1 janv. 2009

The Spirit / Frank Miller

Denny Colt, un ancien flic, revient mystérieusement d'entre les morts. Il est désormais le Spirit, combattant du crime dans les rues obscures de Central City.
Son ennemi juré, Octopus, a un but bien différent : dans sa folle quête d'immortalité, il s'apprête à détruire la ville. Aux quatre coins de la cité, le Spirit traque le tueur. Sur son chemin, le héros masqué croise des femmes, toutes sublimes, qui cherchent à le séduire, l'aimer ou le tuer... Seul son amour de toujours ne le trahira pas : Central City, la ville qui l'a vu naître... deux fois.

Pour son premier film en solo en tant que réalisateur, Frank Miller adapte une œuvre phare du père du roman graphique Will Eisner, The Spirit, un anti-superhéros crée dans les années 40 dans les pages du supplément d’un quotidien.

On retrouve dans ce Spirit la mise en scène très stylisée employée avec plus de succès par Robert Rodriguez dans Sin City filmé intégralement sur fond vert.

L’intérêt principal réside dans l’architecture expressionniste de la ville Central City dont Miller fait un personnage à part entière de cette intrigue simpliste aux enjeux dramatiques plus que limités. Noir et blanc tranché, décors glauques, manifestations typographiques sont convoqués pour imprimer une esthétique particulière mais non originale, The Spirit en dépit d’histoire solide et de personnages travaillés faisant pâle figure en comparaison de Sin City du même Frank Miller dont la suite est prévue en 2010.

The Spirit et son ennemi juré l’Octopus ne pouvant pas mourir reste à assister à leur affrontement qui se décline en de multiples castagnes interminables à base de bourre-pif et autres rochers dans la gueule dans une ambiance de cartoon hystérique.

Si ce ton comique amuse un moment grâce au personnage grand-guignolesque d’Octopus aux tenues extravagantes qui vole la vedette au fade Spirit, le film lasse très vite par ses nombreux changements de registre entre hommage au film noir, histoire d’amour contrarié raconté en flash-back et humour régressif et patine à cause d’une histoire qui fait du surplace entre des combats interminables et des tunnels de dialogues.

A défaut d’une intrigue solide qui ne décolle jamais malgré les acrobaties de son héros, Miller mise tout sur l’esthétique, il est vrai superbe, des décors et de ses créatures, de la classe de son justicier à chapeau mou, cape et masque noirs augmentés d'une cravate rouge sang au glamour de son trio de femmes fatales aux formes généreuses, Eva Mendes, Scarlett Johansson et Paz Vega (cruellement sous-employée).

Cette plongée dans Central City n’est donc guère passionnante nonobstant les apparitions féminines qui viennent régulièrement relancer l’attention de cette histoire poussive de superhéros dont le traitement étrange mixant premier et douzième degré lire débile est à des allées lumières de la puissance dramatique du Dark Knight qui s’est imposé comme un des meilleurs films de 2008 et un des plus grandes histoires de justicier masqué.

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