28 oct. 2009

Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon / Elio Petri

Le chef du bureau des homicides de la police assassine sa maitresse. Il laisse suffisamment d'indices pour que les soupçons retombent sur lui.

31ème CINEMED - Hors compétition

Formé à l’Ecole du néoréalisme, le réalisateur italien Elio Petri (1929-1984) est malgré de nombreux prix (Palme d’or pour La classe ouvrière va au paradis, Oscar du meilleur film étranger et Prix du Public à Cannes pour Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon) un peu tombé dans l’oubli. Le CINEMED entend réparer cette injustice en proposant une rétrospective Elio Petri comprenant bien sûr Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon (1970).

Dans Enquête sur un citoyen au-dessus de tout soupçon comme Todo modo (1976) le réalisateur s’interroge sur la face cachée et criminelle du pouvoir, politique ou économique dans un style expressionniste et sur un ton grinçant qui a fait scandale en Italie.

En effet, à travers ce portrait de policier émérite muté commissaire de police politique, se croyant tout permis, même le meurtre, incarné avec démesure et exubérance par Gian Maria Volonté (Pour une poignée de dollars, Chronique d’une mort annoncée), Elio Petri s’attaque à démonter la structure mentale et psychologique des puissants et des hommes de pouvoir.

Il livre une satire féroce des institutions et de la corruption de la société italienne. Le département de police que le commissaire de police se plait à narguer, une pratique suicidaire comme une extension de ses jeux sadomasochistes avec sa défunte maîtresse, fermera les yeux sur la culpabilité d’un de ses membres pour ne pas faire de vagues tout en continuant à pratiquer écoutes téléphoniques, interrogatoires musclés et autres répressions violentes sur les opposants (la classe ouvrière) au pouvoir. Hubris, outrance, machiavélisme sont la matière première de ce film qui aidé par la partition inoubliable d’Ennio Morricone se rattache au baroque sulfureux.

Insolent, mordant, un film et un cinéaste à découvrir et redécouvrir d’urgence à l’heure où le cinéma politique italien réapparait avec des longs métrages percutants comme Il Divo ou Gomorra.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Lire le blog en entier, pretty good