30 oct. 2009

Les photos du 31ème CINEMED : 1ers flashs

Le 31ème CINEMED en photos, part1 (photos F.B)
Dans l'ordre Alejandro Amenabar puis avec Jean-François Bourgeot, Xavier Giannoli et Emmanuelle Devos, Jean-Paul Rappenau et Sorak Dejan (In the land of wonders)






L'étranger / Luchino Visconti

Alger, 1935. Un modeste employé, Meursault, enterre sa mère sans manifester le moindre sentiment. Le lendemain, il se lie avec une jeune collègue, Marie, puis reprend sa vie de toujours, monotone, qu'un voisin, Raymond vient perturber. Meursault, comme plongé dans un sentiment d'indifférence, repousse Marie qui lui demande de l'épouser, de même qu'il refuse une promotion dans son travail. Un dimanche, sur une plage, il tue un Arabe, qui semblait harceler Raymond depuis plusieurs jours...

31ème CINEMED-Avant-première

Adaptation méconnue du roman de Camus par Visconti proposée en avant-première dans une copie restaurée par la Cineteca Nazionale de Rome avant sa ressortie en salles le 11 novembre prochain.

De son vivant Camus a toujours refusé l’adaptation cinématographique de son roman. Sa veuve fera appel au producteur Dino de Laurentis puis choisira elle-même Visconti pour la mise en scène. Après que les noms de Jean-Paul Belmondo et Alain Delon furent avancés pour interpréter Meursault Marcello Mastroianni s’empara du rôle et finança en partie cette production.

Mastroianni rend justement cette absence au monde qui caractérise Meursault comme Visconti rend sensible la chaleur accablante d’Alger qui brouille les repères et anesthésie les consciences.

Un sentiment d’oppression et de pesanteur inconfortables parcourt tout ce film très fidèle à Camus réalisé par le génial réalisateur de Rocco et ses frères et du Guépard en 1967.

Les enfants d’Abraham / Paco Plaza

A la suite du suicide de Théodore Logan, Daniella, sa fille, décide de reconstituer les derniers jours de la vie de son père. Elle est à la recherche d'une réponse, d'un indice, de quelque chose susceptible de lui expliquer pourquoi tout s'écroule autour d'elle.
Elle va découvrir que son père n'était pas tout à fait celui qu'elle imaginait et que la haute société au sein de laquelle elle a grandi a fait sienne un précepte religieux ancien et sauvage... Des monstres aux visages d'anges.

31ème CINEMED-Hors Compétition

Ce premier long métrage de 2003 d’un des co-réalisateurs de [REC] est une libre adaptation du roman Pact of the Fathers de Ramsey Campbell et s’inscrit dans la veine d'un cinéma fantastique espagnol en pleine effervescence après les succès de Tesis et Ouvre les yeux d’Amenabar ou bien encore L’échine du diable de Guillermo Del Toro.

Après une mise en place laborieuse, le récit mixe références à des rites bibliques et enquête personnelle pour un résultat vaguement intrigant. En effet Plaza ne parvient pas à déployer de manière convaincante ni le drame familial ni le polar religieux la faute à des personnages inconsistants au cœur d’une intrigue fumeuse et une mise en scène amorphe qui se contente de placer quelques plans horrifiques pour espérer susciter l’effroi et faire monter la tension.

Avec une économie de moyens et un concept malin, [REC] fera autrement mieux monter l’angoisse et s'affirmera dans le monde entier comme un grand moment d'horreur brute et viscérale.

28 oct. 2009

In the land of wonders / Sorak Dejan

Aujourd'hui encore, des années après la guerre, certaines régions abritent des familles détruites, la pauvreté, le crime et l'uranium appauvri. Dans un terrain d'entraînement de l'OTAN au milieu de nulle part à l'ouest de l'Herzégovine, Alica, une fillette de neuf ans, et son oncle Valentin, ramassent des obus et des morceaux de grenades pour les vendre sur le marché noir. Valentin meurt d'un cancer et le diagnostic pour Alica n'est pas bon mais il n'y a pas d'argent pour la soigner. Le voyage d'Alica au Pays des Merveilles commence.

31ème CINEMED-Compétition long-métrage

Le réalisateur croate Sorak Dejan propose un conte moderne sur l’enfance meurtrie avec cette histoire bouleversante d’une petite fille porteuse d’un cancer par contamination à l’uranium appauvri. Sa mère partie en Allemagne gagner de l’argent pour sa thérapie, la fillette va fuir une famille d’accueil peu sécurisante pour tracer son propre chemin aux côtés d’un marginal mystérieux nommé Roma trimballant avec lui un saxophone.

L’Alice de Lewis Carroll est devenue Alica, petit dragon ; le pays des merveilles une terre meurtrie par la guerre où les pauvres souffrent dans l’indifférence.

La structure du film reprend celle du conte avec problématique à résoudre (trouver l’argent pour la thérapie et survivre jusque là), opposants (déséquilibre dans la famille de son oncle comme le couple qui en a la charge par la suite), adjuvants (Roma) et même l’idée de passage avec cette palissade qu’Alicia franchit pour accéder à un monde plus apaisé où la solidarité et l’amitié permettent d’avancer (la vie avec Roma).

Loin d’avoir voulu faire un film politique autour des conséquences de la guerre sur la population, le réalisateur livre le portrait sensible, évitant tout sentimentalisme, d’une fillette renfermée, dure qui apprend à s’ouvrir aux autres.

L’interprétation de premier ordre du duo central comme la belle musique minimale qui n’est pas sans rappeler celle composée par Eastwood lui-même pour ses dernières réalisations participent à la réussite de ce long métrage croate.

Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon / Elio Petri

Le chef du bureau des homicides de la police assassine sa maitresse. Il laisse suffisamment d'indices pour que les soupçons retombent sur lui.

31ème CINEMED - Hors compétition

Formé à l’Ecole du néoréalisme, le réalisateur italien Elio Petri (1929-1984) est malgré de nombreux prix (Palme d’or pour La classe ouvrière va au paradis, Oscar du meilleur film étranger et Prix du Public à Cannes pour Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon) un peu tombé dans l’oubli. Le CINEMED entend réparer cette injustice en proposant une rétrospective Elio Petri comprenant bien sûr Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (1970).

Dans Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon comme Todo modo (1976) le réalisateur s’interroge sur la face cachée et criminelle du pouvoir, politique ou économique dans un style expressionniste et sur un ton grinçant qui a fait scandale en Italie.

En effet, à travers ce portrait de policier émérite muté commissaire de police politique, se croyant tout permis, même le meurtre, incarné avec démesure et exubérance par Gian Maria Volonté (Pour une poignée de dollars, Chronique d’une mort annoncée), Elio Petri s’attaque à démonter la structure mentale et psychologique des puissants et des hommes de pouvoir.

Il livre une satire féroce des institutions et de la corruption de la société italienne. Le département de police que le commissaire de police se plait à narguer, une pratique suicidaire comme une extension de ses jeux sadomasochistes avec sa défunte maîtresse, fermera les yeux sur la culpabilité d’un de ses membres pour ne pas faire de vagues tout en continuant à pratiquer écoutes téléphoniques, interrogatoires musclés et autres répressions violentes sur les opposants (la classe ouvrière) au pouvoir. Hubris, outrance, machiavélisme sont la matière première de ce film qui aidé par la partition inoubliable d’Ennio Morricone se rattache au baroque sulfureux.

Insolent, mordant, un film et un cinéaste à découvrir et redécouvrir d’urgence à l’heure où le cinéma politique italien réapparait avec des longs métrages percutants comme Il Divo ou Gomorra.

27 oct. 2009

Cyrano de Bergerac / Jean-Paul Rappeneau

Les aventures du célèbre et turbulent cadet de Gascogne, amoureux de sa cousine Roxane.

31ème CINEMED-Hors compétition

Le défi pour le réalisateur de La Vie de château et le scénariste Jean-Claude Carrière était de dépasser la simple mise en images de la pièce pour donner à cette histoire mythique une dynamique et une tension cinématographique avec des personnages parlant en vers.

C'est un vrai plaisir que de revoir sur grand écran cette adaptation du monument littéraire d’Edmond Rostand pleine de panache, d’élégance, de poésie, de romantisme.

Le verbe est truculent ; le texte vit d’une manière ardente, virevolte grâce à l’extraordinaire énergie et la profondeur de jeu de Gérard Depardieu qui n’a jamais été aussi grand qu’ici devant la caméra bondissante de Jean-Paul Rappeneau qui signe un chef d’œuvre absolu couronné par un succès critique et public (4 733 659 entrées France et 10 Césars).

21 oct. 2009

Prenez l'air avec George Clooney

In the air avec George Clooney à partir du 10 février 2010.
Réalisé par Jason Reitman (Juno), In the air dévoile ses images ICI sur le site officiel de ce film Paramount Pictures.

Le pitch
L'odyssée de Ryan Bingham, un spécialiste du licenciement à qui les entreprises font appel pour ne pas avoir à se salir les mains. Dans sa vie privée, celui-ci fuit tout engagement (mariage, propriété, famille) jusqu'à ce que sa rencontre avec deux femmes ne le ramène sur terre. Ryan Bingham est un collectionneur compulsif de miles aériens cumulés lors de ses incessants voyages d'affaire. Misanthrope, il adore cette vie faite d'aéroports, de chambres d'hôtel et de voitures de location. Lui dont les besoins tiennent à l'intérieur d'une seule valise est même à deux doigts d'atteindre un des objectifs de sa vie : les 10 millions de miles. Alors qu'il tombe amoureux d'une femme rencontrée lors d'un de ses nombreux voyages, il apprend par la voix de son patron que ses méthodes de travail vont devoir évoluer. Inspiré par une nouvelle jeune collaboratrice très ambitieuse, celui-ci décide que les licenciements vont pouvoir se faire de manière encore plus rentable, via... vidéo conférence. Ce qui risque évidemment de limiter ces voyages que Bingham affectionne tant...

19 oct. 2009

Anne Hathaway vous convie à un mariage mouvementé

Le très réussi Rachel se marie de Jonathan Demme, avec une formidable Anne Hathaway dans un registre dramatique éloigné de ses premiers succès, sort en DVD et Blu-Ray le 21 octobre prochain chez SPHE.

Les bonus communs aux 2 éditions :
Commentaire audio de Neda Armian (prod.), Jenny Lumet et Tim Squyres (monteur)
Commentaire audio de Rosemarie DeWitt
Coulisses du tournage
L'orchestre du mariage
Les acteurs et l'équipe : questions-réponses au Jacob Burns Center
Scènes coupées
Bandes-annonces

Ma critique de Rachel se marie est à lire ICI

17 oct. 2009

Lucky Luke / James Huth

Au cours de sa mission à Daisy Town, la ville qui l'a vu grandir, Lucky Luke, "l'homme qui tire plus vite que son ombre", va croiser Billy The Kid, Calamity Jane, Pat Poker, Jesse James et Belle...

Le défi de l’équipe de cette nouvelle version de Lucky Luke après la piteuse version avec Terrence Hill était de garder l’originalité de l’univers de Morris et donner de la vraisemblance aux personnages.

L’histoire se situe à une époque charnière du western : le gouverneur Cooper explique que les villes remplacent les grands espaces et que c'est la fin d'un monde. L’époque des cow-boys (le garçon vacher) va bientôt perdre de sa superbe. Ce bouleversement géographique comme sociologique à venir se traduit chez le personnage de LL par une remise en question après un duel : raccrocher le colt et fonder une famille.

C’est la bonne idée du film : ne pas peindre un pistolero solitaire sans peurs mais proposer un héros hanté, traumatisé par la mort qu’il vient de donner comme celle de ses parents lorsqu’il était un enfant et devant s’entourer pour réussir sa mission. Saluons l’initiative de lui donner un passé, un côté sexué au contact du personnage de Belle Star dont l’apparition au saloon est un grand moment de sensualité : une femme fatale dont notre héros aura du mal à s’en remettre. Le récit voit le personnage fragilisé dans le second acte puis la bravoure et l’esprit de justice du héros vont s’exprimer à nouveau pour secourir le président des USA menacé par un vieil ennemi. En effet conséquences de ce parti pris narratif on perd en fidélité à la BD ce qu’on gagne sur le plan dramatique et risque de déséquilibre de la structure du film qui oscille entre plusieurs tons. Cette alliance drame familial/humour potache et absurde sorti de Brice et OSS117, dosé avec modération néanmoins, risque de dérouter les aficionados de la BD.

Ces derniers retrouveront leur héros bien entouré : Calamity Jane, Billy The Kid, Jesse James, Pat poker autant de personnages légendaires campées par une brochette d’acteurs plus ou moins bien choisi dans ces rôles délectables; mention spéciale à Sylvie Testud en Calamity Jane et bien sûr Jean Dujardin finalement plus en retrait que prévu. Ces personnages de BD mémorables deviennent des figures burlesques et comiques (Billy est un gamin insupportable, JJ un acteur raté, CJ une dure à cuire amoureuse de LL …) chargé de relancer l’action et d’apporter un carburant comique à une histoire plutôt mince.

Au niveau visuel le film est une grande réussite avec des décors somptueux digne d’une production hollywoodienne (lac salé, la ville de Daisy Town, le décor du bandit manchot) tournée en fait en Argentine, des costumes inspirés de Jeremiah Johnson et une réalisation stylisée entre cartoon et hommage au western spaghetti (le cache poussière de JJ, les gros plans sur les regards des duellistes).

Au final un cocktail plaisant à défaut d’être totalement convaincant entre aventure initiatique, humour déjanté et références ciné/bd jubilatoires pour ce divertissement familial qui titille la part d’enfance du spectateur émerveillé devant les aventures paginées du poor lonesome cowboy dont on n’imagine désormais plus personne autre que l’excellent Jean Dujardin pour l’incarner.

(sortie le 21 octobre)

L'équipe de Lucky Luke lors de sa présentation en avant-première au Gaumont multiplexe de Montpellier : Jean Dujardin, Alexandra Lamy et James Huth (photos FB)

13 oct. 2009

Le dernier John Woo débarque en vidéo

L'impressionnante fresque guerrière de John Woo, les 3 Royaumes, débarque en dvd et blu-ray chez Metropolitan. Le réalisateur de The Killer revient sur ses terres pour le meilleur après des années d'exil volontaire à Hollywood où hormis l'excellent Volte-face les déceptions se sont multipliées (MI2, Windtalkers, Paycheck).
L'édition blu-ray, un peu plus plus riche que le dvd, propose une copie de grande qualité visuelle et sonore et pour unique supplément excepté les traditionnelles bandes-annonces en HD une série de brèves interviews promotionnelles de John Woo et des comédiens. La pauvreté des bonus laisse présager une nouvelle édition avec la version longue de ce film, le plus gros budget de l'histoire du cinéma asiatique qui fut projeté en Chine en deux parties (le premier volet y a battu le record des recettes avec plus de 300 millions de yuans (32 millions d'euros) d'entrées en 2008).

9 oct. 2009

Les fils de l'homme enfin en blu-ray

Le chef d'oeuvre d'anticipation d'Alfonso Cuaron, Les fils de l'homme, d'après P.D.James, est désormais disponible en blu-ray chez Universal dans une édition irréprochable avec transfert de toute beauté et suppléments pertinents :
Option U-Control (featurettes image par image, interviews des comédiens, pubs)
Scènes coupées (2mn22)
La possibilité d'espérer (27mn16) : interventions de nombreux historiens, philosophes, militants anti-globalisation pour ce reportage conçu, écrit et produit par le réalisateur
Les enfants des hommes : commentaire de Slavoj Zizek, philosophe et critique d'art slovène (5mn44)
Theo et Julian (4mn40) : interviews d'Alfonso Cuaron, Clive Owen et Julianne Moore
Style futuriste (8mn38) : tout sur les décors, les costumes
Assaillis (7mn36) : petit making-of axé sur les virtuoses plans-séquence du film
Effets visuels : la création du bébé (3mn06)

Mon avis sur ce film est à lire ICI

7 oct. 2009

Le programme du 31ème CINEMED

La 31ème édition du CINEMED se tiendra à Montpellier du 23 octobre au 1er novembre 2009. Le directeur Jean-François Bourgeot et son équipe ont concocté à nouveau un programme copieux.
Outre la compétition avec 12 longs métrages, 24 courts métrages, 10 documentaires de nombreuses séances spéciales et avant-premières sont programmées au Corum, au centre Rabelais et dans d'autres salles de cinéma de Montpellier : rétrospective Elio Petri, séance Theo Angelopoulos (The dust of time en présence de Theo Angelopoulos et d’Irène Jacob), ciné-concert L'homme à la caméra de Dziga Vertov (1929) avec accompagnement au piano de Raphaël Howson, avant-première de Trésor le dernier film de Claude Berri et François Dupeyron, séance spéciale dans le cadre de la section Grands films tournés en Languedoc-Roussillon de Cyrano de Bergerac de Jean-Paul Rappeneau (2009) en présence de Jean-Paul Rappeneau, hommage à Emmanuel Mouret, une nuit en enfer avec Alex de la Iglesia...
En ouverture seront projetés Agora, le dernier film d'Alejandro Amenabar et en clôture Tetro de Francis Ford Coppola tous deux présentés au dernier festival de Cannes.

Le programme complet de ce 31ème CINEMED est à découvrir ICI ainsi que toutes les informations pratiques pour assister à ce festival incontournable.

6 oct. 2009

Michael Mann va réaliser un film sur Robert Capa

Michael Mann va s'éloigner des flics et des gangsters qui constituent son fonds de commerce pour réaliser un biopic sur le photographe Robert Capa pour Columbia Pictures.
Le scénario a été confié à Jez Butterworth (The last legion) et sera adapté d'une nouvelle de Susana Fortes, Waiting for Robert Capa, centrée sur l'histoire d'amour entre le célèbre photographe de guerre et Gerda Taro, une photographe espagnole pendant la guerre civile espagnole. Elle sera
tuée en 1937 pendant la bataille de Brunete et reste la première femme photographe de guerre à aller au front. Capa fut profondément marqué par la mort de Taro et bien qu'il eut une liaison avec Ingrid Bergman ne se marria jamais. Quand Capa fut tué par une mine durant la guerre d'Indochine, la seule photo trouvée dans son portefeuille était celle de Tao.
Passionné par son sujet, Mann réalisera donc prochainement le premier film sur Robert Capa pour un budget modeste.

Thirst / Park Chan-wook

Sang-hyun est un jeune prêtre coréen, aimé et respecté. Contre l'avis de sa hiérarchie, il se porte volontaire pour tester en Afrique un vaccin expérimental contre un nouveau virus mortel. Comme les autres cobayes, il succombe à la maladie mais une transfusion sanguine d'origine inconnue le ramène à la vie. De retour en Corée, il commence à subir d'étranges mutations physiques et psychologiques : le prêtre est devenu vampire. Mais la nouvelle de sa guérison miraculeuse attire des pélerins malades qui espèrent bénéficier de sa grâce. Parmi eux, Sang-hyun retrouve un ami d'enfance qui vit avec sa mère et son épouse, Tae-Ju. Il succombe alors à la violente attirance charnelle qu'il éprouve pour la jeune femme...

L’iconoclaste réalisateur de Old boy revient, après la fantaisie surréaliste Je suis un cyborg (2007), avec une variation surprenante sur le thème du vampire (après une infection un prêtre succombe aux plaisirs charnels) couplée à une relecture personnelle du Thérèse Raquin de Zola.

Après une heure très maîtrisée, riche sur le plan dramatique, sensuel et visuellement stimulante, Park Chan-Wook adopte des choix narratifs curieux en jonglant dangereusement entre le fantastique poétique, le gore comique, la romance morbide. Ce parti pris narratif guidé par l’outrance et l’excentricité est à double tranchant : certains aimeront se perdre avec délectation dans ce tourbillon visuel et émotionnel de la deuxième partie quand d’autres seront déroutés par une accumulation de situations qui flirtent avec le grotesque quand d’autres peinent à trouver une justification dans la conduite du récit.

Ainsi ce mix très casse gueule a pour effet de déséquilibrer la structure du film qui aura du mal à s’en relever nonobstant un final splendide empli d’un romantisme noir tragique et bouleversant qui justifie à lui seul la vision de ce long métrage qui ne manque pas de mordant. L’extraordinaire vitalité qui parcourt tout le film comme le talent de ses deux comédiens principaux ont pour effet de maintenir l’intérêt parfois fluctuant devant quelques dispersions.

En l’état malgré des baisses de rythme à mi parcours et un statut hybride à la frontière de plusieurs genres qui peut dérouter ce Thirst est suffisamment original et audacieux pour justifier la visite de cet univers singulier récompensé par un Prix du jury au dernier festival de Cannes.

5 oct. 2009

Le casting du remake de Pour elle s'étoffe

Selon le Hollywood reporter Liam Neeson qui est actuellement en tournage à Vancouver de l'adaptation ciné de L'agence tous risques jouera aux côtés de Russell Crowe et Elizabeth Banks dans le nouveau film de Paul Haggis (Collision, Dans la vallée d'Elah), The next three days.
Dans cette adaptation du remarquable
Pour Elle de Fred Cavayé, Crowe jouera un professeur dont la femme (Banks) est arrêté et condamné pour un meurtre qu'elle nie avoir commis. Désespéré, il décide alors d'élaborer un plan pour la faire évader.

Neeson jouera un rôle secondaire, celui d'un spécialiste des évasions qui a écrit un livre sur ses exploits. Il donnera conseils au personnage de Crowe. Dans la version française ce rôle était interprété par le réalisateur et acteur Olivier Marchal.

Le reste du casting comprend entre autres Brian Dennehy, Jonathan Tucker et RZA.

Cette production Lionsgate commence le tournage cette semaine à Pittsburgh.

1 oct. 2009

OSS117 est de retour en vidéo

Dès le 8 octobre vous pourrez retrouver les facéties irrésistibles de OSS117 alias Jean Dujardin à l'occasion de la sortie en dvd et blu-ray de ses deuxièmes aventures intitulées OSS 117, Rio ne répond plus.


A cette occasion est proposée une intégrale OSS117 sur les 2 supports incluant donc le premier volet OSS 117, Le Caire nid d'espions et une floppée de suppléments.


Ma critique de OSS117, Rio ne répond plus est à lire ICI

La traque de The Chaser se poursuit en octobre

L'excellent polar sud-coréen The chaser de Na Hong-jin arrive en dvd et blu-ray le 07 octobre prochain chez M6Interactions.

Les bonus du disque blu-ray sont les suivants :

La genèse du projet (12')
À propos du tournage (23')
Scènes commentées par l'équipe du film (28')
Scènes coupées commentées (8')
"Le traqueur et le traqué" (15')
Commentaires audio du réalisateur et des acteurs

Mon avis sur ce film à ne pas manquer est à lire ICI

The offense de Sidney Lumet enfin visible en France

Voici grâce à Wild Side, la découverte depuis le 16 septembre, dans la collection Les introuvables (master restauré, présentation du film par des critiques éclairés) d’un film policier de Sidney Lumet, The offense, jamais diffusé en France depuis sa sortie en 1973.

Un violeur d’enfants terrorise une banlieue anglaise sordide. Un soir, un homme éméché, Kenneth Baxter, est arrêté et conduit au commissariat. Convaincu qu’il s’agit du coupable, l’inspecteur Johnson mène un interrogatoire musclé qui tourne mal.


A l’origine du film il y a le désir de sa vedette Sean Connery de s’éloigner du rôle de James Bond. United Artists accepte qu’il tourne d’autres films dont cet Offense d’après une pièce de théâtre s’il reprend son rôle mythique de 007 dans Les diamants sont éternels.

Sean Connery a déjà tourné avec Lumet dans La colline des hommes perdus (65) et Le gang Anderson (71).

The offense n'a pas eu le succès escompté à sa sortie et est resté longtemps un des films maudits de Sidney Lumet.

En effet il dresse le portrait inquiétant et déstabilisant d’un flic hanté par les horreurs vécues dans son quotidien. The offense est une plongée d'une grande noirceur dans le cerveau gangréné, la psyché torturée d’un personnage ambigu posé comme tel par Lumet par sa mise en scène très précise qui installe le malaise dès le début du générique (perte des repères avec halo de lumière au centre de l’image, ralenti, absence de son) puis isole de manière inquiétante le personnage de Connery dans les décors extérieurs (lors d’une battue policière il se tient éloigné du reste de ses collègues) avant d’orchestrer avec virtuosité un glissement vers la folie dans les autres actes plus bavards.

Avec ce rôle schizophrénique Sean Connery impressionne dans une partition difficile. En équilibre sur la frontière ténue entre le bien et le mal, son personnage se situe, selon Jean-Baptiste Thoret dans le documentaire accompagnant ce polar magistral (26’), dans la lignée de Dirty Harry et du Travis Bickle de Taxi Driver, des personnages emblématiques des polars des années 70 : borderline, hantés par le mal, ils dépassent les limites de la justice et de la morale (Dirty Harry) quand ils ne bousculent pas dans la folie meurtrière (Taxi Driver).