30 avr. 2009

The pleasure of being robbed / Joshua Safdie

Eléonore, jeune femme libre et curieuse, déambule dans les rues de New York.
Pour se distraire, elle vole tout ce qui lui tombe sous la main.
Ce qu'elle trouve dans les sacs des passants déclenche aventures et rencontres.
Au cours d'un vol, Eléonore rencontre Josh...

Présenté à la Quinzaine des réalisateurs l'an dernier, The pleasure of being robbed raconte, avec une drôlerie et une liberté narrative et filmique assez réjouissantes, les quatre cents coups d’une jeune cleptomane perdue dans le New Jersey.

Il compense son manque de moyens financiers (pellicule sale, plans urbains manifestement volés) par de bonnes situations comiques : d’un cours de conduite dont le morceau de bravoure est le trajet New-Jersey/Boston à une visite au zoo menottes aux poignets, Josh Sashie multiplie les idées décalées autour de son héroïne marginale très énergique pour qui il a une vraie tendresse. En effet le personnage d’Eléonore est inspiré de son amie intime.

Fait avec des bouts de ficelle de manière intuitive, The pleasure of being robbed, malgré une certaine propension à étirer des scènes, le défaut du premier film fauché qui est à la base une bonne idée de court-métrage, révèle un jeune metteur en scène américain à suivre qui cite aussi bien Jim Jarmusch que Robert Bresson en références avec cette histoire de pickpocket excentrique décidée à mettre de la joie et de la poésie dans un quotidien précaire.

28 avr. 2009

L'antichrist de Lars Von Trier

Le danois Lars Von Trier fait son grand retour, après une comédie à petit budget Le direktor (2007), avec un film d'horreur Antichrist.
Loin du dépouillement de sa trilogie "USA - Terre d'opportunités", ce nouveau film se rapproche plus par son esthétique et sa thématique de la série fantastique L'hôpital et ses fantômes (1994).


Un couple en deuil se retire à " Eden ", un chalet isolé dans la forêt, où ils espèrent guérir leurs coeurs et sauver leur mariage. Mais la nature reprend ses droits et les choses vont de mal en pis.

A voir la bande annonce ICI, Antichrist, interprété par Willem Dafoe et Charlotte Gainsbourg, s'annonce pour les festivaliers cannois qui auront la chance de le découvrir en avant première mondiale (sortie le 3 juin dans les salles) comme une expérience inquiétante et terrifiante.

24 avr. 2009

La complicité entre Almodovar et Cruz n'est pas prête d'être brisée

Le prochain Pedro Almodovar, Les étreintes brisées (Los abrazos rotos) avec Penélope Cruz, sera en compétition officielle lors du 62ème festival de Cannes puis en salles le 20 mai.
Le synopsis est à lire plus bas et le trailer espagnol à visionner ICI.

Dans l'obscurité, un homme écrit, vit et aime. Quatorze ans auparavant, il a eu un violent accident de voiture, dans lequel il n'a pas seulement perdu la vue mais où est morte Lena, la femme de sa vie.
Cet homme a deux noms : Harry Caine, pseudonyme ludique sous lequel il signe ses travaux littéraires, ses récits et scénarios ; et Mateo Blanco, qui est son nom de baptême, sous lequel il vit et signe les films qu'il dirige. Après l'accident, Mateo Blanco devient son pseudonyme, Harry Caine. Dans la mesure où il ne peut plus diriger de films, il préfère survivre avec l'idée que Mateo Blanco est mort avec Lena, la femme qu'il aimait, dans l'accident.
Désormais, Harry Caine vit grâce aux scénarios qu'il écrit et à l'aide de son ancienne et fidèle directrice de production, Judit García, et du fils de celle-ci, Diego. Depuis qu'il a décidé de vivre et de raconter des histoires, Harry est un aveugle très actif et attractif qui a développé tous ses autres sens pour jouir de la vie, sur fond d'ironie et dans une amnésie qu'il a volontairement choisie ou, plus exactement, qu'il s'est imposé. Il a effacé de sa biographie tout ce qui est arrivé quatorze ans auparavant. Il n'en parle plus, il ne pose plus de questions ; le monde a eu vite fait d'oublier Mateo Blanco et il est lui-même le premier à ne pas désirer le ressusciter...
Une histoire d'amour fou, dominée par la fatalité, la jalousie et la trahison. Une histoire dont l'image la plus éloquente est la photo de Mateo et Lena, déchirée en mille morceaux.

Le casting du prochain Christopher Dolan

Le casting d'Inception, le prochain film de Christopher Dolan se précise.

On retrouvera dans ce projet, décrit comme un" film d'action et de science-fiction contemporain basé sur l'architecture de l'esprit", aux côtés de Leonardo DiCaprio, Joseph Gordon Levitt (Mysterious skin), Ellen page (Juno), Cilian Murphy (Sunshine) et Marion Cotillard.

La production du nouveau film très attendu du réalisateur de The dark knight démarrera cet été pour une sortie prévue en 2010.

Scorsese et Di Caprio sont à nouveau sur un plateau

Grâce au magazine Empire nous avons une photo de plateau du prochain Scorsese, Shutter Island réunissant Leonardo DiCaprio, Michelle Williams et le réalisateur Martin Scorsese.

Le film est une adaptation du roman éponyme de Dennis Lehane par Laeta Kalogridis (Alexandre, Pathfinder) centrée sur l'enquête, en 1954, de deux US Marshalls, Teddy Daniels et Chuck Aule, sur la disparition d'une patiente d'un hôpital psychatrique "haute sécurité" situé sur Shutter Island.

Tourné depuis mars principalement dans les états du Massachusetts, Connecticut ou Nova Scotia, Shutter Island compte dans ses rangs, aux côtés du duo de flics Di Caprio/Mark Ruffalo, Michelle Williams, sir Ben Kingsley, Max von Sydow, Emily Mortimer et Jackie Earle Haley.

Interrogé par l'excellent mag Première lors de sa venue en France pour présenter son dernier roman Un pays à l'aube, Dennis Lehane a déclaré que cette adaptation "sera à la frontière du gothique et du thriller. Marty venait tous les jours en me parlant de séries B des années 50 comme Bedlam ou La Chute des Héros de Karl Marden. C’étaient mes influences lors de l’écriture et j’imagine que c’est pour ça qu’il a voulu l’adapter".

Distribué par Paramout Pictures, Shutter Island sortira en France le 14 octobre prochain.

23 avr. 2009

La sélection du 62ème festival de Cannes

La conférence de presse du festival de Cannes dont la 62ème édition aura lieu du 13 au 34 mai vient de dévoiler la composition du jury des longs métrages et des films sélectionnés en compétition et hors compétition.

Parmi les 1670 longs métrages (1792 en 2008) venant de 120 pays de productions différents l'organisation du festival a retenu 53 longs métrages représentant 32 pays de productions différents (20 films en Compétition, 19 films à Un Certain Regard).

1 seul film américain (Tarantino), 4 films français dont le nouveau Alain Resnais et Ne te retourne pas de Marina de Van avec un duo féminin 100% glamour Marceau/Bellucci, une belle présence du cinéma asiatique (Johnnie To, Park Chan-Wook, Ang Lee), des habitués de poids (Pedro Almodovar, Ang Lee, Lars Von Trier, Ken Loach), hors compétition le peplum Agora d'Alejandro Amenabar et le nouveau projet maudit de Terry Gilliam L'Imaginarium du Docteur Parnassus ... la cuvée du 62ème festival de Cannes s'annonce très alléchante.


Le jury des longs métrages

Isabelle HUPPERT, Présidente (Actrice - France)

Asia ARGENTO (Actrice, Réalisatrice, Scénariste - Italie)

Nuri BILGE CEYLAN (Réalisateur, Scénariste, Acteur - Turquie)

Lee CHANG-DONG (Réalisateur, Ecrivain, Scénariste - Corée)

James GRAY (Réalisateur, Scénariste - Etats-Unis)

Hanif KUREISHI (Ecrivain, Scénariste - Royaume Uni)

Shu QI (Actrice - Taiwan)

Robin WRIGHT PENN (Actrice - Etats-Unis)


Les films en compétition

Peter DOCTER UP (Là-haut) H.C.


Pedro ALMODÓVAR LOS ABRAZOS ROTOS (Etreintes brisées)

Andrea ARNOLD FISH TANK

Jacques AUDIARD UN PROPHÈTE

Marco BELLOCCHIO VINCERE

Jane CAMPION BRIGHT STAR

Isabel COIXET MAP OF THE SOUNDS OF TOKYO

Xavier GIANNOLI A L’ORIGINE

Michael HANEKE DAS WEISSE BAND (Le Ruban blanc)

Ang LEE TAKING WOODSTOCK

Ken LOACH LOOKING FOR ERIC

LOU Ye CHUN FENG CHEN ZUI DE YE WAN (Nuits d'ivresse printanière)

Brillante MENDOZA KINATAY

Gaspar NOE ENTER THE VOID (Soudain le vide)

PARK Chan-Wook BAK-JWI (Thirst, ceci est mon sang...)

Alain RESNAIS LES HERBES FOLLES

Elia SULEIMAN THE TIME THAT REMAINS

Quentin TARANTINO INGLOURIOUS BASTERDS

Johnnie TO VENGEANCE

TSAI Ming-liang VISAGE

Lars VON TRIER ANTICHRIST


Jan KOUNEN COCO CHANEL & IGOR STRAVINSKY H.C.


Hors compétition

Alejandro AMENABAR AGORA

Terry GILLIAM THE IMAGINARIUM OF DOCTOR PARNASSUS (L'imaginarium du Docteur Parnassus)

Robert GUÉDIGUIAN L'ARMÉE DU CRIME


Séance de minuit

Stéphane AUBIER, Vincent PATAR A TOWN CALLED PANIC (Panique au village)

Sam RAIMI DRAG ME TO HELL (Jusqu'en enfer)

Marina de VAN NE TE RETOURNE PAS


Séance spéciale

Anne AGHION MY NEIGHBOR, MY KILLER (Mon voisin, mon tueur)

Adolfo ALIX, JR., Raya MARTIN MANILA

Souleymane CISSE MIN YE

Michel GONDRY L'EPINE DANS LE CŒUR

Zhao LIANG PETITION (La Cour des plaignants)

Keren YEDAYA JAFFA

L'affiche du 62ème festival de Cannes

En attendant le compte-rendu ce soir de la conférence de presse du 62ème festival de Cannes voici l'affiche de cette nouvelle édition inspirée d’un photogramme de L'aaventura (1960) de Michelangelo Antonioni.

De plus outre la certitude que le nouveau Pixar Là-haut ouvrira le festival le 13 mai, il est à noter, toujours au rayon film d'animation, que Robert Zemeckis viendra le 18 mai présenter en avant-première une dizaine de minutes de Le drôle de noël de Scroodge, réalisé en motion picture avec le concours devant la caméra de Jim Carrey, Colin Firth et Gary Oldman entre autres.

21 avr. 2009

Outlander, le dernier viking / Howard Mc Cain

Sous le règne des Vikings, un homme de l'espace - Kainan - s'écrase sur la Terre en apportant avec lui une créature terrifiante, un prédateur extra-terrestre connu sous le nom de Moorwen. Alors que la bête plonge les environs dans le chaos, les vikings, d’abord suspicieux envers ce mystérieux étranger, s'associent bientôt à Kainan pour en venir à bout. Car lui seul pourra les mener à la victoire…

Passionné par le poème épique anglais Beowulf le réalisateur Howard McCain, coscénariste du prochain Conan, présente avec Outlander sa vision des origines de Beowulf avec cette présence extraterrestre que doit combattre un guerrier de l’espace allié à des Vikings.

Cette superproduction inédite en salles dotée d’un budget de 50M de $ a mobilisé de nombreux atouts pour assurer une aventure divertissante : le design de la créature signé Patrick Tatopoulos (Godzilla, Je suis une légende, I, Robot), la direction artistique assurée par Dan Hannah (la trilogie du Seigneur des anneaux), un casting réussi incluant Jim Caviezel, parfait en étranger mélancolique face à la ravissante Sophia Myles et des seconds couteaux de choix comme John Hurt et Ron Perlman.

L’alliance d’imagerie de l’âge du fer (l’univers viking) avec des éléments fantastiques (la bête) et de science-fiction (vaisseau, armes de l’outlander) rehaussés par des CGI dernière génération peut paraître vraiment incongrue au début d’un métrage dont l’ouverture assez efficace rappelle celle de La planète des singes qui s’avère être plutôt fun et jubilatoire au fil d’un récit guerrier et épique entre héroïc fantasy et fantastique qui livre son quota de scènes d’action spectaculaires sans oublier de développer ses personnages principaux

Le budget serré du film pour un tournage de cette envergure avec décors naturels et effets spéciaux explique l’aspect un peu cheap de certains plans numériques.

Mais rien de catastrophique, le film fonctionne beaucoup grâce à l’évolution de ses personnages, l’expression de leur culpabilité (Kainan), leur désir d’indépendance (Freya) et leurs actes d’héroïsme dans un contexte de peur et de sauvagerie.

Entre des moments de tensions entre clans vikings, des scènes intimistes où le mystérieux étranger va forcément conquérir le cœur de la fille du roi ou des flash back explicatifs sur le passé de l’outlander, les attaques de la bête reviennent de manière métronomique et efficace : frappant tout d’abord de manière furtive et dans l’obscurité le Moorwen dévoile petit à petit une apparence monstrueuse qui tient à la fois d’un dragon issu des légendes vikings, d’un alien de Giger et d’un Morlock de Wells dont le caractère photosensible se manifeste ici par la bioluminescence.

Cette marque de fabrique originale est le clou de l’univers visuel de Outlander qui mélange deux genres hétérogènes, la science-fiction et la fresque guerrière et bon nombre d’influences (Predator, Le 13ème guerrie, Conan le barbare, Alien, La légende de Beowulf…) pour un résultat qu’on espérait pas aussi sympathique.

Grâce à une équipe technique et artistique de pros et de passionnés de film de genre, Outlander se révèle être une série B efficace à défaut d’être vraiment surprenante.


Test DVD

Une image précise et colorée alliée à une monstrueuse piste DTS pour la version française et une piste efficace en Dolby 5.1 pour la version originale.

Les bonus sont essentiellement constitués de belles galeries de dessins préparatoires, maquettes et croquis sur la conception d’Outlander. Quinze minutes de scènes coupées (contre 41’ pour l’édition Blu-Ray) et la traditionnelle galerie de photos viennent compléter cette édition DVD Wild Side certifiée THX techniquement excellente.

(film testé sur DVD watermarqué)

20 avr. 2009

Russel Crowe en Robin Hood

USA Today vient de publier la première photo de Russel Crowe en Robin Hood pour son réalisateur fétiche Ridley Scott.
Russel Crowe, visiblement en forme avec une coupe similaire à celle aborée dans l'excellent Gladiator, joue aux côtés de Cate Blanchett, Max Von Sydow et William Hurt dans cette nouvelle adaptation des aventures du justicier Robin Hood attendue avec impatience pour 2010 (sortie annoncée le 14 mai 2010 aux Etats-unis).

19 avr. 2009

1ère photo du tournage du Tintin de Spielberg

Voici la première photo du set de Tintin de Steven Spielberg.

Ce cliché est issu du magazine Empire qui a été invité sur le tournage de M.Spielberg qui sera bientôt rédacteur en chef du numéro 200 de ce magazine.

On y voit Tintin (Jamie Bell) et le capitaine Haddock (Andy Serkis) en discussion avec Spielberg, sous le regard attentif de Peter Jackson qui a déjà fait tourner les deux comédiens ensemble dans son King Kong.

A noter qu'aux côtés de Daniel Craig (Rackham le rouge), Toby Jones (Professeur Tournesol) et Gad Elmaleh (Omar Ben Sallaad) Simon Pegg et Nick Frost complètent un casting intéressant avec les rôles de Dupont & Dupond.

Steven Moffat, Joe Cornish and Edgar Wright ont écrit le script en se basant sur les populaires livres d'Hergé.

Le premier volet réalisé par Spielberg est l'adaptation des BD Le Secret de la Licorne et Le Trésor de Rackham le Rouge.

Le second volet sera mis en scène par Peter Jackson et le dernier co-réalisé par les deux hommes.

Le film ne sortira pas avant 2011, le temps de peaufiner les images de synthèse demandées par ce film réalisé avec la technique de motion capture.

18 avr. 2009

OSS117 : Rio ne répond plus / Michel Hazanavicius

Douze ans après Le Caire, OSS 117 est de retour pour une nouvelle mission à l'autre bout du monde. Lancé sur les traces d'un microfilm compromettant pour l'Etat français, le plus célèbre de nos agents va devoir faire équipe avec la plus séduisante des lieutenants-colonels du Mossad pour capturer un nazi maître chanteur. Des plages ensoleillées de Rio aux luxuriantes forêts amazoniennes, des plus profondes grottes secrètes au sommet du Christ du Corcovado, c'est une nouvelle aventure qui commence. Quel que soit le danger, quel que soit l'enjeu, on peut toujours compter sur Hubert Bonisseur de la Bath pour s'en sortir...

Trois ans après OSS 117 le Caire nids d'espion qui s'est avéré être un divertissement comique de grande qualité, un détournement jubilatoire des films d'espionnage soigneusement mis en images par Michel Hazanavicius, c'est un grand plaisir de retrouver OSS 117 alias Hubert Bonisseur de la Bath, un espion stupide, légèrement réac et misogyne mais aussi naïf et finalement attachant campé excellemment par un Jean Dujardin à l'indéniable vista comique et au sens du burlesque digne d'un Peter Sellers.
Toujours aussi hilarant ce deuxième volet mêle, pour le plus grand plaisir du spectateur qui en aura pour son argent ce qui est rarement le cas de la grande majorité des comédies françaises, absurde, non sense, vannes politiquement incorrectes bref un humour qui va du 1er degré au 3ème degré faisant un usage immodéré du comique de répétition (les "J'écoute", les fous rires, les attaques des chinois) comme du comique de situation (la poursuite au ralenti dans les couloirs d'un hôpital) au gré d'aventures exotiques bourrées de références cinématographiques (le Walter PPK et le smoking de James Bond, le coupé sport vu dans Sous le ciel bleu d'Hawaï avec Elvis Presley ou Devine qui vient dîner?, le costume de Paul Newman dans Detective privé, Vertigo et La mort aux trousses d'Hitchcock, les films de catch mexicain...).
Un régal, vivement le troisième volet!

15 avr. 2009

Rachel se marie / Jonathan Demme

Lorsque, à l'occasion du mariage de sa soeur Rachel, Kym revient dans la maison de son enfance, elle replonge aussitôt dans une longue tradition familiale de crises et de conflits. Alors que s'annonce un week-end de fête, Kym, avec son esprit acéré et son don pour sortir les cadavres des placards, va faire exploser les faux-semblants pour enfin révéler au grand jour tout ce qui mine sa famille depuis si longtemps...

Scénarisé par la fille du grand Sidney Lumet, Jenny Lumet, Rachel se marie (Rachel getting married) marque le retour inspiré derrière la caméra du réalisateur du Silence des agneaux Jonathan Demme après une décennie à alterner remake dispensables (La vérité sur Charlie/2003, Un crime dans la tête/2004) et documentaires sur Neil Young (2006 & 2009) et Jean Dominique, un journaliste haïtien militant pour les droits de l'Homme et créateur de la station de radio libre Radio Haïti.
Reprenant le format choisi pour son documentaire sur Jimmy Carter (Jimmy Carter man from plains/2007), Demme a tourné son nouveau film en vidéo sur le principe du Dogme fixé par Lars Von Trier. Dans cette recherche d'authenticité le réalisateur a recruté des amis pour composer les invités au mariage (le réalisateur Roger Corman qui l'a fait débuter entre autres) comme a fait jouer de la musique live sur le plateau où le chanteur du groupe TV on the radio Tunde Adebimpe interprète le personnage du marié Sidney face aux actrices Anne Hathaway et Debra Winger.
Ne vous fiez pas au titre Rachel se marie n'est pas une énième comédie romantique où est testée la solidité des sentiments des futurs mariés mais un drame familial centré sur la relation compliquée entre deux soeurs, mélange de jalousie, de reproches et d'affection.
Cette chronique familiale douce-amère a pour héroïne le personnage de Anne Hathaway, une ex-mannequin qui sort de cure de désintoxication pour assister au mariage de sa soeur aînée la Rachel du titre. Emotionnellement instable et imprévisible, la soeur cadette est l'élément perturbateur de cette réunion de famille où plages de bonheur et de rires alternent avec des moments de crises et de pleurs. D'un côté le personnage de Rachel n'aspire rien de tel qu'au bonheur et à la joie d'un tel évènement quand sa soeur, porteuse d'un lourd passé, cherche le pardon et l'écoute pour échapper à une spirale auto-destructrice. Si son père et sa soeur cachent leurs douleurs et leurs blessures occasionnées par la perte d'un membre de la famille Kim a besoin de l'extérioriser pour exorciser ses démons qui la rongent depuis de nombreuses années.
Incarnée magnifiquement par Anne Hathaway qui prouve qu'elle est autre chose qu'un charmant minois vu dans Le diable s'habille en Prada et Max la menace (nomination aux derniers oscars amplement justifiée), Kim déroute tout d'abord par la complexité de son comportement qui va de la manipulation à l'affection pour s'avérer très attachant au fil de cette réunion familiale chaotique qui est en fait un retour à la vie. Car Kim ne cherche qu'en fait à faire la paix avec elle même en se faisant pardonner par les siens.
Si l'ambiance est souvent électrique l'idée de convivialité et de festivité n'est pas absente de cet événement familial. Le réalisateur Jonathan Demme intercale en effet entre des moments cruels (la dispute avec la mère) ou des confessions bouleversantes de purs moments de comédie comme le concours minuté de remplissage de lave-vaiselle (séquence inspirée à la scénariste par l'affrontement amusé entre son père et le réalisateur Bob Fosse) ou de liesse familiale avec la party post mariage.
Sa caméra à l'affût de la moindre larme comme sourire enregistre sans effets l'émotion qui va crescendo : les sentiments exprimés par ces personnages complexes superbement interprétés sonnent vrais et sont accompagnés idéalement par une musique jouée live sur le plateau. Demme peaufine une ambiance réaliste en jouant sur la durée d'une séquence (les toasts aux mariées) et en capturant sur le vif les réactions des convives.
Filmé en liberté, Rachel se marie est un beau film intimiste pas loin d'accomplir (petit problème de rythme avec un bon quart d'heure lassant par l'accumulation de remerciements et autres discours laudatifs) les ambitions de Demme et du directeur de la photo Declan Quinn d'être " la plus belle vidéo amateur jamais filmée ", comme si elle avait été tournée avec une caméra numérique par un ami, ou même par le fantôme d'un personnage dont la mort hante cette famille".

13 avr. 2009

Vinyan en DVD

Incapables d'accepter la perte de leur fils dans le Tsunami de 2005, Jeanne et Paul sont restés vivre en Thaïlande. S'accrochant désespérément au fait que son corps n'a pas été retrouvé, Jeanne s'est persuadée que son enfant a été kidnappé, dans le chaos qui suivit la catastrophe... qu'il est encore vivant. Paul est sceptique, mais ne peut pas briser le dernier espoir de sa femme. Le couple va alors embarquer dans une quête qui les plongera au fin fond de la jungle tropicale, au sein d'un royaume surnaturel où les morts ne sont jamais vraiment morts...

Le second long métrage du belge Fabrice du Welz emprunte à divers genres, le drame familial, le fantastique, l’horreur pour un résultat singulier, une descente aux enfers hynotique et déstabilisante d’un couple pour retrouver leur enfant disparu pendant le tsunami.

C’est un film ivre d’amour (à la recherche d’un être cher), ivre de références parfois écrasantes (Délivrance, La fôret d’Emeraude et surtout Apocalypse now) et ivre d’effets sonores destinés à déstabiliser le spectateur qui se révèlent in fine plus irritants dans leur accumulation sans modération que désorientants (tendance Gaspard Noé dans Irréversible).

Après une mise en route liée au périple pour traverser la frontière birmane qui n’évite pas une certaine torpeur, Vinyan, l’âme errante qui tourmente les vivants, mène ses personnages au rythme d’une embarcation très conradienne vers un paysage dévasté où il fait entrer des vivants dans le monde des morts.

Du Welz révèle d’indéniables qualités de filmeur dans la dernière partie du film quand cette réaliste odyssée désespérée menée par l’intense Emmanuelle Béart et le magnétique Rufus Sewell bascule dans le fantastique et l’horreur avec ce décor incroyable de jungle mystérieuse peuplé d’enfants perdus.

Le danger et le trouble envahissent l’écran et l’image superbe dûe à Benoît Debie où le désarroi et la souffrance d’une mère contaminent un paysage concret qui prend des accents surnaturels et inquiétants (brume, silhouettes fantômatiques).

Le plan final, troublant, touche au sublime, une communion dans un jardin édénique.


Test DVD

Au niveau de l’image nous avons une belle copie qui rend justice à la riche palette colorimétrique du film, des rouges ultra poussés puis des tons monochromes et qui fourmille de détails. La piste sonore DTS a une belle envergure.

Via des menus soignés, le DVD propose des bonus très intéressants dont un long making-of de 52’qui témoigne sans langue de bois de l’aventure du tournage.

Baigné de mysticisme, le tournage de Vinyan avance, mené par l’énergie inépuisable de son metteur en scène, Fabrice du Welz, pour qui « faire un film n’a pas de prix », au gré de problèmes de logistique pour tourner dans les rues grouillantes de Bangkock, des intempéries lors des prises de vue dans la jungle, des maladies des techniciens qui n’entament pas la solidarité de l’équipe…

Malgré les difficiles conditions de prise de vue l’équipe regarde dans la même direction : un réalisateur exigeant qui ne lâche rien, un directeur de la photo prêt à toutes les acrobaties pour ramener LE plan, une actrice Emmanuelle Béart vraiment investie dans son rôle au point de refaire malgré une double otite plusieurs prises d’une course épuisante dans la forêt, une équipe thaïlandaise débrouillarde et réactive s’unissent pour mettre en images une quête initiatique aux accents fantastiques déroutante et captivante.

Puis le disque propose un entretien croisé (20’) entre le réalisateur et le directeur de la photo Benoît Debie.

Ce module instructif met en avant leur méthode de travail où chacun s’autorise une grande liberté d’essayer des choses et de tester.

Complices, les deux hommes évoquent la photographie du film tourné en 35 mm pour sa vaste palette colorimétrique, leur volonté d’avoir du grain et des « images qui bavent ». Des images très vives laissent place à une désaturation dans une recherche d’extrêmes au niveau de l’exposition.

Ils louent la disponibilité et l’ingéniosité des thaïlandais pour relever des défis techniques malgré des conditions difficiles de tournage qui rendent le plan de travail difficile à tenir.

Enfin Fabrice du Welz avoue sa passion pour le travail de Werner Herzog et sa quête de l’impossible qui l’a motivé à se livrer à une expérimentation cinématographique dans la jungle en mélangeant les genres. Vinyan fut pour lui un parcours initiatique, expérience de vie et de cinéma étant étroitement liés.

De belles galeries de photos et de dessins inédits viennent compléter les bonus de cette édition Wild Side très réussie.

10 avr. 2009

L’Assemblée nationale a repoussé la loi Création et Internet sur le téléchargement.

A 13h15 jeudi 09 avril, l’Assemblée nationale a rejeté, par 21 voix contre 15, le texte qui sanctionne le téléchargement illégal sur Internet.
Fait assez rare sous la Vème république, les députés ont rejeté un texte issu de la commission mixte paritaire (composée de sept sénateurs et sept députés censés avoir élaboré un texte de compromis).
Dans l'hémicycle la présence de la droite était très faible. Malgré l'appel de leur patron Jean-François Copé, mardi, pour qu’ils soient davantage présents, la plupart des députés de la majorité étaient retournés dans leur circonscription comme de coutume le jeudi.
Même si au fil des débats ce projet n'a pas fait l'unanimité au sein de la majorité (à plusieurs reprises, en séance, des votes ont été acquis d'extrême justesse) le Président et les responsables de la majorité se félicitaient le matin même de l'adoption imminente de ce texte.
La gauche opposée aux sanctions infligées aux internautes pirates a profité de la démobilisation progressive de la droite en envoyant dans l'hémicycle neuf députés PS, en embuscade! Le texte est finalement rejeté.
Après les vacances parlementaires le projet va revenir devant l’Assemblée le 28 avril . Puis direction le Sénat pour éventuellement revenir à l’Assemblée qui aura le dernier mot en cas de désaccord entre les deux chambres.

9 avr. 2009

Des films en DVD & BD plus tôt dans votre salon

Grâce à la loi Création et Internet en passe d’être adoptée aujourd’hui à l’Assemblée nationale et promulguée avant l’été il sera désormais possible de voir en vidéo des films quatre mois après leur sortie en salles.

Après des négociations tendues entre la ministre de la Culture, Christine Albanel, et tous les professionnels du cinéma français, les députés ont en effet voté vendredi dernier un amendement ramenant le délai de sortie des films commercialisés en DVD de six à quatre mois.

Cette mesure visant à stopper le piratage des oeuvres téléchargées sur Internet, phénomène qui touche de plein fouet les secteurs discographiques comme cinématographiques est salué par les éditeurs de DVD et décideurs du cinéma comme Alain Tierzan, président de l’Union des producteurs français : « C’est le complément indispensable de la loi contre la piraterie. Elle a pour objet de transformer l’usage illicite des films en consommation légitime ».

En outre des dérogations sont possibles. Le texte prévoit en effet que le délai pourra être ramené à trois mois en cas d’échec commercial d’un film en salles. Selon l’amendement 515, le nombre de dérogations accordées sera « restreint » et soumis à des critères précis fixés par décret au Conseil d’Etat.
Toutefois les distributeurs de films qui réussissent de belles carrières en salles comme Slumdog Millionaire sorti depuis trois mois et qui, fort de ses huit Oscars, a déjà fait 2,3 millions d’entrées pourront les laisser à l’affiche le plus longtemps possible et repousser le délai d’édition en DVD au-delà des quatre mois.

7 avr. 2009

Truman Capote à l'honneur en Blu-Ray

Le film Truman Capote de Bennett Miller, à voir pour l'implication totale de Philip Seymour Hoffman dans le rôle titre, sort aujourd'hui en Blu-Ray dans une édition 2 disques qui comprend également De sang froid de Richard Brooks, adaptation de 1967 en N&B du célèbre livre In Cold Blood (1966) de l'auteur de Breakfast at Tiffany's.


Vous pouvez lire ma critique de Truman Capote ICI

6 avr. 2009

Wendy & Lucy / Kelly Reichardt

Wendy, accompagnée de son chien Lucy, a pris la route de l'Alaska dans l'espoir de trouver un petit boulot et commencer une nouvelle vie. Lorsque sa voiture tombe en panne dans une petite ville de l'Oregon...

Ce très joli petit film indépendant américain porté par la formidable Michelle Williams a été présenté au dernier festival de Cannes dans la catégorie Un certain regard.

Nous suivons avec empathie les pérégrinations d’une jeune femme précaire, accompagnée de son chien (la Lucy du titre), en stand-by dans une petite ville de l’Oregon avant de prendre le large vers l’Alaska, terre de promesse d’emploi.

Wendy et Lucy est un portrait sensible de l’Amérique profonde à travers la description d’une morne bourgade où les contacts humains sont rudes et un touchant itinéraire personnel en forme de combat pour la survie proche des expériences âpres des héroïnes des Dardenne où Wendy fait l’expérience du désespoir (voiture en rade), de la cruauté (sur la dénonciation d’un employé de son âge elle est arrêtée dans un centre commercial pour vol à l’étalage afin de nourrir son chien), de la terreur (superbe scène nocturne où Wendy est approchée sur son campement par un rôdeur illuminé) mais aussi de la générosité (un vieux veilleur de nuit l’aide moralement et financièrement à retrouver son chien).

Wendy and Lucy doit beaucoup au talent de son interprète principale, Michelle Williams, petit bout de femme combative et taciturne, déterminée à faire un sort à cette solitude redoutable en retrouvant son chien, un compagnon d’existence dont elle affronte l’aridité et la noirceur en chantonnant régulièrement un petit air, pour se donner la force d’avancer et peut-être espérer des lendemains plus radieux.

(sortie le 08 avril)

5 avr. 2009

Les basterds de Tarantino sur la Croisette

La présence sur la Croisette du nouveau film de Quentin Tarantino devrait avoir lieu vers la fin du 62ème festival de Cannes.
Selon le Parisien, Inglorious Basterds, en cours de montage à Los Angeles pourrait être diffusé, vu le travail restant à effectuer en post-production, vers la fin de cette quinzaine cinématographique très attendue. Tout est fait par les producteurs The Weinstein Co et Universal Pictures pour que ce film de guerre soit présenté en avant-première sur la Croisette.

Inglorious Basterds raconte l’histoire d’une bande de soldats juifs américains engagés dans une mission pour éliminer des dirigeants du III e Reich.

Avec un casting comme à l'accoutumée très éclectique (Mélanie Laurent, Brad Pitt, Diane Kruger, Christophe Waltz, Daniel Bruhl, Eli Roth, Mike Myers, Maggie Cheung, Samuel L. Jackson) le réalisateur de Pulp fiction devrait fouler à nouveau le tapis rouge cannois pour le plus grand plaisir des festivaliers.

Inglorious basterds sortira dans les salles françaises le 19 août prochain.

Voici une photo de groupe prise par la photographe Brigitte Lacombe sur le set du film et dont vous pouvez trouver d'autres superbes clichés ICI

2 avr. 2009

Règlement de comptes à Appaloosa

Cinq après son portrait réussi du peintre Pollock, Ed Harris est repassé derrière la caméra pour réaliser un western très sympathique, Appaloosa.

Grande histoire d'amitié avant tout, filmée avec élégance, de deux hommes de loi s'unissant pour faire respecter la loi dans une bourgade du Nouveau-Mexique, Appaloosa est en quelque sorte le Rio Bravo d'Ed Harris avec l'excellent Viggo Mortensen et Renée Zelwegger.

Le Blu-Ray et le DVD viennent tout juste de sortir dans les bacs.

Au rayon des suppléments communs aux 2 supports :

Commentaire audio d'Ed Harris et Robert Knott (VOST)
"Du livre au film" : l'adaptation (VOST)
"L'histoire d'Appaloosa" les recherches (VOST)
"La ville d'Appaloosa" : transformation du ranch de Tom Ford en lieu de tournage (VOST)
"Dean Semler, le retour aux sources" : le travail du directeur de la photographie (VOST)
Scènes coupées dont le prologue original avec commentaire audio optionnel d'Ed Harris et Robert Knott (VOST)
Bande-annonce du film (VF/VOST)

Ma critique de Appaloosa vu au dernier festival américain de Deauville est à lire ICI

Quelques photos de la conférence de presse de Viggo Mortensen et Ed harris (photos Fabien B)

1 avr. 2009

Le duo britannique Pegg/Wright sévira à nouveau avec The world's end

Lors d'une discussion avec un journaliste d'Entertainment weekly, Simon Pegg a révélé que son duo avec Edward Wright à la base de ces très sympathiques comédies d'action que sont Shaun of the dead et Hot Fuzz ne se reformerait pas avant 2011 pour donner naissance à un nouveau de détournement de film de genre.

Après les zombies et les buddy-movies le duo infernal va s'attaquer au genre du film catastrophe avec The world's end.

Si, selon Pegg, Shaun of the dead parlait de"quitter la trentaine et d'assumer ses responsabilités" et Hot Fuzz "de se conduire comme un homme", il sera question dans The world's end d'accepter d'être "un homme mûr...un enfoiré de quadragénaire, ce que je vais être bientôt"!

Ma critique de Hot Fuzz est à lire ICI