3 août 2009

Midnight meat train / Ryuhei Kitamura

Leon Kaufman a révélé son talent de photographe à travers des clichés hautement provocants. Décidé à créer l'événement pour sa prochaine exposition, il est prêt à aller encore plus loin dans l'exploration des aspects les plus sombres de l'humanité. Lancé dans une quête obsessionnelle des pires aspects de l'homme, Leon s'intéresse à un tueur en série, Mahogany, qui traque les banlieusards prenant les derniers métros pour rentrer chez eux, avant de les tuer avec une sauvagerie inimaginable. La fascination de Leon pour Mahogany va le conduire de plus en plus loin dans les méandres du métro, au coeur même du mal. Sans le vouloir, il va entraîner Maya, sa petite amie, avec lui. Chaque ticket est peut-être un aller simple vers la mort...

Prix du jury Sci Fi et prix du public au festival de Gérardmer 2009


Réalisateur d'obscurs films d'arts martiaux comme Versus l'ultime guerrier ou Azumi et d'un Godzilla final wars au doux parfum de nanar atomique, le japonais Ryuhei Kitamura s'est vu confié pour son premier film américain une adaptation d'une nouvelle de Clive Barker tirée de la série des Livres de sang dont le premier tome fut publié en 1984.


Le héros de cette version cinématographique est un photographe à la vie sentimentale et professionnelle radieuse qui, petit à petit, fasciné et vampirisé par un colosse mystérieux croisé dans le métro (un Vinnie Jones mutique très sinistre en boucher méticuleux) va plonger dans les bas-fonds sordides de la ville de New-York quite à en perdre son âme. Ce thème du vampirisme qui court tout le long de ce récit d'horreur trouve une illustration cauchemardesque dans le dernier acte placé sous le signe du fantastique à la Barker et Lovecraft.
Le film joue habilement avec nos peurs nocturnes en milieu urbain comme notre fascination pour le spectacle de la violence : le héros incarné solidement par Bradley Cooper peut être vu comme le double du spectateur. Particulièrement sanglant, l'univers glauque et malsain du film a recours à l'image de synthèse pour amplifier les jets d'hémoglobine et les démembrements divers dûs au boucher stakhanoviste. Cette outrance dans le gore a pour effet d'éloigner le récit d'un réalisme crapoteux pour nous plonger dans une réalité parallèle aux dimensions horrifiques et fantastiques (rames de métro déserte, apparitions diaboliques du boucher) angoissantes.

Midnight meat train est une intrigante et redoutable plongée dans l'horreur, dans un monde souterrain (le métro New-yorkais) interlope et terrifiant comme métaphore de l'âme humaine fascinée par le mal (représentée ici par le photographe qui glisse dangeureusement vers la damnation) qui réserve son lot de frayeurs et de sensations fortes à un public averti.

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