2 mars 2009

Surveillance / Jennifer Lynch

Deux agents du FBI arrivent dans une petite ville perdue pour enquêter sur une série de meurtres. Ils retrouvent sur place trois témoins : un policier à la gâchette facile, une junkie complètement déconnectée et une petite fille de huit ans encore sous le choc. Au cours des interrogatoires, les agents découvrent rapidement que les témoins donnent chacun une version différente des faits, dissimulant manifestement une partie de la vérité.


Principe du Rashomon style pour cette deuxième réalisation de la fille de David Lynch interprétée par Bill Pullman et Julia Ormond, présentée hors compétition en séance de minuit au dernier festival de Cannes : 3 points de vue sur un évènement sanglant.

Jennifer Lynch est adepte comme son illustre père de l’étrange dans un quotidien normal (comportements et attitudes bizarres des personnages de flics) et du détail sanglant.
Si les premières minutes autour d’un brutal assassinat puis un spectaculaire carambolage retiennent l’attention pas vraiment de tension latente ni de réguliers pics d’effroi et de troubles pour crier à la réussite indiscutable digne d’un Lost Highway ou d’un Blue Velvet dont la réalisatrice emprunte un acteur (Bill Pullman) comme de nombreux motifs et thèmes (photogénie de l’asphalte, comportement schizophrénique, innocence vs machiavélisme…) avec un jubilatoire plaisir de filmer le bizarre et de raconter une histoire horrible destinée à égarer le spectateur.
Policier très violent à l’humour noir avec de nombreuses situations surréalistes où l’on passe du rire à la peur l’instant d’après et des dialogues très Tarantino, Surveillance est à réservé aux amateurs du genre : entre Tueurs nés pour le ton sanglant et barré et Usual Suspects pour l’architecture narrative, il cultive l’outrance et les faux semblants pour un résultat mitigé qui oscille entre le glaçant (un crash suivi d’une fusillade assez hallucinants) et le grotesque (un Bill Pullman très grimaçant) avec une rock’n roll attitude toutefois assez sympathique.

Enfin un des mérites de Surveillance et non des moindres est d’offrir un rôle conséquent à la belle Julia Ormond dont la dernière prestation de premier plan remonte à il y a dix ans dans Le Barbier de Sibérie et qu’on a pu avoir dernièrement dans le Che de Soderbergh et L’étrange histoire de Benjamin Button de Fincher.


Test DVD

Transfert très réussi reproduisant le gros grain de pellicule vu en salle. Contrastes parfaits entre les couleurs chaudes et poussées lors des flash-backs qui s’opposent aux séquences d'interrogatoires à l'ambiance plus froide, plus bleutée. Très bonne spatialisation de la piste anglaise DTS 5.1; la piste DD5.1 française et la piste Stéréo anglaise s’en sortent bien.

Au niveau des bonus commençons par un module intéressant mais trop court (15’) Jennifer Lynch : sous surveillance qui consiste en une alternance d’extraits du tournage plutôt joyeux à voir la complicité entre Jennifer Lynch et Bill Pullman et des moments choisis de la conférence de presse cannoise où il est question du retour derrière la caméra, 15 ans après Boxing Helena, de Jennifer Lynch, de l’illustre père de cette dernière producteur exécutif du film et du traitement de la violence avec les interventions de la réalisatrice, de Pullman et Ormond.

Une fin alternative, moins malsaine que la conclusion du métrage, filmée sur la demande de David Lynch qui finalement s’est rallié à la vision de sa fille, permet de se faire une idée de l’impact qu’aurait pris le film si elle avait été retenue.
Deux scènes coupées sont également proposées dont une intitulée Latex Love d’une durée de 5’ consiste en moment de complicité plein de glamour vraiment surprenant et jubilatoire entre les deux personnages principaux.

Enfin les suppléments de cette édition Wild Side à placer sous surveillance se concluent par une galerie de photos et liens internet.

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