8 juin 2010

Bright Star / Jane Campion

Londres, 1818. Un jeune poète anglais de 23 ans, John Keats, et sa voisine Fanny Brawne entament une liaison amoureuse secrète.
Pourtant, les premiers contacts entre les deux jeunes gens sont assez froids.
John trouve que Fanny est une jeune fille élégante mais trop effrontée, et elle-même n'est pas du tout impressionnée par la littérature.
C'est la maladie du jeune frère de John qui va les rapprocher. Keats est touché par les efforts que déploie Fanny pour les aider, et il accepte de lui enseigner la poésie.

Lorsque la mère de Fanny et le meilleur ami de Keats, Brown, réalisent l'attachement que se portent les deux jeunes gens, il est trop tard pour les arrêter. Emportés par l'intensité de leurs sentiments, les deux amoureux sont irrémédiablement liés et découvrent sensations et sentiments inconnus. " J'ai l'impression de me dissoudre ", écrira Keats. Ensemble, ils partagent chaque jour davantage une obsédante passion romantique qui résiste aux obstacles de plus en plus nombreux. La maladie de Keats va pourtant tout remettre en cause...


Palme d’or en 1993 pour La leçon de piano Jane Campion est de retour après le sensuel In the cut en 2003 avec Bright Star, une belle histoire d’amour entre le poète John Keats et sa jeune voisine Fanny Browne qui va inspirer au jeune homme ses plus poèmes. Il est question d’amour et de création comment l’un nourrit l’autre et inversement.

Esthétiquement superbe, ce récit romantique se déroule doucement selon les sentiments exaltés ou déçus, au rythme des saisons qui accueillent cette relation tragique. Campion accorde autant d’importance à la lumière mettant en valeur une nature accueillante qui permet la communion des être et devient source d’inspiration comme le poids des mots qui vont chavirer et troublent. L’expression du désir est comme toujours chez la réalisatrice néo-zélandaise subliment rendu, par petites touches au centre d’une relation passionnelle où le poète se dissout.

Dramatiquement plus faible qu’escompté, Bright star ne fait pas de la barrière sociale un obstacle majeur à la manière de Roméo et Juliette (Keats n’a pas le sou contrairement à la famille de Fanny in fine plutôt tolérante) et une source de tension dramatique mais fait intervenir tardivement la maladie pour séparer les deux amants.

Jane Campion ne retrouve pas le romantisme échevelé de sa Leçon de piano mais signe une histoire touchante à défaut d’être vibrante malgré la justesse de l’interprétation et une photographie sublime.


Test blu-ray

Technique

Le transfert rend justice à la superbe photographie d'origine avec une finesse argentique, des couleurs naturelles lors des scènes extérieures filmées majoritairement en plans fixes, des contrastes subtils.

Sobriété pour la bande-son avec une piste vo légèrement en retrait par rapport à la vf mais à préférer pour apprécier Keats dans le texte.

Bonus

Suppéments substantiels qui peuvent légitimer l'achat de cette édition, 3 courts métrages de la réalisatrice Jane Campion :

Peel réalisé en 1982 instaure en 8' une belle montée de tension familiale au cours d'un voyage automobile avec une mise en scène impressionniste assez remarquable qui lui a valu la Palme d'or du court métrage au Festival de Cannes/Passionless moments (1983): 10 courts tableaux sur l'absurde, l'étrangeté du quotidien/A girl's own story (1984) : portraits croisés de 3 adolescentes qui annoncent des thèmes développés dans ses longs métrages comme le désir féminin, le besoin vital d'émancipation et de liberté.

Working with Jane est un making-of constitué d'images de tournage, d'interviews des acteurs, des répétitions et des confidences de Jane Campion qui déclare après 4 ans d'absence avoir voulu faire un film avec simplicité majoritairement composé de plans fixes pour révéler l'intériorité de ses personnages.

2 scènes coupées trop courtes pour être vraiment appréciées à leur juste valeur, une bande-annonce et une galerie photos sont également proposées dans cette belle édition FPE.


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