1 oct. 2009

The offense de Sidney Lumet enfin visible en France

Voici grâce à Wild Side, la découverte depuis le 16 septembre, dans la collection Les introuvables (master restauré, présentation du film par des critiques éclairés) d’un film policier de Sidney Lumet, The offense, jamais diffusé en France depuis sa sortie en 1973.

Un violeur d’enfants terrorise une banlieue anglaise sordide. Un soir, un homme éméché, Kenneth Baxter, est arrêté et conduit au commissariat. Convaincu qu’il s’agit du coupable, l’inspecteur Johnson mène un interrogatoire musclé qui tourne mal.


A l’origine du film il y a le désir de sa vedette Sean Connery de s’éloigner du rôle de James Bond. United Artists accepte qu’il tourne d’autres films dont cet Offense d’après une pièce de théâtre s’il reprend son rôle mythique de 007 dans Les diamants sont éternels.

Sean Connery a déjà tourné avec Lumet dans La colline des hommes perdus (65) et Le gang Anderson (71).

The offense n'a pas eu le succès escompté à sa sortie et est resté longtemps un des films maudits de Sidney Lumet.

En effet il dresse le portrait inquiétant et déstabilisant d’un flic hanté par les horreurs vécues dans son quotidien. The offense est une plongée d'une grande noirceur dans le cerveau gangréné, la psyché torturée d’un personnage ambigu posé comme tel par Lumet par sa mise en scène très précise qui installe le malaise dès le début du générique (perte des repères avec halo de lumière au centre de l’image, ralenti, absence de son) puis isole de manière inquiétante le personnage de Connery dans les décors extérieurs (lors d’une battue policière il se tient éloigné du reste de ses collègues) avant d’orchestrer avec virtuosité un glissement vers la folie dans les autres actes plus bavards.

Avec ce rôle schizophrénique Sean Connery impressionne dans une partition difficile. En équilibre sur la frontière ténue entre le bien et le mal, son personnage se situe, selon Jean-Baptiste Thoret dans le documentaire accompagnant ce polar magistral (26’), dans la lignée de Dirty Harry et du Travis Bickle de Taxi Driver, des personnages emblématiques des polars des années 70 : borderline, hantés par le mal, ils dépassent les limites de la justice et de la morale (Dirty Harry) quand ils ne bousculent pas dans la folie meurtrière (Taxi Driver).

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