19 sept. 2009

District 9 / Neill Blomkamp

Il y a vingt-huit ans, des extraterrestres entrèrent en contact avec la Terre...Ces visiteurs d'au-delà des étoiles étaient des réfugiés et furent installés dans le District 9, en Afrique du Sud, pendant que les nations du monde se querellaient pour savoir quoi en faire...Depuis, la gestion de la situation a été transférée au MNU (Multi-National United), une société privée qui n'a pas grand-chose à faire du sort de ces créatures, mais qui fera d'énormes bénéfices si elle arrive à faire fonctionner leur extraordinaire armement. Jusqu'à présent, toutes les tentatives ont échoué : pour que les armes marchent, il faut de l'ADN extraterrestre. La tension entre extraterrestres et humains atteint son maximum lorsque le MNU commence à évacuer les non-humains du District 9 vers un nouveau camp, en envoyant des agents de terrain s'occuper de leur transfert. L'un de ces agents, Wikus van der Merwe, contracte un virus extraterrestre qui se met à modifier son ADN. Wikus est à présent l'homme le plus recherché de la planète, celui qui vaut plus qu'une fortune : il est la clé qui permettra de percer le secret de la technologie alien.Repoussé, isolé, sans aide ni amis, il ne lui reste qu'un seul endroit où se cacher : le District 9...


Produit pour 30 M de $ (remboursés dès le 1er weed-end d'exploitation aux USA) par Peter Jackson notamment, District 9 est une proposition de cinéma très enthousiasmante que l'on doit au jeune Neill Blomkamp, auteur de nombreuses pubs très remarquées comme d'un excellent court-métrage Alive in Joburg (visible sur le net) dont ce premier long-métrage est une extension : une histoire d'extraterrestres réfugiés dans un décor réaliste, en l'occurrence l'Afrique du Sud, dans un espace-temps parallèle au nôtre.
District 9 s'ouvre, sur le mode documentaire (caméra portée, multiplication des médias) utilisé dernièrement par des films comme Cloverfield ou REC , comme une parabole sur l'apartheid et par extension une réflexion sur le sort des réfugiés placés dans des centres de rétention avec cette histoire d'ET parqués dans un district d'Afrique du Sud.
Préférant suggérer des pistes de réflexion que d'asséner un discours moralisateur, Blomkamp place rapidement le spectateur au coeur de l'action aux côtés de son personnage principal (étonnant Sharlto Colpey) plongé dans le chaos du District 9 où ET et trafiquants se livrent à toutes de sortes de commerce illlicite (du traffic d'armes à celui de boîtes de pâtée pour chats!).
La contamination de notre anti-héros par un virus extraterrestre va décupler la force dramatique du récit : devenant progressivement un alien, un étranger, traqué par ses collègues et congénères, il se réfugie dans ce district dangereux et insalubre où il espère trouver un antidote à son mal.
Le récit prend alors la forme d'une chasse à l'homme haletante et s'inscrit dans le pur film de genre avec ces combats ravageurs entre hommes et ET qui font intervenir une technologie avancée, la mutation progressive d'un humain en alien. Le thème de l'enfermement est alors judicieusement décliné : dans le district, dans son propre corps, dans l'armature d'un robot, un sentiment anxiogène parcourt tout le film.
Machines, armements, créatures extraterrestres, les effets visuels comme les effets spéciaux physiques que l'on doit à la société Weta Workshop (Le seigneur des anneaux) sont d'une grande qualité, au service d'un récit mené tambour battant par ce jeune cinéaste néo-zélandais qui a su digérer de multiples inflences qui vont du jeu vidéo aux parangons du genre SF et fantastique que sont Aliens et La mouche pour réaliser un premier film impressionant de maîtrise qui assurément fera date.

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