2 nov. 2008

Quantum of solace / Marc Foster


Même s'il lutte pour ne pas faire de sa dernière mission une affaire personnelle, James Bond est décidé à traquer ceux qui ont forcé Vesper à le trahir. En interrogeant Mr White, 007 et M apprennent que l'organisation à laquelle il appartient est bien plus complexe et dangereuse que tout ce qu'ils avaient imaginé...
Bond croise alors la route de la belle et pugnace Camille, qui cherche à se venger elle aussi. Elle le conduit sur la piste de Dominic Greene, un homme d'affaires impitoyable et un des piliers de la mystérieuse organisation. Au cours d'une mission qui l'entraîne en Autriche, en Italie et en Amérique du Sud, Bond découvre que Greene manoeuvre pour prendre le contrôle de l'une des ressources naturelles les plus importantes au monde en utilisant la puissance de l'organisation et en manipulant la CIA et le gouvernement britannique...
Pris dans un labyrinthe de traîtrises et de meurtres, alors qu'il s'approche du vrai responsable de la trahison de Vesper, 007 doit absolument garder de l'avance sur la CIA, les terroristes et même sur M, afin de déjouer le sinistre plan de Greene et stopper l'organisation...

Cas unique dans l’histoire de la sage James Bond, Quantum of solace est la suite directe de Casino Royale, le Bond du renouveau avec un nouvel acteur très convaincant Daniel Craig, le recours à une brutalité et à une sécheresse dans le traitement de la violence qui envahit 007 et un romantisme émouvant via le personnage d’Eva Green.

La première scène, une poursuite automobile ébouriffante, se situe en effet chronologiquement 1h après les derniers coups de feu de Casino Royale. Craig/Bond est de retour décidé à faire la lumière sur la mort de sa chère Vesper. Martin Campell qui avait fait un excellent boulot sur Casino, lui, a laissé sa place au suisse Marc Foster plus habitué aux drames intimistes et indépendants (Neverland, Les cerfs volants de Kaboul) qu’aux actions movies à gros budget.

La caméra nerveuse et le montage syncopé lors de ce parcours express autour de la planète font penser dès le début au style brut de Greengrass employés avec beaucoup de réussite dans les deux derniers volets de la trilogie Jason Bourne. N’ayant visiblement pas le talent de Campbell, rôdé sur Goldeneye et les Zorro pour découper une scène d’action, Foster semble s’être reposer sur le professionnalisme de Dan Bradley, le réalisateur de la seconde équipe de The Bourne Supremacy, pour planifier des poursuites, cascades et autres collisions spectaculaires dans de nombreux décors naturels superbes (Italie, Chili, Mexique, Autriche…un record pour un Bond). Résultat le rythme ne faiblit pas et le spectacle assuré même si beaucoup de scènes d’action manquent de lisibilité.

Défilement de paysages exotiques dans la tradition bondienne, James Bond girl sexy et combative, scénario moderne avec menace terroriste mâtiné de géo-politique et d’écologie, Quantum of solace remplit sur une durée ramassée, un peu trop courte pour un Bond diront certains (108 min contre 144 pour Casino Royale), son rôle de divertissement efficace et explosif. Foster a misé sur le style visuel et l’action trépidante plus que sur le scénario qui n’a pas la rigueur et la complexité en terme de progression dramatique et de psychologie des personnages de Casino. Les scènes d’action jubilatoires s’enchaînent à un tempo soutenu au détriment d’une part du cocktail si savoureux tueur froid/romantique torturé initié dans Casino Royale au sujet de l’agent secret de sa majesté et d’autre part de la caractérisation de nombreux personnages secondaires comme l’agent Fields vite sacrifié dans un hommage à Goldfinger voire même le méchant de service incarné par Mathieu Almaric à base de regards inquiétants dont la folie reste caricaturale mais amusante lors du sauvage affrontement final tant attendu avec Bond. Les face-à face Bond/M demeurent intense et Olga Kurylenko une partenaire de choix.

Quantum of solace permet de retrouver avec plaisir le 007 new look, brute au cœur saignant un brin masochiste, foncer dans le tas, se cogner, souffrir pour sa dulcinée et son pays et enfin peut-être trouver un peu de répit en partageant sa souffrance (la fameuse quantité de réconfort), est bien là : les héros sont éternels.

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