24 mars 2009

La journée de la jupe / Jean-Paul Lilienfeld

Une professeur de collège prend un jour ses élèves en otage…

Pour son grand retour au cinéma Isabelle Adjani qui n'avait pas tourner de rôle majeur depuis 2003 (un petit rôle dans Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran la même année) dans Bon voyage de Jean-Paul Rappenau a choisi d'incarner dans La journée de la jupe une prof de collège à la pédagogie musclée, résultant toutefois plus de circonstances dramatiques que d'un choix d'enseignement.
En effet une dizaine de minutes après le début du récit la prof qu'on découvre chahutée et méprisée par le comportement irrespectueux de la plupart de ses élèves puis menacée physiquement par un duo de petites frappes s'empare d'un pistolet découvert dans le sac à dos du caïd de la classe et prend en otage sa classe. Le rapport de force s'inverse : l'enseignante impose sa parole et son autorité.
Huis-clos étouffant porté par l'époustouflante Adjani, tendue et menaçante comme très émouvante dans l'expression du désarroi dans le dernier tiers, ce film de Jean-Paul Lilienfeld aborde, sous ses abords de film policier dont il reprend tous les codes, des tentatives des otages pour reprendre la maîtrise de la situation jusqu'à l'intervention d'un négociateur joué, il fallait oser, par l'excellent Denis Podalydès, nombre de sujets sensibles liés aux dysfonctionnements scolaires comme sociétaux : la laïcité dans l'école du 21ème siècle, la mixité sociale et ethnique, le durcissement de la relation garçon/fille en banlieue où la mysoginie règne souvent en maître ...Si ce questionnement politique ne manque pas d'intérêt le dispositif théâtral (unité de temps, de lieu et d'action) mis en place pour cette Journée de la jupe particulière concourt à l'impression générale que ces sujets sont abordés de manière artificielle voire trop didactique dnas la succession des situations dramatiques impliquant prof et élèves.
Heureusement la qualité générale de l'interprétation et le rythme soutenu du film qui contrebalance des moments implacables de tension et de violence physiques et psychologiques avec un peu d'humour lié au personnage du négociateur pris dans des problèmes conjugaux lors de l'exercice de son métier permettent à ce téléfilm produit par Arte d'être une belle réussite originale pour cet Après-midi de chien passé Entre les murs d'un collège en ébullition.

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