31 août 2009

Disney rachète Marvel

Walt Disney annonce qu'il rachète Marvel Entertainment pour quatre milliards de dollars, reprenant au passage plus de 5.000 personnages de sa cible tels que Spiderman, Iron Man ou encore les Quatre Fantastiques.

En associant ses personnages traditionnels aux "superhéros" de Marvel, Disney ne réalise pas seulement la plus grosse acquisition média de l'année, il attire aussi dans ses filets une cohorte de personnages qui connaissent un regain de popularité depuis qu'ils sont portés à l'écran.
Par exemple Spiderman 3 a rapporté
dans le monde en 2007 890 871 626 $.

Cette acquisition peut en outre permettre à Disney de reconquérir la clientèle masculine qu'il peine à faire venir dans ses parcs d'attractions alors qu'il connaît un grand succès avec les filles qui apprécient Hanna Montana, Cendrillon ou Blanche-Neige.

Iron Man 2 doit sortir l'année prochaine tandis que 2011 sera marqué par Thor, Spider Man 4 et Avenger, des franchises de Marvel.

Source : Paul Thomasch, version française Wilfrid Exbrayat et Nicolas Delame

30 août 2009

L'abominable vérité / Robert Luketic

Ambitieuse productrice de talk-show, Abby Richter se targue de pouvoir trouver instantanément une solution à n'importe quel problème. Le seul qu'elle n'a pas réussi à résoudre, c'est son célibat.
Lorsque le taux d'audience de son émission faiblit, Abby est obligée d'engager un nouvel animateur soi-disant expert en relations humaines, Mike Chadway. Dans l'émission, celui-ci traite de ce qui plaît vraiment aux hommes. Le choc est rude entre la jeune femme et ce provocateur odieux et macho. Le pire, c'est qu'il fait grimper l'audience et devient incontournable...
C'est alors qu'Abby rencontre Colin, son voisin, un chirurgien célibataire qui est tout l'opposé de Mike Chadway. Cette fois, Abby veut mettre toutes les chances de son côté. A contrecoeur, elle fait appel à Mike... Alors que Mike conseille Abby à coups de théories provocantes qu'elle finit par suivre, tous deux découvrent une autre vérité : aussi différents puissent-ils être, hommes et femmes ont en commun certains sentiments...


L'abominable vérité (The ugly truth) réalisé par Robert Luketic (La revanche d'une blonde, Sa mère ou moi!) marque le retour de Katherine Heigl à la comédie romantique un an après 27 robes où elle tenait avec charme et peps peu ou prou le même rôle celui de la célibataire romantique un peu délurée mais tellement attachante.
Vendu par son producteur Tom Rosenberg comme la version trash du duo Spencer Tracy-Katherine Hepburn, le tandem formé par Heigl et Gerard Butler (bien empâté), elle en célibattante adepte du contrôle et lui en macho rustre, amuse au début par l'injection de dialogues triviaux et de vulgarités dans les situations comiques (la scène de la culotte vibrante est de loin la meilleure séquence comique du récit) avant de lasser par le manque manifeste d'alchimie et de crédibilité amoureuses du duo dans le dernier tiers qui alignent désespérement tous les clichés de la comédie romantique. Le supplément de trashitude ne parvient pas masquer la paresse d'un récit archi-prévisible aux personnages secondaires inexistants et situations comiques peu inspirées.
Ce mix raté entre les styles de Nora Ephron et de Judd Appatow qui avait su autrement mieux exploiter le talent comique de la miss Heigl dans l'irrésistible En cloque mode d'emploi n'est encore pas, après le poussif 27 robes, digne de cette pétillante prétendante, après le règne de Julia Roberts, au titre de nouvelle reine de la romcom. Elle mérite beaucoup mieux.

27 août 2009

Parking / Chung Mong-Hong

C'est le jour de la fête des mères à Taipei. Chen Mo a pris rendez-vous avec sa femme pour un dîner, avec l'espoir de renouer leurs liens distendus. Mais, il trouve sa voiture bloquée par une autre garée en double file après l'achat d'un gâteau.
Toute la nuit, Chen Mo passe des heures à tous les étages d'un immeuble pour chercher la personne qui s'est garée. C'est ainsi qu'il rencontre des personnages excentriques : un vieux couple vivant avec leur petite-fille précoce après la mort de leur fils unique, un patron de salon de coiffure manchot qui adore faire et manger de la soupe de poisson, une prostituée venant de Chine continentale qui veut échapper à son maquereau. Ainsi qu'un tailleur hongkongais accablé de dettes qui s'est fait coincer par des voyous...

61ème festival de Cannes-Un certain regard

Premier film de fiction pour Chung Mong-Hong, Parking (Ting che) se déroule à Taipei le temps d’une nuit où un homme, parti pour renouer avec sa femme, se voit contraint suite à un problème automobile d’aider plusieurs habitants d’un même immeuble.

Avec l’histoire tragi-comique de cet homme qui ne peut rentrer chez lui (sa voiture est successivement bloquée par plusieurs véhicules, un running gag assez savoureux) et rencontre au cours d’une folle nuit plusieurs personnages qui vont faire évoluer sa vision de la vie (une prostituée qui voudrait décrocher, un barbier manchot, un tailleur aux prises avec la mafia locale, un couple de personnes âgées qui attend le retour de leur fils décédé), Parking lorgne du côté du survolté After Hours de Martin Scorsese.

Ce long métrage asiatique varie les tons, de la comédie cocasse au drame familial en passant par le film de gangster, pour un résultat plaisant qui n’est pas sans baisses de rythme liées aux références maladroites au passé des protagonistes sous la forme de flash-back trop étirés. Mais Parking doit beaucoup de son capital sympathie au charisme de son acteur principal, la star taïwanaise Chang Chen vu dans Souffle de Kim Ki-duk et le dernier John Woo, Red Cliff.

25 août 2009

Le teaser du nouveau Christopher Nolan

Le teaser d'Inception , le nouveau film de Christopher Nolan après le triomphe mondial de The dark knight (530 M$ aux USA, 3M d'entrées France) est à visionner ICI.
Inception est décrit par Warner Bros. Pictures comme "un film d'action et de science-fiction contemporain basé sur l'architecture de l'esprit".
Inception est interprété par Leonardo Di Caprio, Marion Cotillard, Cillian Murphy, Ellen Page, Joseph Gordon-Levitt, Ken Watanabe, Tom Hardy et Michael Caine.
Ce film très attendu au contenu mystérieux et intrigant au vu des premières images sortira chez nous en août 2010.

24 août 2009

Un prophète / Jacques Audiard

62ème Festival de Cannes-Compétition officielle

Condamné à six ans de prison, Malik El Djebena, ne sait ni lire, ni écrire. À son arrivée en Centrale, seul au monde, il paraît plus jeune, plus fragile que les autres détenus. Il a 19 ans.
D'emblée, il tombe sous la coupe d'un groupe de prisonniers corses qui fait régner sa loi dans la prison. Le jeune homme apprend vite. Au fil des " missions ", il s'endurcit et gagne la confiance des Corses.
Mais, très vite, Malik utilise toute son intelligence pour développer discrètement son propre réseau...

Après sa consécration il y a 4 ans aux Césars grâce à De battre mon cœur s’est arrêté, le nouveau Jacques Audiard débarquait sur la Croisette avec des échos flatteurs.

Un prophète a été pour beaucoup de festivaliers le coup de coeur de ce 62ème festival de Cannes qui méritait la Palme d'or et a obtenu un Grand Prix. Un film de genre dense, protéiforme, à la fois film carcéral, film de gangster, récit d’apprentissage, qui asseoit définitivement Audiard comme un des grands auteurs français.

Audiard qui s’amusait à triturer les codes du film noir dans ses précédents films réussit ici un film de genre éblouissant, le meilleur film de prison français, qui n’a rien envier visuellement et dramatiquement au cinéma ou à la série TV américain qui de L’évadé d’Alcatraz à la série Oz a fourni de solide fiction en milieu carcéral.

Audiard impressionne par la maîtrise de son récit qui maintient une tension constante, anxiogène dans cet univers clos, dur où un petit délinquant analphabète va apprendre les ficelles du métier de bandit. Sans concessions la violence consusbstancielle au décor (Audiard a reconstitué la prison de la Centrale en plateau) est filmée de manière brutale et froide.

Audiard oppose le milieu vieillissant de la mafia corse représentée par l’impeccable Niels Arestup à une nouvelle génération de prisonniers musulmans dont Malik fait partie mais n’est pas le représentant, lui qui ne travaille que pour sa pomme.

A travers cette ascension faite dans la douleur intra muros apparaît un sombre tableau de l’institution pénitentiaire qui produit encore plus de la violence au lieu de la contenir, des criminels en puissance aidée par la corruption des matons où les trafics en tous genres sont légions, la prison métaphore de la société où la violence est quotidienne selon Audiard.

Pour contrebalancer cette noirceur Audiard sème des échappées oniriques fortes (apparition fréquente d’un mort pour traduire le taraudement de la conscience), prophétiques (l’intervention miraculeuse des cerfs), des moments de tendresse (avec la famille de son meilleur ami) pour ajouter de l’humanité dans cet espace aliénant où les permissions sont vécue comme des échappatoires, bouffées d’oxygène salvatrices, comme des moyens d’étendre son business et se faire une place au soleil.

Dans le rôle de Malik, Tahar Rahim, aperçu dans la série La commune impressionne dans le rôle principal face au mentor\père joué par Niels Arestup dont les scènes communes sont très fortes, intenses.


Mise en scène inspirée, précise, Un prophète est un film tranchant comme la lame d’un rasoir, percutant, un très grand film criminel comme en produit trop peu notre cinéma donc à voir absolument.


(sortie le 26 août)

21 août 2009

Le trailer de Avatar

Vous pouvez visionner ICI la première bande-annonce du nouveau de James Cameron, Avatar dont quelques cinémas en France équipées en technologie 3D projetteront le 21 août 15 mn en exclu sélectionnées par Cameron et la Fox.


Dans un futur lointain, un ex-marine paraplégique part à la découverte de Pandora, une planète à la végétation exotique dont il doit exploiter les ressources naturelles avec l'aide d'une exploratrice chevronnée. Mais la chose ne s'avère pas si évidente car les Na'vi, une race extra-terrestre, vit sur ce monde et est prête à prendre les armes pour défendre sa bio-diversité. Pour remplir leur mission les humains ont alors recours à des avatars, des entités créées de leurs propres mains et dans lesquelles ils peuvent se projeter afin d'en prendre le contrôle total...

Avatar sortira le 16 décembre prochain dans les salles françaises

18 août 2009

Inglorious basterds / Quentin Tarantino

Dans la France occupée de 1940, Shosanna Dreyfus assiste à l'exécution de sa famille tombée entre les mains du colonel nazi Hans Landa. Shosanna s'échappe de justesse et s'enfuit à Paris où elle se construit une nouvelle identité en devenant exploitante d'une salle de cinéma. Quelque part ailleurs en Europe, le lieutenant Aldo Raine forme un groupe de soldats juifs américains pour mener des actions punitives particulièrement sanglantes contre les nazis. "Les bâtards", nom sous lequel leurs ennemis vont apprendre à les connaître, se joignent à l'actrice allemande et agent secret Bridget von Hammersmark pour tenter d'éliminer les hauts dignitaires du Troisième Reich. Leurs destins vont se jouer à l'entrée du cinéma où Shosanna est décidée à mettre à exécution une vengeance très personnelle...


62ème Festival de Cannes-Compétition officielle (chronique cannoise)


Promis depuis longtemps le film de guerre de Quentin Tarantino, Inglorious Basterds a débarqué sur la Croisette mercredi dernier et dire que l’attente était énorme pour la nouvelle réalisation de l’auteur de la Palme d’or de 1994 Pulp Fiction est un doux euphémisme.

Empruntant son titre à un film de guerre italien à petit budget du maître du cinéma bis Enzo G.Castellari, Inglorious Bastards sans en être un remake comme on a pu le lire ici ou là, le nouveau Tarantino est une œuvre dense et jubilatoire divisée en 5 chapitres se déroulant entre 1941 et 1944 en France. Parallèlement au groupe de soldats juifs américains emmené par le lieutenant Aldo Raine (Brad Pitt), alias l’Apache, dans une mission commando pour semer la terreur parmi les lignes hitlériennes nous suivons une jeune juive française (Mélanie Laurent, très convaincante) réfugiée dans un cinéma parisien après l’assassinat de ses parents par le colonel SS Hans Landa.

La brillante séquence d’ouverture sur le mode « Once upon a time » est un long et très dialogué face à face courtois puis tendu entre un paysan français et le dérangé colonel SS Hans Landa, l’acteur Christophe Waltz va voler la vedette au soldat Pitt affublé d’un accent sudiste très exagérée et autres stars invitées (Mike Myers, Diane Kruger…). Cette introduction sous influence Sergio Leone est remarquable par l’incroyable tension qu’elle installe au fil d’une situation très dialoguée où on passe du rire à l’effroi d’un seconde à l’autre.

Sur cette lancée Tarantino va s’en donner à cœur joie comme jamais dans les situations surréalistes très verbales avec répliques claquantes, personnages insolites, clin d’oeil savoureux pour bâtir sa mythologie.

Grand film de cinéphile qui porte Leone, Aldrich bien encore Welles en étendard, Inglorious Basterds est un aussi un grand film sur le cinéma comme vecteur d’émotions fortes (le faux film de propagande à la gloire du soldat nazi joué par Daniel Brühl a été réalisée par Eli Roth qui interprète le sergent Donnie Donovitz), un temple de la cinéphilie et de l’art qui devient ici l’instrument de la vengeance du personnage de Mélanie Laurent. Selon Tarantino « c’est la puissance du cinéma qui combat les nazis, non seulement comme métaphore, mais aussi littéralement, comme réalité ».

Contrairement à ce que la bande annonce du film pouvait le laisser entrevoir le réalisateur de Kill Bill développe peu les faits d’arme sanglants des Basterds (peut-être dans un second volet dont Tarantino a déclaré avoir rédigé la moitié), les 2/3 du récit étant consacrés à la planification de la première parisienne d’un film de Goebbels organisée par Shosanna à la demande du charmeur Fredrick Zoller où les différents protagonistes (les basterds du titre, un lieutenant cinéphile anglais, une actrice allemande infiltrée pour les britanniques, le terrible colonel SS Hans Landa et les hauts dignitaires du IIIème Reich) vont se croiser pour un final explosif.

Car Tarantino qui ne fait décidément rien comme les autres réécrit dans le dernier quart d’heure l’Histoire dans un gigantesque feu de joie et une communicative jubilation d’avoir peut-être réalisé, comme le suggère Aldo l’Apache lors de son dernier scalp, son chef d’œuvre !


(
N.B : la version en salles dès le 19 août est une version remontée et reserrée, de la même durée que la version cannoise et ne comporte toujours pas de scènes avec Maggie Cheung)

13 août 2009

Butler et Foxx dans un jeu mortel

Gerard Butler et Jamie Foxx s'affontent devant la caméra de F.Gary Gray (Négociateur, Braquage à l'anglaise) dans The law abiding citizen dont vous pouvez visionner le trailer ICI.

Un génie criminel contrôle une ville depuis sa cellule. Un procureur tente de le stopper.

Le thriller psychologique The law abiding citizen sortira le 16 octobre aux USA (pas de sortie française annoncée pour l'instant).

Une histoire d'E.T produite par Peter Jackson

Le 16 septembre prochain sortira une production de SF très attendue produite par Peter Jackson, District 9.
Réalisé par Neill Blomkamp, auteur de nombreuses pubs remarquées, District 9 est annoncée comme une relecture de l'apartheid à travers l'arrivée d'extraterrestres sur Terre parqués comme des réfugiés dans ce district d'Afrique du Sud.
Le film est une extension du court-métrage Alive in Joburg. Cet impressionnant court signé Blomkamp est à voir en intégralité ICI.
Neill Blomkamp et Peter Jackson devaient travailler ensemble en Nouvelle Zélande sur le projet d'adaptation du jeu vidéo Halo qui a capoté. A noter que Blomkamp a signé ensuite pour Microsoft les pubs du jeu Halo 3.

Le pitch de District 9

Il y a trente ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre... Les humains avaient tout imaginé, sauf ce qui se produisit. Les extraterrestres n'étaient venus ni nous attaquer, ni nous offrir un savoir supérieur. Ces visiteurs d'au-delà des étoiles étaient des réfugiés, les derniers survivants de leur monde. Ils furent temporairement installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire. Depuis, la gestion de la situation a été transférée à la MNU (Multi-National United), une société privée qui n'a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d'énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement. Jusqu'à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l'ADN extraterrestre. La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsqu'un agent de terrain du MNU, Wikus van der Merwe, contracte un mystérieux virus qui se met à modifier son ADN...

La bande-annonce de District 9 est à visionner ICI

11 août 2009

Le temps qu'il reste / Elia Suleiman

De la création de l'Etat d'Israël en 1948 à nos jours, au travers de l'histoire de Fuad, un homme membre de la résistance palestinienne, se dessine la quête d'identité de son fils. La réalité de ce bouleversement politique amène Elia Suleiman, acteur dans son propre film, à se poser une question : est-ce lui qui porte la Palestine là où il va, ou bien la Palestine qui s'étend au reste du monde ?

62ème Festival de Cannes-Compétition officielle

Le réalisateur du superbe Intervention divine, présenté en compétition en 2002, n’a pas voulu faire avec The Time That Remains une leçon d’histoire sur le conflit israléo-palestinien mais raconter l’histoire d’une famille à Nazareth sur 50 ans, l’histoire de sa famille inspirée par ses souvenirs comme du journal tenu par son père, une histoire universelle tout simplement.

Il a voulu réaliser « un film personnel et intime qui relate des faits historiques mais qui suscite des émotions intenses ».

De la présence de l’armée israélienne, le Haganah, combattue par une poignée de résistants dont son père en 1948, au retour au foyer de nos jours pour rendre visite à une mère mutique et absente, Elia Suleiman signe une magnifique chronique familiale composée majoritairement de plans fixes où la précision du cadrage va de pair avec une variété de tons qui mêle burlesque, absurde et poésie jusqu’à la profonde mélancolie qui se dégage de la dernière partie. Elia Suleiman, le Buster Keaton oriental, y utilise admirablement le silence comme moment de partage et d’échange avec le spectateur invité par ce grand cinéaste palestinien à se replonger dans son enfance.

(sortie le 12 août)

3 août 2009

Midnight meat train / Ryuhei Kitamura

Leon Kaufman a révélé son talent de photographe à travers des clichés hautement provocants. Décidé à créer l'événement pour sa prochaine exposition, il est prêt à aller encore plus loin dans l'exploration des aspects les plus sombres de l'humanité. Lancé dans une quête obsessionnelle des pires aspects de l'homme, Leon s'intéresse à un tueur en série, Mahogany, qui traque les banlieusards prenant les derniers métros pour rentrer chez eux, avant de les tuer avec une sauvagerie inimaginable. La fascination de Leon pour Mahogany va le conduire de plus en plus loin dans les méandres du métro, au coeur même du mal. Sans le vouloir, il va entraîner Maya, sa petite amie, avec lui. Chaque ticket est peut-être un aller simple vers la mort...

Prix du jury Sci Fi et prix du public au festival de Gérardmer 2009


Réalisateur d'obscurs films d'arts martiaux comme Versus l'ultime guerrier ou Azumi et d'un Godzilla final wars au doux parfum de nanar atomique, le japonais Ryuhei Kitamura s'est vu confié pour son premier film américain une adaptation d'une nouvelle de Clive Barker tirée de la série des Livres de sang dont le premier tome fut publié en 1984.


Le héros de cette version cinématographique est un photographe à la vie sentimentale et professionnelle radieuse qui, petit à petit, fasciné et vampirisé par un colosse mystérieux croisé dans le métro (un Vinnie Jones mutique très sinistre en boucher méticuleux) va plonger dans les bas-fonds sordides de la ville de New-York quite à en perdre son âme. Ce thème du vampirisme qui court tout le long de ce récit d'horreur trouve une illustration cauchemardesque dans le dernier acte placé sous le signe du fantastique à la Barker et Lovecraft.
Le film joue habilement avec nos peurs nocturnes en milieu urbain comme notre fascination pour le spectacle de la violence : le héros incarné solidement par Bradley Cooper peut être vu comme le double du spectateur. Particulièrement sanglant, l'univers glauque et malsain du film a recours à l'image de synthèse pour amplifier les jets d'hémoglobine et les démembrements divers dûs au boucher stakhanoviste. Cette outrance dans le gore a pour effet d'éloigner le récit d'un réalisme crapoteux pour nous plonger dans une réalité parallèle aux dimensions horrifiques et fantastiques (rames de métro déserte, apparitions diaboliques du boucher) angoissantes.

Midnight meat train est une intrigante et redoutable plongée dans l'horreur, dans un monde souterrain (le métro New-yorkais) interlope et terrifiant comme métaphore de l'âme humaine fascinée par le mal (représentée ici par le photographe qui glisse dangeureusement vers la damnation) qui réserve son lot de frayeurs et de sensations fortes à un public averti.