11 août 2009

Le temps qu'il reste / Elia Suleiman

De la création de l'Etat d'Israël en 1948 à nos jours, au travers de l'histoire de Fuad, un homme membre de la résistance palestinienne, se dessine la quête d'identité de son fils. La réalité de ce bouleversement politique amène Elia Suleiman, acteur dans son propre film, à se poser une question : est-ce lui qui porte la Palestine là où il va, ou bien la Palestine qui s'étend au reste du monde ?

62ème Festival de Cannes-Compétition officielle

Le réalisateur du superbe Intervention divine, présenté en compétition en 2002, n’a pas voulu faire avec The Time That Remains une leçon d’histoire sur le conflit israléo-palestinien mais raconter l’histoire d’une famille à Nazareth sur 50 ans, l’histoire de sa famille inspirée par ses souvenirs comme du journal tenu par son père, une histoire universelle tout simplement.

Il a voulu réaliser « un film personnel et intime qui relate des faits historiques mais qui suscite des émotions intenses ».

De la présence de l’armée israélienne, le Haganah, combattue par une poignée de résistants dont son père en 1948, au retour au foyer de nos jours pour rendre visite à une mère mutique et absente, Elia Suleiman signe une magnifique chronique familiale composée majoritairement de plans fixes où la précision du cadrage va de pair avec une variété de tons qui mêle burlesque, absurde et poésie jusqu’à la profonde mélancolie qui se dégage de la dernière partie. Elia Suleiman, le Buster Keaton oriental, y utilise admirablement le silence comme moment de partage et d’échange avec le spectateur invité par ce grand cinéaste palestinien à se replonger dans son enfance.

(sortie le 12 août)

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