereuse que tout ce qu'ils avaient imaginé...
Bond croise alors la route de la belle et pugnace Camille, qui cherche à se venger elle aussi. Elle le conduit sur la piste de Dominic Greene, un homme d'affaires impitoyable et un des piliers de la mystérieuse organisation. Au cours d'une mission qui l'entraîne en Autriche, en Italie et en Amérique du Sud, Bond découvre que Greene manoeuvre pour prendre le contrôle de l'une des ressources naturelles les plus importantes au monde en utilisant la puissance de l'organisation et en manipulant la CIA et le gouvernement britannique...
Pris dans un labyrinthe de traîtrises et de meurtres, alors qu'il s'approche du vrai responsable de la trahison de Vesper, 007 doit absolument garder de l'avance sur la CIA, les terroristes et même sur M, afin de déjouer le sinistre plan de Greene et stopper l'organisation...

Cas unique dans l’histoire de la sage James Bond, Quantum of solace est la suite directe de Casino Royale, le Bond du renouveau avec un nouvel acteur très convaincant Daniel Craig, le recours à une brutalité et à une sécheresse dans le traitement de la violence qui envahit 007 et un romantisme émouvant via le personnage d’Eva Green.

La première scène, une poursuite automobile ébouriffante, se situe en effet chronologiquement 1h après les derniers coups de feu de Casino Royale. Craig/Bond est de retour décidé à faire la lumière sur la mort de sa chère Vesper. Martin Campell qui avait fait un excellent boulot sur Casino, lui, a laissé sa place au suisse Marc Foster plus habitué aux drames intimistes et indépendants (Neverland, Les cerfs volants de Kaboul) qu’aux actions movies à gros budget.

La caméra nerveuse et le montage syncopé lors de ce parcours express autour de la planète font penser dès le début au style brut de Greengrass employés avec beaucoup de réussite dans les deux derniers volets de la trilogie Jason Bourne. N’ayant visiblement pas le talent de Campbell, rôdé sur Goldeneye et les Zorro pour découper une scène d’action, Foster semble s’être reposer sur le professionnalisme de Dan Bradley, le réalisateur de la seconde équipe de The Bourne Supremacy, pour planifier des poursuites, cascades et autres collisions spectaculaires dans de nombreux décors naturels superbes (Italie, Chili, Mexique, Autriche…un record pour un Bond). Résultat le rythme ne faiblit pas et le spectacle assuré même si beaucoup de scènes d’action manquent de lisibilité.

Défilement de paysages exotiques dans la tradition bondienne, James Bond girl sexy et combative, scénario moderne avec menace terroriste mâtiné de géo-politique et d’écologie, Quantum of solace remplit sur une durée ramassée, un peu trop courte pour un Bond diront certains (108 min contre 144 pour Casino Royale), son rôle de divertissement efficace et explosif. Foster a misé sur le style visuel et l’action trépidante plus que sur le scénario qui n’a pas la rigueur et la complexité en terme de progression dramatique et de psychologie des personnages de Casino. Les scènes d’action jubilatoires s’enchaînent à un tempo soutenu au détriment d’une part du cocktail si savoureux tueur froid/romantique torturé initié dans Casino Royale au sujet de l’agent secret de sa majesté et d’autre part de la caractérisation de nombreux personnages secondaires comme l’agent Fields vite sacrifié dans un hommage à Goldfinger voire même le méchant de service incarné par Mathieu Almaric à base de regards inquiétants dont la folie reste caricaturale mais amusante lors du sauvage affrontement final tant attendu avec Bond. Les face-à face Bond/M demeurent intense et Olga Kurylenko une partenaire de choix.

Quantum of solace permet de retrouver avec plaisir le 007 new look, brute au cœur saignant un brin masochiste, foncer dans le tas, se cogner, souffrir pour sa dulcinée et son pays et enfin peut-être trouver un peu de répit en partageant sa souffrance (la fameuse quantité de réconfort), est bien là : les héros sont éternels.